L’intransigeance d’Arafat transforme en échec la visite de Michel Barnier à Ramallah

Par Alain Rajchman

mercredi 30 juin 2004

Le peu d’éclat de la visite du ministre français à Ramallah se lit même entre les lignes du journal Le Monde. Il devient en effet ridicule de vouloir encore « exhorté le chef de l’Autorité Palestinienne à prendre le risque de la paix ». Le ministre français des affaires étrangères vient d’en faire l’expérience aux dépens de l’image de la France.


Le journal Le Monde du 30 juin relate la visite de Michel Barnier auprès du chef de l’Autorité Palestinienne à Ramallah. Une lecture attentive permet de mesurer le faible succès de ce voyage pour la France et le bénéficie évident que le raïs palestinien en a retiré sur le plan diplomatique et financier.

Le ministre français s’est d’abord vu imposé de repousser sa visite en Israël pour avoir privilégier d’abord une rencontre avec Yasser Arafat. A l’automne, le climat de sa visite restera marqué par ce faux pas.

Le ministre français s’est abaissé à « exhorter le chef de l’Autorité Palestinienne à prendre le risque de la paix » en oubliant tous les leaders politiques du monde entier qui ont cru naïvement pouvoir arracher à Arafat cet engagement. Comme tous ses prédécesseurs, Michel Barnier a échoué.

Le ministre français a demandé que le retrait israélien de Gaza ne se transforme pas en chaos. Ses demandes de réformes n’ont eu aucun écho, malgré un large soutien financier accordé par la France à l’Autorité Palestinienne. Les paroles s’envoleront, mais l’argent restera.

Enfin, Michel Barnier n’a pas échappé au double langage des réponses du chef de l’Autorité Palestinienne. Le quotidien Le Monde rapporte que M. Arafat s’est efforcé de répondre aux attentes françaises en louant les « efforts égyptiens et en promettant sa coopération, y compris pour le renforcement des services de sécurité ».

Quelques instants plus tard- nous dit Gilles Paris- Yasser Arafat a atténué la portée de ses propos devant des journalistes en indiquant « qu’en dehors de conseils formulés par les uns et les autres, la décision sur ce sujet resterait palestinienne ».

En d’autres termes, voilà une fin de non recevoir (on ne peut plus claire) adressée à Michel Barnier.


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