« ONU soit qui mal y pense »

Par Alain Rajchman

lundi 26 juillet 2004

Quand Javier Solana, le commissaire européen chargé de la politique étrangère, s’appuie sur le vote unanime des européens contre Israël à l’Assemblée Générale de l’ONU pour vanter l’union politique de l’Europe fusionnée, c’est d’une médiocrité sans égal. Faut-il en rire ou en pleurer ?


Quand on pense aux massacres de Sarajevo lors de la dislocation de l’ex-Yougoslavie et à l’impossibilité de l’Union Européenne à ramener l’ordre dans son arrière cour sans l’intervention des troupes américaines, les déclarations de Monsieur Solana au quotidien Haaretz font pleurer.

Quand Javier Solana vante l’union politique européenne enfin concrétisée selon lui par le vote unanime condamnant Israël, ses déclarations font également pleurer. En effet, il faut être un piètre diplomate pour croire que la somme des sentiments anti-américains et anti-israéliens habilement additionnés font une solide union politique.

Pourtant, la France en tête, et les autres pays européens à sa suite, se contentent de ce pis-aller pour matérialiser leur rêve d’union. Ils s’appuient sur la facile condamnation de l’Etat Juif à l’ONU pour s’enivrer du parfum de la grandeur et de l’influence passées. Monsieur Javier Solana est un nostalgique qui se contente de peu pour affirmer beaucoup. La vieille Europe tente de survivre politiquement en menant une diplomatie de complaisance qui lui retire toute crédibilité. Sur ce point, le Premier Ministre Ariel Sharon a été parfaitement clair et on peut en effet se demander quel rôle pourrait jouer une Europe unie sur de telles bases ?

Monsieur Javier Solana, tout cela manque de courage et d’éclat. Comme citoyens européens, nous voudrions être portés par des projets d’union plus positifs, et dans le domaine qui nous intéresse, par un élan de paix moins partial.

Vous préférez la voie de la facilité en choisissant d’aboyer avec les loups. Je vous comprends, car il est vrai que cette voie facile vous permet d’atteindre plus aisément des objectifs politiques qui autrement ne seraient pas à votre portée :

Une aura politique internationale facile dans des instances de l’ONU, dont les excès à prétendre dire le Droit International ne vous surprennent même plus. L’Assemblée Générale pourrait faire voter que la « terre est plate », cela ne vous choquerait pas ;

La facilité qui consiste à multiplier des gages extérieurs pour satisfaire, sur le plan intérieur, une population estimée à 30 millions d’arabo-musulmans en Europe ;

Enfin, la facilité de réunir des pays européens sur la base d’un dénominateur commun aussi primaire et grossier que le sentiment anti-américain et anti-israélien.

Nous pleurons, Monsieur Javier Solana, devant tant de misère intellectuelle. Nous attendions d’une Europe plus forte, une autre stature politique. Un autre éclat. Vous avez fait le choix de la dissoudre dans les eaux glauques d’une ONU prête à tout pour enlever toute légitimité à Israël. Vous en retirez fierté et satisfaction, sachez que c’est bien dommage !


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