La tentative d’assassinat d’un jeune juif à Epinay serait l’acte d’un déséquilibré : une annonce hâtive qui sent la désinformation

Par Alain Rajchman

lundi 7 juin 2004

L’annonce hâtive d’un acte effectué par un déséquilibré a vivement choqué les responsables de la communauté juive et le Président de la LICRA.


De l’avis unanime, un pas dramatique a été franchi dans l’escalade de la haine anti-juive en France. La tentative d’assassinat sur la personne d’un jeune juif de la Yéchiva d’Epinay a provoqué une grande émotion dans la communauté juive, mais aussi dans l’opinion. Cependant, on peut s’interroger sur l’annonce hâtive, faite par la police et vite relayée par la presse, pour affirmer l’acte d’un déséquilibré.

On peut s’en étonner alors que la victime n’a pu être entendue avant que cette annonce soit faite et qu’aucune vérification visuelle n’a donc pu être établie par l’agressé.

Même si le « déséquilibré » interpellé n’est pas l’auteur de cette tentative d’assassinat, il demeurera dans l’opinion que cette affaire n’a pas le caractère dramatique que la communauté juive veut bien lui prêter. Tous les médias ont en effet repris l’affirmation policière et ils ne reviendront pas sur l’événement pour démentir les présomptions annoncées. Tout cela sent la désinformation. Même si les responsables politiques l’ont jugée nécessaire pour calmer les esprits et les communautés.

Patrick Gaubert, le président de la LICRA s’est déclaré consterné par cette manipulation de l’information non vérifiée. De plus, il a invité les jeunes juifs à se préparer à la « self defence », pour échapper à une agression éventuelle, et non dans un but offensif. Cette déclaration dénote l’inquiétude de la communauté juive à l’encontre de la justice qui dans la même semaine relaxe un comique anti-juif, se montre incompétente à empêcher la récidive de jeunes musulmans à l’encontre de jeunes juifs de Boulogne ou exige la réintégration des deux élèves arabes du Lycée Montaigne ayant martyrisé un élève juif.

La République a les mots et les lois qu’il faut (loi Lellouche) pour protéger la communauté juive. Il manque aujourd’hui des actes forts et clairs.


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