La fin de la seconde Intifada ?

Par Alain Rajchman

dimanche 13 juin 2004

Après l’absence d’attentat depuis trois mois, le très sérieux Wall Street Journal Europe considère qu’Israël a gagné la seconde Intifada. La barrière de sécurité serait un obstacle évident aux actions des terroristes palestiniens.


Dans son édition du week-end, l’éditorial du Wall Street Journal (11-13 juin) se félicite que l’Etat d’Israël ait ignoré les critiques qui ont conspué sa politique de séparation avec les Palestiniens. Il y a un an à la même époque, 20 attaques terroristes ont coûté la vie à 141 civils Israéliens. En comparaison, cette année Israël a déploré deux attaques et la mort de 19 civils. C’est toujours trop, mais c’est beaucoup moins qu’il y a un an.

Les médias européens et les responsables politiques n’ont pas eu de mots assez durs pour critiquer la politique d’Ariel Sharon d’élimination ciblée des leaders du Hamas et pour condamner la décision d’ériger une barrière de sécurité protectrice.

Pourtant, ces deux mesures produisent leurs fruits. La barrière de sécurité a rendu la tâche plus difficile aux terroristes désireux de se rendre en Israël pour se transformer en bombe humaine dans des autobus bondés. La barrière de sécurité, conjuguée au réseau de renseignement israélien, permettent chaque semaine, l’interception de plusieurs dizaines de tentatives d’infiltration. Certaines, malheureusement, réussiront, mais les terroristes savent aussi désormais que la plus grande part échouera.

En ayant décapité à deux reprises la tête du Hamas, le gouvernement d’Israël a changé la donne. Les chefs du Hamas passent aujourd’hui plus de temps à se cacher qu’à monter des opérations terroristes d’envergure contre la population d’Israël. Curieusement, l’action de Tsahal à Rafah a plutôt monté la population palestinienne contre ceux qui multipliaient les tunnels pour importer de nouvelles armes à Gaza. La population arabe de Rafah aspire à une vie plus calme et ne s’est pas montrée hostile au coup d’arrêt d’Israël. Conséquence, l’approvisionnement a été rendu plus difficile, comme le montre le doublement du prix d’une balle de Kalachnikov sur le marché parallèle de Gaza.

Au sujet de la barrière de sécurité, le Wall Street Journal invite Chris Patten, le Commissaire aux affaires extérieures de l’Union Européenne qui s’est interrogé sur son utilité, à venir faire un tour dans la région de Gilboa. La région de Gilboa a connu une moyenne de 600 incidents terroristes par an. Cette année, le nombre des attaques est tombé à zéro.

Il est manifeste que ce nouveau climat bénéficie également aux Palestiniens. Ainsi, plusieurs responsables locaux ont-ils déclaré au Jerusalem Post que la vie, et particulièrement la vie économique des villes de Cisjordanie reprenait. Plus de palestiniens vont travailler en Israël et il semble bien que cette nouvelle situation fait mentir l’idée que c’est la pauvreté qui mène au terrorisme. Pour les populations civiles de Cisjordanie, le Wall Street Journal Europe souligne que c’est bien le terrorisme qui a conduit à son appauvrissement.


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