Citoyen toléré en France, ce Juif sera Israélien en août 2004

Lettre adressée par un internaute à Arouts7

mardi 22 juin 2004

Elle a été à l’origine du texte de M. R. Macina, intitulé
« Que celui qui a des oreilles…’ Témoignage et avertissement »
http://www.upjf.org/documents/showthread.php?s=&amp ;threadid=6855


Il y a quelques mois, ma fille s’est fait insulter, dans une salle de cinéma, par quatre jeunes « issus de l’immigration », comme l’on dit sur France2. Ils avaient aperçu son Maguen David lorsque les projecteurs se sont rallumés. Il y avait près de cent personnes dans la salle et personne n’a bronché devant des gamins de 12-13 ans. Ma fille (15 ans) a dû quitter la salle, avec une amie (non-juive), sous les quolibets et les invectives de ces ados, trop heureux d’avoir enfin trouvé « une juive ».

A peu près au même moment, ma femme, qui faisait ses courses à Auchan, en banlieue parisienne, avait mis trois avocats d’Israël dans son caddie ; au moment de les peser, une employée s’approche d’elle et lui conseille de prendre des avocats du Maroc à la place. Devant l’étonnement de ma femme, elle explique que ces avocats « sont récoltés par des Palestiniens sous-payés par leurs employés israéliens qui les humilient et les frappent ». Du coup, de nombreux clients, participent à la discussion et trouvent lamentable que des produits israéliens soient encore en vente libre. « Ah ! mais ces juifs, ils sont trop forts dans le commerce », lâche un bonhomme, approuvé par ses supporteurs du rayon fruits et légumes.

Mon pauvre vieux père (79 ans) n’est pas en reste. Les employés d’EDF [Electricité de France] venus changer son compteur aperçoivent sa mezouza - pourtant fixée à l’intérieur de la maison - et commencent à poser des questions sur ses origines. Avec insistance, l’un d’entre eux tranche dans le vif : « Allez, venez les gars, on finit le boulot et on se casse, j’aime pas traîner dans le coin, avec la magie des juifs sur les murs, il faut se méfier ».

Au mois de mai dernier, après plusieurs années de bons et loyaux services au sein de l’Education Nationale, j’ai enfin reçu une promotion, accompagnée d’une mutation que j’attendais depuis 10 ans, dans un collège plus proche de mon domicile. Le proviseur et « les collègues » m’ont offert, comme on le fait dans ces cas-là, un pot d’adieu. Connaissant mon attachement à Israël, « les collègues » m’ont offert un chapeau colonial d’époque, « pouvant encore servir dans les territoires occupés ». Ils croyaient que j’allais rire : ce ne fut pas le cas. Je leur ai simplement raconté ce que je viens de vous écrire ; puis, je leur ai annoncé qu’ils venaient de me rendre un grand service. Ils avaient réussi, en 15 secondes, à me faire comprendre ce que je m’étais refusé à croire toute ma vie : J’étais devenu avec ma famille un citoyen de seconde zone, que l’on tolère mais qui ne doit pas trop « la ramener ».

Ce furent mes derniers moments dans cette chère Maison de la Culture et du Savoir. Après de courtes démarches auprès de l’Agence juive, nous arriverons, cet été (mi-août), en Israël.

Ne vous méprenez pas !
Je ne suis ni religieux, ni laïc, ni de droite, ni de gauche, et je ne prétends pas donner de leçons de vie à qui que ce soit.
Je ne m’érige ni en victime, ni en modèle.
Simplement, depuis que nous avons pris, ma femme mes deux enfants et moi, notre décision, nous ne nous sommes jamais sentis aussi Juifs, aussi entiers…

Et - que voulez-vous ? - le bonheur mérite qu’on le partage avec son peuple.

Stéphane R., Pontoise.

© Arouts7.


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