A Monsieur SARKOZY, Président de la République Française

Anne-Marie ANTONIETTI

dimanche 29 août 2010, par Desinfos

Monsieur le Président,
Aujourd’hui, Guilad Shalit a 24 ans. Retenu en otage depuis plus de quatre ans, c’est le cinquième anniversaire que Guilad passe, enfermé dans une cave des terroristes du Hamas, sans que l’on sache où, ni comment il est traité, ni même s’il est toujours vivant ; sans visites de sa famille, ni même des organisations humanitaires (la Croix Rouge s’est vu opposer un nouveau refus…), alors que les prisonniers « palestiniens » en Israël jouissent sans cesse des visites, ainsi que de cours et de formations, même lorsqu’ils sont terroristes, assassins de nombreux civils israéliens.


Je vous écris en tant que Française, aimant Israël, certes, comme vous aviez déclaré l’aimer, mais, surtout, et simplement, comme personne humaine, soucieuse de justice et des droits de l’homme, comme l’était aussi la France.

Peut-on imaginer l’enfer vécu par ce jeune ? Guilad avait seulement 19 ans, lorsqu’il fut blessé et enlevé par un commando terroriste, et que deux de ses camarades furent tués, et deux autres blessés. Peut-on imaginer l’enfer de ses parents et de sa famille, qui ignorent tout du sort de leur fils ?

La France, qui jouit encore d’une autorité sur le plan international, et qui a d’excellentes relations, en particulier dans le monde arabe, ne fera-t-elle pas tout son possible, pour obtenir la libération de son citoyen ? Si ce n’est par souci de justice, ou pour des raisons humanitaires, que ce soit au moins par souci du prestige de notre pays, de sa place, et de son autorité dans le monde. Peut-on, désormais, traiter ainsi, impunément, un citoyen français, sans que la France ne fasse tout pour obtenir sa libération ? Votre autorité, et le respect vis-à-vis des citoyens français, ne seront-ils pas considérablement accrus, si vous déployez tous vos efforts, et obtenez la libération de Guilad ? Et n’est-ce pas le rôle de la France d’intervenir en faveur de ses ressortissants ?

Ou peut-on se contenter de dire que Guilad est Israélien, et que le gouvernement israélien doit libérer toujours plus de prisonniers, y compris des terroristes assassins de nombreux civils israéliens (terroristes parfois prêts à retourner à leurs activités meurtrières contre la population civile d’Israël, comme cela s’est passé auparavant, après d’autres libérations et d’autres échanges) ?

Mais, pourquoi Guilad devrait-il être échangé contre des assassins (ou, même, d’ailleurs, contre quiconque !) : il n’est ni assassin, ni terroriste, ni malfaiteur, ni même prisonnier de guerre, puisqu’il a été enlevé par des terroristes, sur le sol israélien, alors qu’il faisait tout simplement son service militaire, comme le ferait tout jeune Français. Il est otage, comme l’étaient Ingrid Betancourt, et d’autres otages, pour lesquels la France a déployé ses efforts diplomatiques. N’oublions pas, d’ailleurs, que des conseillers israéliens ont participé à la préparation de l’opération par laquelle Ingrid Betancourt fut libérée.

J’ose penser que notre pays a encore un poids diplomatique, dans le monde, et aussi un réel souci des droits de l’homme -et pas seulement à l’encontre Israël, en oubliant les attentats sanglants dont sa population fut victime, durant des années, ou les missiles tirés durant huit ans sur ses villes (et qui continuent, d’ailleurs, à être tirés, dans l’indifférence internationale ; l’un est tombé récemment à côté d’une école, un autre près d’un immeuble d’habitation…) et en passant sous silence les assassinats, mutilations et persécutions des terroristes du Hamas contre leur propre population, qui n’hésitent pas aussi à tirer sur les villes d’Israël depuis des écoles ou des immeubles d’habitation de Gaza…

En tant que Président de la République, je veux croire que vous utiliserez toute votre autorité diplomatique internationale, en vue de la libération de Guilad.

Je suis persuadée que, comme personne soucieuse de la dignité humaine et des droits de l’homme, vous déploierez tous vos efforts pour mette fin à l’enfer injuste enduré, depuis plus de quatre ans, par ce jeune innocent, et par sa famille.

Et je reste convaincue que vous agirez, tout simplement, comme être humain, et comme père qui n’aurait jamais voulu que son fils de 19, ou 24 ans, subisse un tel sort….

Vous remerciant pour votre attention, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma respectueuse considération.

Anne-Marie ANTONIETTI

www.antonietti-israel.org <http://www.antonietti-israel.org/>


Desinfos

Les textes

Mots-clés

Accueil