Que signifie tant d’hystérie ?

Par Alain Rajchman

mardi 20 juillet 2004

Les événements récents liés à la fausse agression du RER et aux déclarations du Premier Ministre israélien nous montrent le visage d’une France hystérique et inquiète. Derrière l’hystérie apparente, une nouvelle ligne politique s’affirme.


Depuis plusieurs semaines, les Juifs et Israël se retrouvent au cœur de la vie politique et médiatique française. Plus que la nature des événements, c’est surtout celle des réactions des médias, comme de la classe politique, qui demeure préoccupante. En effet, nous assistons à une agitation qui n’est pas un signe de bonne santé sociale. Les tensions que nous vivons exacerbent les passions, divise les communautés et donnent le sentiment étrange que les dérapages ont de plus en plus de mal à être contrôlés.

Les excès des réactions à la fausse agression du RER ont laissé la place à un autre excès, celui des réactions aux propos du Premier Ministre israélien, Ariel Sharon. Comme si la diabolisation extrême d’Ariel Sharon pouvait racheter la démesure des précédents comportements. Derrière ces volte-face, une nouvelle forme du « Ni - Ni » se fait jour en France avec des dirigeants politiques qui sont « ni antisémites » et « ni pro-sionistes ». Ce « ni-ni » permet de concilier habilement une lutte intérieure -vigoureusement exprimée- contre l’antisémitisme avec une ouverture complaisante aux vues antisionistes du monde arabo-musulman.

En un mot, les plus fervents opposants à la résurgence de l’antisémitisme en France peuvent aussi être les plus fervents opposants à la cause sioniste, c’est-à-dire à la simple reconnaissance de la légitimité du peuple juif à vivre sur sa terre.

L’hystérie des derniers jours a ainsi débouché sur une clarification politique. Celle-ci est fondée sur la démonstration que la lutte affirmée contre l’antisémitisme pouvait dédouaner un virulent antisionisme qui s’est polarisé sur la personne d’Ariel Sharon. Ecartelée, la communauté juive est tombée dans ce piège grossier et en sort divisée. Dans la période tendue que nous traversons, un peu plus de réflexion et un peu moins d’hystérie auraient été souhaitable.


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