Projection Jeudi 17 juin à 20H30 au Gaumont Opera du film « A 5 heures de Paris » déprogrammé par Utopia

mardi 15 juin 2010, par Desinfos

Le réseau de cinéma « d’art et d’essai » Utopia a déprogrammé le film israélien
« A 5 heures de Paris »… Des journaux, des organisations professionnelles du cinéma se sont insurgées contre ce boycott inacceptable !!! Jeudi 17 juin à 20H30. Radio J , présente en avant première le film
« A 5 heures de Paris » de Léon Prudovsky au cinéma GAUMONT OPERA PREMIER – 32 Rue Louis le Grand– PARIS 2 (Métro opéra) :
La projection sera suivie d’un débat avec le réalisateur !
Les places seront en vente aux caisses du cinéma à partir du mercredi 16 Juin.
Les réservations seront également possibles à partir de cette date sur le site www.cinemasgaumontpathe.com/


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Flash-back sur l’affaire.

Le film « À cinq heures de Paris », de l’Israélien Leon Prudovsky, est boycotté par le réseau Utopia. Une déprogrammation de dernière minute en réaction à l’affaire de la flottille de Gaza. Comment une comédie sentimentale qui ne revêt aucun caractère politique a t-elle crée une polémique d’ampleur nationale ?

Le film : « A 5 heure de Paris » a fait un beau tapage médiatique. Mais pas celui qu’aurait souhaité son réalisateur Leon Prudovsky. Et pour cause : son film est boycotté par le réseau de cinéma d’art et d’essai Utopia.

Prévu à l’affiche, le réseau Utopia a finalement déprogrammé le long-métrage. La raison ? Suite à l’affaire de la flottille de Gaza survenue le 31 mai, Utopia entend ainsi protester contre les agissements du gouvernement israélien et le blocus imposé à Gaza.

Selon sa directrice, Anne-Marie Faucon, cette décision vise également à inciter les réalisateurs israéliens à réfléchir à la situation dans leur pays. « Notre geste est symbolique et ponctuel » déclare Anne-Marie Faucon.

« Depuis tant d’années qu’Israël s’assied avec la plus parfaite arrogance sur les résolutions successives de l’ONU, quelle arme reste-t-il à des citoyens lambda comme nous ? Pour nous, la culture, ce n’est pas fait pour s’endormir ! ».

Pour l’instant, cette même culture est surtout prise en otage. L’affaire s’est répandue comme une trainée de poudre dans la presse française. Médias, organisations et associations s’indignent de la décision d’Utopia.

Et la condamnation est unanime.

« Cette logique du soupçon condamne l’Israélien par avance ». Dans les colonnes du Figaro, Sébastien LeFol titre son article : « Imbéciles ».

Le journaliste s’emporte :« Léon Prudovsky va découvrir un curieux pays où un réseau de cinémas art et essai, censé représenter le bon goût et la tolérance, a décidé de le boycotter parce qu’il est israélien. Sans que cela provoque l’indignation de nos plus hautes autorités morales et politiques. Seraient-elles devenues aphones les voix officielles, ministre de la Culture en tête ? Où sont passées nos vigies antiracistes ? Et nos thuriféraires des droits de l’homme ? ».

Et il ne s’arrête pas là : « En faisant l’amalgame entre le gouvernement et les citoyens d’un pays, ces censeurs se trompent de cible. Ils érigent l’obscurantisme et la bêtise en impératifs catégoriques, comme les inquisiteurs médiévaux brûlaient les sorcières, les roux et les chats ».

Le journal en ligne Rue89, condamne fermement cette décision jugée « absurde ». « Ce boycott qui assimile des citoyens à leur gouvernement est d’abord stigmatisant » alerte Amos Schupak dans sa tribune, avant d’expliquer : « Il dénie à tout citoyen israélien le droit à l’expression artistique en raison de sa nationalité. Dans cette perspective, les Israéliens n’auraient le droit de produire que des œuvres ayant pour objectif la critique de leur Etat, sans quoi ils seraient automatiquement considérés comme des soutiens silencieux et
inconditionnels de sa politique. Cette logique du soupçon condamne l’Israélien par avance ».

« Le cinéma israélien est un espace propice au débat »

Une logique du soupçon qui a indigné la Ligue contre le Racisme et l’Antisémitisme (Licra). L’association estime que la direction d’Utopia « alimente une dangereuse confusion des genres ». "Un tel boycott constitue une négation de l’indépendance des auteurs et de la liberté de la création artistique.
Le cinéma, notamment israélien, a constamment oeuvré à la critique et est un espace propice au débat", affirme l’organisation.

Le milieu du cinéma prend également la défense du réalisateur israélien. Sept organisations professionnelles du cinéma se sont insurgées contre la déprogrammation dans un communiqué.

« Cet acte est une atteinte à la liberté de création, alors que le cinéma demeure un art porteur de valeurs universelles et que de nombreux cinéastes du monde entier se battent pour la liberté, sous toutes ses formes, souvent en en payant le prix fort », estiment-ils.

« Est-il besoin de rappeler que les réalisateurs israéliens sont souvent les plus critiques face à la politique menée par l’Etat hébreu », poursuivent ces organisations.

En solidarité, le réalisateur et producteur Ludi Bocken a annoncé aux dirigeants d’Utopia qu’il retirait de leur réseau son propre film Marga.
Un film qui retrace l’histoire de paysans allemands, membres du parti nazi qui ont caché une famille juive pendant presque trois ans au péril de leurs propres vies. « Dans le courrier adressé à Utopia, nous leur faisions savoir que nous considérons comme eux les événements de Gaza intolérables mais que la prise en otages des artistes israéliens étaient une erreur et une injustice » a déclaré Ludi Bocken.

Les cinéastes israéliens n’ont pas vraiment besoin de leçons françaises"

Le cinéma en Israël est énergique. Avec une quinzaine d’écoles dans le pays, c’est plus d’une vingtaine de films qui sont produit chaque année. Le 7ème art israélien a dépassé les frontières de l’Etat hébreu et jouit d’une renommée internationale avec quelques beaux succès, comme La Visite de la fanfare, d’Eran Kolirin, Les Citronniers, d’Eran Riklin, Valse avec Bachir, film d’animation d’Ari Folman.

Comme le décrit la journaliste du Figaro Marie-Noëlle Tranchant, ce sont « Autant d’œuvres porteuses d’interrogations politiques sur le conflit israélo-arabe et de réflexions existentielles sur la possibilité de garder ou de retrouver l’humanité, dans l’hostilité permanente et la violence des situations. Les cinéastes israéliens n’ont pas vraiment besoin de leçons françaises pour exercer leur sens critique ». A bon entendeur.


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