Après mon entretien avec Mahmoud Abbas

par Richard Prasquier - 29/09/10

mercredi 29 septembre 2010, par Desinfos

Dans son éditorial d’hier sur Radio J, Guy Rozanowicz se demande si « la communauté juive de France a encore des représentants ? ». En effet, il ne conçoit pas que l’on puisse rencontrer un homme qui « refuse de reconnaître le caractère juif de l’Etat d’Israël ». Il n’est pas dans mes habitudes de polémiquer contre un éditorial, mais, cette fois-ci, je vais répondre.


D’abord, Guy Rozanowicz devrait se poser exactement la même question pour bien d’autres communautés juives dans le monde et en particulier la communauté juive américaine avec laquelle Mahmoud Abbas a diné le 21 septembre 2010. Non, il ne s’agissait pas uniquement de J Street ! Ron Lauder, président du congrès juif mondial (et grand ami de B. Netanyahou), Abe Foxman, directeur national de l’ADL, Malcolm Hoenlein directeur exécutif de la conférence des présidents, Mort Zuckerman et quelques autres ne sont pas des gauchistes notoires.

Les leaders reconnus de la communauté juive américaine sont donc aussi disqualifiés par Guy Rozanowicz ! Intéressante information. Est-ce à dire que pour représenter les communautés juives dans le monde il n’accepterait que des jusqu’au-boutistes estampillés ?

La vérité est que le Bureau Exécutif du CRIF tout entier a approuvé le principe d’une rencontre de son président avec M. Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne. Nous pouvons être fiers qu’à la suite d’une campagne dont chacun sait qu’elle a été difficile nous sachions nous rencontrer quand c’est nécessaire sur ces sujets qui dépassent les anciennes querelles personnelles.

Pourquoi cette rencontre ? Pas par narcissisme. Mais justement pour dire un certain nombre de choses à M. Abbas. Pour lui parler de notre lien à Israël, de notre attachement à l’idée d’un peuple juif et à notre horreur de l’enseignement de la haine. Justement pour lui dire que nous ne sommes pas dupes, que nous connaissons les discours quand ils ne s’adressent pas à des audiences occidentales, les émissions télévisées et les prêches, que nous ne sommes pas instrumentalisables et que notre rôle n’est pas de faire pression sur le gouvernement israélien mais d’accueillir chaque fois qu’elles se présentent des avancées vers la paix et d’aider à les explorer. Pour pouvoir le dire, il faut se rencontrer et se parler. Avec humilité, avec lucidité et dans le respect. C’est le message que j’ai pu, dans un long entretien, adresser à M. Abbas. Ce n’est peut-être pas grand chose, mais je suis convaincu que c’est mieux que des insultes. Et je suis fier que le CRIF ait pu faire cela.

J’ai effectivement rendu hommage à la ténacité du Président de l’Autorité palestinienne qui depuis longtemps accepté le dialogue. Mais j’ai publiquement dit aussi à plusieurs reprises, et notamment à lui-même, que la reprise des constructions était un élément secondaire et ne devait pas être, n’avait jamais été, une pré-condition à ce dialogue.

Un dernier mot : non, je n’ai rien demandé à Ofer Bronstein, à qui je n’ai pas parlé depuis plusieurs mois. Non je n’ai pas eu besoin de lui pour obtenir un rendez-vous avec M. Mahmoud Abbas. Et, au fait, non le Président de la République lui-même ne m’a rien demandé à ce sujet…..


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