Sylvan Shalom : L’Union Européenne devrait s’engager dans la promotion de la réforme palestinienne dans la Bande de Gaza et à Ramallah et non la manipulation palestinienne à l’ONU

jeudi 22 juillet 2004


Le ton monte entre Israël et l’Union européenne après la résolution non contraignante de l’ONU appelant au démantèlement de la clôture de sécurité anti-terroriste. Au lendemain de la convocation pour consultation des ambassadeurs européens, le chef de la diplomatie de l’Union Européenne a dénoncé jeudi le tracé de la barrière.

« Un pays a le droit de construire une clôture sur son territoire mais nous estimons que le tracé de cette clôture est contraire à la loi internationale », a déclaré le haut représentant de l’Union Européenne pour la politique étrangère et de sécurité commune (PESC), Javier Solana, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue israélien Silvan Shalom, avec lequel il s’est entretenu pendant une heure à Jérusalem.

M. Shalom a de son côté lancé que « le gouvernement et le peuple d’Israël étaient profondément déçus par la décision de l’Europe de voter avec les Palestiniens et contre la clôture ». L’Assemblée général de l’ONU a en effet adopté à une écrasante majorité mardi une résolution demandant à l’Etat hébreu de se conformer à l’avis du 9 juillet de la Cour internationale de justice (CIJ) et de démolir « la barrière de sécurité ».

Israël assure que celle-ci, qui s’étendra à terme sur 680km, le protège des attaques terroristes, alors que les Palestiniens crient à l’annexion de fait d’une partie des territoires sur lesquels ils comptent établir leur Etat indépendant, comme prévu dans la « feuille de route » pour la paix soutenue par le Quartet (Etats-Unis, UE, Russie, ONU).

« L’Union Européenne devrait s’engager dans la promotion de la réforme palestinienne dans la Bande de Gaza et à Ramallah (Cisjordanie) et non la manipulation palestinienne à l’ONU », a ajouté M. Shalom, pour qui le vote européen « encourage les Palestiniens à continuer de fuir leurs responsabilités » dans la lutte contre le terrorisme.

Selon lui, la rencontre avec M. Solana, qui devait porter sur l’amélioration des relations israélo-européennes a largement été consacrée « à une discussion franche » sur le vote à l’ONU. Israël avait décidé de réserver « un accueil difficile et froid » à M. Solana, à en croire un responsable israélien ayant requis l’anonymat. Des rendez-vous entre le représentant européen et des responsables gouvernementaux prévus pour jeudi ont été annulés.

Par ailleurs, le ministère israélien des Affaires étrangères a convoqué les ambassadeurs européens pour des consultations mercredi. Il juge dans un communiqué que le vote de l’UE à l’ONU « soulève des doutes sur la capacité de l’Union européenne à contribuer constructivement au progrès du processus de paix ».


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