Un nouveau danger : le rêve de l’alliance des sunnites et des chiites deviendrait-il une réalité ?

Par Alain Rajchman

mardi 29 juin 2004

Au 19ème siècle, le projet panislamique prônant l’alliance des sunnites et des chiites contre l’impérialisme européen avait échoué. Selon Le Monde Diplomatique, « L’hyperpuissance américaine permettrait de passer du rêve à la réalité ».


L’auteur, Juan Cole, est professeur à l’Université du Michigan. Dans Le Monde Diplomatique du mois d’avril dernier, il a dressé un constat sans appel de l’intervention américaine en Irak : « Washington voyait dans sa présence en Irak un exercice de « nation building ». La grande ironie est que ce projet risque de réussir en se cristallisant autour de l’objectif d’expulsion des Etats-Unis. Depuis ce jour du XIXe siècle où le sultan ottoman Abdulhamid II et le réformateur Sayyid Jamal Al-Din Al-Afghani ont lancé le projet panislamique, à savoir l’alliance entre sunnites et chiites contre l’impérialisme européen, celle-ci a toujours échoué. Il semble bien que l’hyperpuissance des Etats-Unis soit en train de la faire passer du rêve à la réalité. »

Le nationalisme arabe se forge dans la confrontation à un même ennemi. Chiites et sunnites tendraient à l’union sacrée contre l’ennemi commun que sont les Etats-Unis et Israël. L’auteur ajoute : « Un sunnite radical comme cheikh Yassine et un chiite radical comme M. Moqtada Al-Sadr sont tous deux, pour nombre d’Irakiens, des symboles de la résistance à l’occupation de terres arabes par des troupes étrangères. »

Cette alliance impossible fait penser à une autre alliance dite impossible et dont on vient pourtant d’avoir la confirmation : celle du régime de Saddam Hussein avec l’organisation de Ben Laden. En effet, le New York Times vient de fournir la confirmation des contacts qui s’étaient noués entre les agents du renseignement irakien et Oussama Ben Laden au cours des années 90.

La haine qui se propage dans le monde contre les Etats-Unis et contre Israël devient le ciment de ces alliances hostiles, que l’on disait impensables, mais qui se réalisent aujourd’hui autour du projet de leur destruction. Quand le Président Bush évoquaient les forces du mal, il exprimait - peut-être maladroitement - le danger pour les démocraties d’un panislamisme radical qui parviendrait à transcender les divisions confessionnelles.


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