La colonisation, voilà qui entrave (presque) tout, dixit le Chef de l’État, au mépris des réalités

Hélène Keller-Lind

samedi 10 avril 2010

Il y aujourd’hui une désagrégation préoccupante dans notre « doulce France, » qui n’est plus si douce avec sa foultitude de problèmes réels ou supposés. La crise et ses contrecoups, les niches, les boucliers décriés, les spleen au travail, les violences scolaires, pas étonnantes au regard de la violence de certains « humoristes » ou « essayistes », les parachutes ou salaires invraisemblables, les grèves à répétition, il y a, il y a...des maisons construites en zone inondable puis des décisions de détruire des maisons tombeaux potentiels et le refus de certains habitants qui brandissent la menace du suicide pour y rester, il y a les rumeurs, sales comme toutes le rumeurs mais où se roulent certains médias.


Et il y a ces agriculteurs qui travaillent dur pour produire souvent à perte tandis que des commerces font d’énormes profits mettant la pomme hors de portée des bourses de la plupart des consommateurs, mettant à mal l’injonction des 5 fruits et légumes par jour. Il y a les récupérations politiques de ceux qui, par exemple, ont le regard « rivé sur le cul des vaches... »

Et la faute à qui, en partie tout au moins, ? Pour le savoir il suffit d’écouter le Chef de l’État qui s’exprimait devant des agriculteurs justement le 6 avril dernier. C’est la « faute à » « la colonisation à Jérusalem et le processus de paix qui est dans l’impasse » disait-il en Essonne. En « évoquant les marchés du Maghreb » et « l’Union pour la Méditerranée, que la France a porté sur les fonds baptismaux...aujourd’hui en situation difficile selon une dépêche d’Associated Press.

Mais au moins dit-il encore « Jérusalem. » Car sur la rive sud de la Méditerranée certains n’emploient plus ce mot mais y vont carrément avec « Al-Quods, Al-Quods annexée » qui plus est... Comme en Tunisie, par exemple, si chère au cœur du chef de l’État car, disait-il en 2008, peu de pays [ arabes ] ont « autant avancé en un demi-siècle sur la voie du progrès, sur la voie de la tolérance et sur la voie de la raison, » élaborant « une civilisation arabo-musulmane qui démontre qu’on peut respecter son identité et être ouvert, qui s’accorde avec le monde qui l’entoure. » et pratiquer « un Islam des Lumières où la foi et la raison, au lieu de se combattre, se reconnaissent mutuellement et se respectent » Certes, mais ce qui n’est vrai que pour partie seulement.

Car, même en Tunisie, cette belle idée d’une « une union entre tous les pays de la Méditerranée fondée sur l’égalité des droits et l’égalité des devoirs..... une union [ qui ] ne pourrait réussir que si elle était fondée sur un véritable partenariat avec un partage égal des responsabilités entre le Nord et le Sud, » ne pouvait aboutir. Car Israël fait partie des pays de la Méditerranée et sur son pourtour il y a aussi la réalité d’un « antisionisme » constitutif de la pensée arabo-musulmane.

Cet « anti-sionisme » bien ancré au cœur de ce pays arabe qui a pourtant tellement avancé, Judaïques FM le déplorait quelques mois avant cette visite de Nicolas Sarkozy à Tunis. Judaïques FM qui citait un article pourtant paru dans le journal officiel tunisien, un anti-sionisme d’Etat donc Une réalité ignorée par les conseillers présidentiels ou les désinformés du Quai d’Orsay confondant les déclarations de salon autour de petits fours et les réalités du terrain

Et cet anti-sionisme arabo-muslman d’alors ne pouvait être dû à une quelconque « colonisation d’Al Quods » ni à un blocage du processus de paix. Car il est inhérent à ce monde comme le démontrent encore et encore les déclarations de ses dirigeants ou religieux qu’il est pourtant aisé de voir grâce à Palestinian Media Watch http://palwatch.org/ , pour ce qui est principalement des Palestiniens, ou MEMRI pour le reste du monde arabo-musulman. Même si de trop rares voix s’y élèvent contre haine et obscurantisme, restant l’exception plutôt que la règle.

Et pourtant aujourd’hui, à Kalkilya, ville palestinienne, « proche de Natanya, » ville côtière israélienne, « les fermiers locaux ont été formés par des experts agronomes israéliens et Israël a fourni tout l’équipement d’irrigation et les pesticides, » au nord de Ramallah « le Fonds National Juif, un organisme philanthropique, a fourni 3000 plants pour regarnir une forêt proche de la ville nouvelle. Les experts israéliens aident aussi les Palestiniens à aménager les parcs et les espaces publics. » Ce dont témoigne un journaliste américain qui est allé voir sur place

Là où on ne verra jamais un correspondant du Monde ni un représentant du Quai d’Orsay. Pourtant Salam Fayyad, parlant de la croissance record de l’économie palestinienne, reconnaît parfois « que l’aide d’Israël y [ est ] pour beaucoup. » (ce qui ne l’empêche hélas pas, par ailleurs, de glorifier les terroristes). Et « les échanges dans les deux sens entre Israël et la Cisjordanie sont en croissance continue comme le confirment l’augmentation de 41% du trafic de camions et l’accroissement de 44% des ventes d’automobiles. Cette montée en puissance des échanges est due en particulier à la réduction des postes de contrôle décidée par le ministre de la défense Ehoud Barak qui a ordonné la suppression de 100 barrages routiers et l’ouverture continue de plusieurs autres. » Car « le gouvernement israélien tient à marquer sa volonté de participer au développement de la Cisjordanie par une aide directe qui pourrait consolider la voie pacifique. Il le doit aux sollicitations pressantes du partisan farouche de la paix, en l’occurrence le président de l’Etat, Shimon Pérès. Le ministère israélien des finances a donc lancé un appel d’offres pour financer les entreprises palestiniennes qui a été remporté par le fonds d’investissements Pitango. Un fonds de capital-risque de 30 millions d’euros a été constitué entre l’Etat d’Israël participant à hauteur de 16 millions et des fonds privés. Le but final est d’inciter d’autres groupes israéliens ou étrangers à investir dans une région pacifiée dont les opportunités sont immenses en termes d’infrastructures. »
Tout cela, et plus encore, existe bel et bien en dépit du refus palestinien d’entamer des négociations...

Mais tout cela, le Quai d’Orsay ne l’entend pas, pas plus que les conseillers élyséens ou les correspondants de « grands médias ».....Israël qui, en dépit de la haine dont il est l’objet, œuvre pour la paix, pour le bien -être des Palestiniens, personne n’en parle et les « responsables » préfèrent attiser le feu.

Alors, Monsieur Sarkozy, regardez la réalité et cessez de désigner le gouvernement d’Israël comme responsable du blocage du processus de paix, cessez de le désigner comme responsable du mal être des paysans de France ou de Navarre. C’est faux, indigne mais tellement plus commode....


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