Comment a été fait le travail journalistique ...?

Hélène Keller-Lind

samedi 12 juin 2010, par Desinfos

« Et puis, il y a la vraie vie, il y a avant et après » comme le disait l’Ambassadeur Dany Scheck dans l’émission Médiapolis du 12 juin à propos du Marmara et de sa couverture médiatique . Vraie vie, avant et après, certes mais, selon la journaliste Caroline Fourest qui participait aussi à l’émission, on n’a pas le temps de remettre les choses dans leur contexte. Assez étonnant car il suffirait pourtant d’une ou deux phrases et de quelques minutes et surtout d’enquêter au-delà de l’émotion immédiate...


Les journalistes inscrits auprès du bureau de la presse israélienne – donc tous ceux qui travaillent ou ont travaillé en Israël, soit un très grand nombre de journalistes – reçoivent régulièrement des communiqués officiels israéliens ou autres documents leur permettant de faire leur travail en ayant aussi un apport officiel israélien.

Des dizaines de communiqués, y compris AVANT l’abordage du Marmara et des conférences de presse officielles

Le bureau de la presse israélien a envoyé dès le 27 mai 2010 toute une documentation détaillée, fiable et vérifiable sur l’IHH, partie prenante de l’organisation de la Flottille dite de la Liberté. Bien avant l’incident du 31 mai à l’aube. Les journalistes ont donc eu toute le temps nécessaire pour enquêter. Un journaliste est censé être curieux et des journalistes auraient dû vérifier cette information, fusse-t-elle donnée par Israël...

Le 31 mai ce même bureau de la presse envoyait un total de 13 communiqués à la presse. Dans un premier compte-rendu il relatait à chaud de quelle manière les choses s’étaient passées lorsque les forces israéliennes avaient arraisonné le bateau, rappelant qu’Israël avait demandé préalablement aux organisateurs de se rendre au port israélien d’Ashdod, d’y débarquer leur aide qui serait acheminée dans la Bande de Gaza après avoir été vérifiée. Il y est ensuite précisé que des armes – fussent-elles « blanches » - avaient été préparées dans le but d’attaquer les soldats. Qui avaient riposté dans un premier temps par des tirs ne pouvant tuer. Mais des armes à balles réelles avaient été saisies sur des soldats blessés. Selon ce premier constat il semblait que les « manifestants » sur ce bateau avaient l’intention de lyncher les soldats. Précision apportée dans un communiqué suivant le même jour : deux « violents activistes » appréhendés avec deux pistolets pris sur des soldats et qui avaient été utilisés pour tirer sur des soldats. Le chargeur de ces pistolets avait été vidé.

Ce même 31 mai au matin le vice-ministre des Affaires étrangères israélien, Dany Ayalon, donnait une conférence de presse dans laquelle il disait clairement les choses. Les résumant ainsi : « les intentions des organisateurs étaient violentes, leur méthode a éét violente et malheureusement les résultats ont été violents. » Et il soulignait à nouveau que « les organisateurs sont connus pour leurs liens avec le Global Jihad, Al-Quaida et le Hamas. »

De quoi éveiller la curiosité de tout journaliste qui se respecte....Alors comment le travail journalistique d’information a-t-il été fait dans la plupart des cas ?

Il suffit de quelques minutes pour dire vrai si un travail de préparation digne de ce nom a été fait en amont

L’Ambassadeur d’Israël en France Dany Scheck a entièrement raison de dire, comme il l’a fait le 12 juin sur les ondes d’Europe1, qu’au delà d’un événement, l’épisode du Marmara turc, en l’occurrence, « il y a un avant et un après et la vraie vie ». Autrement dit un contexte et la nécessité d’y replacer les choses. Dans toute leur complexité, pourrait-on ajouter. Vérité qui ne s’applique pas qu’à Israël.... Ce que disaient d’ailleurs ce même jour les « Grandes Voix d’Europe1, » émission de Marie Drucker , à propos de l’interview de Mahmoud Ahmadinejad par Laurence Ferrari Il était évident, en effet, que le dictateur iranien serait suave et donnerait des réponses aussi « satisfaisantes » pour le téléspectateur francophone que n’ayant rien à voir avec la réalité et pour remettre cette interview dans son contexte il aurait été opportun de l’accompagner de quelques reportages sur la réalité iranienne, disaient en substance ces grandes voix. Qui revenaient sur le traitement médiatique du Marmara, que déplorait d’ailleurs Charles Villeneuve.

Au cours de cette émission l’Ambassadeur d’Israël rappelait que les mêmes soldats avec les mêmes consignes et la même façon d’opérer n’avaient rencontré d’opposition bien orchestrée que sur le bateau turc où les attendait un groupe de l’IHH dont les liens avec le terrorisme sont aujourd’hui largement connus. Ce qui explique ce qui s’est passé. Puis il s’adressait à Caroline Fourest, spécialiste des mouvements islamistes radicaux qui lui répondait en confirmant qu’elle connaissait en effet l’IHH et sa nature peu fréquentable. Elle ajoutait d’ailleurs qu’un membre du CBSP avait été accueilli en héros à son retour en France, précisant que cette organisation lève des fonds pour des structures « proches du Hamas. » Rappelons que ce mouvement est considéré comme terroriste par les États-Unis et l’Union européenne, ce que l’on n’entend pratiquement jamais dire.

Il n’a fallu que quelques minutes à Caroline Fourest pour faire ces commentaires. On ne voit donc pas pourquoi, et contrairement à ce qu’elle affirmait par ailleurs, cela n’a pu être fait systématiquement lors des commentaires nombreux et longs qui ont été faits à propos du Marmara dans tous les médias et, dans la plupart des cas, ne mettaient en cause que le seul Israël accusé de tous les maux.


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