Israël est aujourd’hui plus en danger que jamais

par Caroline B. Glick - Jerusalem Post | Adaptation française de Sentinelle 5770 ©

samedi 19 juin 2010, par Desinfos

Israël est aujourd’hui plus en danger que jamais. La flottille Turco-Hamas d’il y a deux semaines a précipité nombre de dangereux développements. Plutôt que de les suivre tous, les dirigeants d’Israël se consacrent presque exclusivement à faire face au moins dangereux d’entre eux, tout en ignorant les menaces émergentes qui ont le potentiel de nous conduire à de grandes calamités.


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Depuis la prise létale du Mavi Marmara par la Marine, Israël a été maintenu devant un peloton d’exécution diplomatique international conduit par l’ONU et l’Europe et soutenu par le gouvernement Obama. Fermement soutenu par les Européens et largement sans opposition de la part de Washington, l’ONU progresse prestement vers la mise en place d’une nouvelle cour anti-Israël dans le style Goldstone où les jeux sont faits. Ce tribunal truqué déterminera qu’Israël n’a pas le droit de se défendre et tentera de l’obliger à mettre fin à son blocus naval légal de Gaza contrôlé par le Hamas.

Craignant ce résultat, le Premier ministre Benyamin Netanyahou a cédé à l’exigence du président Barack Obama pour la mise en place d’une commission d’enquête israélienne sur la prise du Mavi Marmara en permettant à des étrangers de superviser ses procédures.

Netanyahou a aussi donné son accord pour réduire significativement le blocus d’Israël, et permettre à des organismes internationaux de tenir un rôle bien plus avancé dans son application de la loi. Netanyahou a fait ces concessions en sachant parfaitement qu’elles vont renforcer le Hamas, dans l’espoir qu’elles affaibliront l’agression internationale contre Israël.

Hélas, il n’a pas fallu beaucoup de temps pour voir que ses espérances étaient mal placées. Avant même que Netanyahou n’ait annoncé ces concessions, le Secrétaire Général de l’ONU Ban Ki Moon avait déjà annoncé qu’elles n’étaient en rien différentes pour lui ou ses amis à Washington ou à Bruxelles.

Ils vont faire progresser leurs projets pour désigner une nouvelle cour truquée chargée d’affirmer qu’Israël n’a pas le droit de se défendre.
 
Aussi mauvais que cela soit en vérité, c’est sans importance comparé aux autres conséquences de l’incident de la flottille. L’impact de la campagne diplomatique menée maintenant contre Israël sera ressenti dans le moyen et le long terme. Dans l’immédiat, Israël est confronté à deux menaces qui minimisent ce à quoi il fait face de la part de l’ONU.

Des déclarations récentes des dirigeants iraniens, turcs, syriens, du Hamas et du Hezbollah ont démontré que les membres de l’axe iranien considèrent l’épisode du ‘Mavi Marmara’ comme une victoire stratégique dans leur présente campagne contre Israël. La ruée internationale contre Israël à l’ONU, à la Maison Blanche et à travers l’Europe a révélé le talon d’Achille d’Israël. Le Mavi Marmara a démontré que d’un côté Tsahal ne peut pas appliquer son blocus de Gaza sans l’usage de la force. De l’autre côté, il a enseigné aux ennemis d’Israël qu’en obligeant Israël à utiliser la force, l’Iran, la Turquie et leurs alliés ont suscité un lynchage en masse de la part de l’ONU, de l’UE et des USA contre Israël.
 
 L’Iran, la Turquie, La Syrie, le Hamas et le Hezbollah progressent rapidement pour tirer profit de cette nouvelle découverte.

Dans le très proche avenir, Israël sera confronté à des bateaux iraniens, libanais et turcs emplis de Juifs allemands plein de la haine d’Israël et d’autres partisans du Hamas juifs et non juifs.

Le Mavi Marmara a montré que l’Iran et ses alliés peuvent emporter des victoires stratégiques contre Israël en n’offrant aucune autre option à Tsahal que d’utiliser la force contre eux. Cela signifie qu’Israël peut compter sur la perspective que tous les bateaux qu’ils envoient seront peuplés de protestataires suicides. De fait, les Iraniens l’ont admis ouvertement. Mohammad Ali Nouraee est l’un des officiels du régime impliqué dans la répartition des bateaux iraniens vers la côte de Gaza. Dans un entretien cette semaine avec l’agence officielle d’informations iranienne IRNA, Nouraee a déclaré que les passagers à bord des bateaux « veulent devenir des martyrs de cette façon ».

Les bateaux libanais sont organisés par des individus affiliés au Hezbollah et les bateaux turcs sont organisés par le groupe terroriste IHH qui a monté le Mavi Marmara.

L’inclinaison du Hezbollah à répartir des escouades suicides est bien sûr connue. Et l’IHH a démontré sa dédication aux protestations suicides sur le Mavi Marmara. Alors il est assez clair que les passagers à bord des bateaux des deux pays ont l’intention de forcer Tsahal à les tuer.

L’intensification de la campagne de protestation suicide contre Israël est dangereuse pour deux raisons :
D’abord c’est un modèle qui peut selon toute probabilité être reproduit dans les airs et sur terre et il peut être reproduit partout. Israël peut et doit s’attendre à des foules de protestataires suicides marchant sur Gaza pour forcer Israël à céder le contrôle sur ses frontières. Israël peut s’attendre à des foules de protestataires suicides marchant sur les ambassades israéliennes et d’autres installations gouvernementales à travers le monde dans une tentative d’augmenter son isolement diplomatique.

Dans les airs, Israël peut s’attendre à ce que des vols charters décollent d’aéroport à travers le monde avec quelques dizaines de protestataires kamikazes qui forceront les Forces Aériennes d’Israël à les descendre lors de leur approche de l’espace aérien d’Israël.
 
L’Iran et ses alliés ont trouvé le défaut de la cuirasse dans l’armure d’Israël. Ils l’utiliseront de toutes les manières possibles.

Israël doit rapidement développer des tactiques et des stratégies pour faire face à cela.

La deuxième implication bien plus dangereuse de l’adoption agressive par les ennemis d’Israël de protestations suicides, c’est qu’en assurant l’utilisation de la violence, ils augmentent les risques de guerre.

De fait, l’Iran et ses alliés croient clairement que des protestations suicide sont une modalité pour entamer une guerre de grande envergure contre Israël, pour laquelle ils se considèrent sur une base favorable. Selon le service de presse Al Wasaf de Bahrein, Hussein Amir, ambassadeur d’Iran à Bahrein, a menacé cette semaine que « si l’entité sioniste ose une attaque agressive contre les bateau iraniens, alors il est certain [qu’Israël] recevra un coup bien plus puissant et dur ». 

Le président syrien Bashar Assad a déclaré mercredi à la BBC que la région progresse vers la guerre. Et le gouvernement turc continue de monter ses attaques contre Israël. Jeudi, la Turquie a menacé de rompre ses relations diplomatiques avec Israël si celui-ci ne publie pas des excuses formelles pour la prise du Mavi Marmara et ne paie pas des compensations aux familles des terroristes tués à bord du bateau.

Evidemment l’aspect le plus troublant des menaces de guerre, c’est le spectre de vaisseaux de guerre turcs attaquant la Marine israélienne. Si la Turquie – membre de l’OTAN – participe à une guerre contre Israël, les répercussions sur les relations d’Israël avec les Etats membres de l’OTAN, dont les USA, ainsi que l’UE, pourraient bien être sans précédent.

Alors qu’aller en guerre contre Israël serait un pari majeur pour la Turquie, au cours des années récentes, elle n’a pas répugné à prendre des risques élevés avec ses alliés de l’OTAN. De fait, l’une des premières actions du Parti de gouvernement AKP lors de sa prise du pouvoir en 2003, a été de refuser à l’armée des USA le droit d’envahir l’Irak à partir de son territoire. L’impact délétère du refus de la Turquie de venir en aide à son allié de l’OTAN a toujours été ressenti par les forces des USA depuis.

Dans les jours et les semaines à venir, les dirigeants politiques et militaires d’Israël doivent décider résolument de se préparer à résister à ces nouvelles menaces surgies à la suite de l’épisode du Mavi Marmara. Pour recevoir le déluge attendu de protestataires suicides attendus par mer, terre et air, Israël doit immédiatement acquérir des moyens non létaux de disperser ces protestations. Cela implique l’achat et la production de gaz lacrymogène, de canons à eau, de balles en caoutchouc et d’autres armes non létales. 

Ces armes non létales doivent être rapidement distribuées aux équipes de sécurité d’Israël chargées de la protection des installations gouvernementales à travers le monde.

Ces forces doivent subir un entraînement immédiat et intense dans le contrôle et la dispersion d’une foule pour faire face à ce qui est clairement en préparation.

Diplomatiquement, Israël doit maintenir sa nouvelle position sur le blocus de Gaza. La reculade de Netanyahou face à la pression des USA, de l’UE et de l’ONU les a encouragés à redoubler leur agression contre Israël. La nouvelle position doit être tenue à tout prix. Autrement, Israël n’aura aucune ligne diplomatique de défense alors que les menaces qui s’approchent se réaliseront.
Stratégiquement, nos dirigeants doivent envisager ce que seront nos objectifs dans la guerre à venir. Par exemple, en ce qui concerne la Turquie, le but d’Israël sera de mettre fin à la guerre aussi vite que possible.

C’est là que les outils de la diplomatie avec les membres de l’OTAN et la diplomatie publique avec le Peuple américain seront cruciaux pour convaincre la Turquie de quitter la barre. Ils doivent être puissamment et énergiquement utilisés sans retard.

D’un point de vue militaire, la dérobade est préférable à la confrontation. Cette approche doit guider les opérations navales à l’égard des forces navales turques.
 
Quant à l’Iran, l’objectif d’Israël doit être de prolonger la guerre aussi longtemps que nécessaire pour assurer son objectif stratégique de refuser à l’Iran des armes nucléaires. 

De plus, il est important d’utiliser à la fois des moyens mobiles ou fixes pour modifier l’équilibre relatif du pouvoir entre le Peuple iranien et le régime iranien. Alors que selon toute probabilité aujourd’hui, le mouvement vert d’opposition iranienne est incapable de renverser le régime, si l’Iran entame une guerre, Israël doit utiliser l’opportunité que la guerre offre pour modifier cet équilibre du pouvoir. 

Lorsque les dirigeants politiques et militaires d’Israël auront déterminé les objectifs stratégiques d’une guerre régionale, ils doivent mener l’entreprise vivement et entraîner Tsahal pour ce combat. Cette guerre sera certainement différente des précédentes et les objectifs stratégiques d’Israël – et les préférences stratégiques et tactiques claires de ses ennemis – dictent l’entraînement que Tsahal doit commencer immédiatement.
 
La leçon à long terme de l’incident du Mavi Marmara, et les menaces qui ont émergé à sa suite, c’est que la guerre est un sujet trop sérieux pour être abandonné à des généraux. Tsahal et le ministre de la défense ont clairement mal compris la nature de la menace posée par la flottille Turco-Hamas.
De fait, des articles récents rapportent que jusqu’à cet incident du Mavi Marmara, Israël ne collectait même pas des renseignements sur la Turquie malgré sa transformation évidente depuis plusieurs années, d’allié en ennemi : cela souligne le fait que Tsahal est tristement incapable d’évaluer, de comprendre et de se préparer aux menaces auxquelles Israël est confronté.
 
A la lumière de l’échec de Tsahal de comprendre la transformation de la Turquie d’allié en ennemi en temps opportun, son plan incompétent de contrôle du Mavi Marmara et sa performance problématique aussi bien dans l’Opération ‘Plomb Durci’ et dans la Seconde Guerre du Liban, Netanyahou doit créer un organisme extérieur chargé d’évaluer et de dicter les moyens de se préparer aux menaces émergentes. Cet organisme peut soit être un nouveau département du Bureau du Premier ministre ou bien le Conseil National de Sécurité peut être chargé de cette fonction. Bien que ce ne soit pas l’affaire la plus urgente pour le programme d’action national, l’établissement d’un tel organisme doit être une mission centrale du gouvernement.

Les bateaux iraniens sont déjà en route, et les bateaux du Liban peuvent paraître à tout moment. Les manifestations de masse contre Israël à travers le monde et la menace de violence des dirigeants arabes israéliens soutenant le Hamas montrent que ces foules de protestataires suicide peuvent apparaître partout sans avertissement préalable.

Le temps est essentiel. Non, Israël ne veut pas d’une autre cour truquée de type Goldstone. Mais dès à présent, des cours truquées des cours truquées ne sont pas notre plus grand problème.


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