La mécanique bien huilée de l’indignation internationale

Par Alain Rajchman

lundi 24 mai 2004

Quand la guerre touche des civils, le bilan humain qu’il soit juif ou arabe est toujours trop lourd. Pourtant, la mécanique bien huilée de l’indignation internationale oublie les femmes et les enfants déchiquetés dans les tôles de leurs autobus explosés pour ne rappeler que le sort des enfants palestiniens. L’indignation devrait être aussi forte dans un cas comme dans l’autre.


Alors que l’indignation montait au sujet des opérations à Rafah, deux signes positifs sont venus éclaircir ces tristes journées de souffrance.

Le premier signe vient de la Ligue Arabe qui a déclaré que les victimes civiles arabes comme juives doivent être dénoncées avec la même force.

Le second signe vient du gouvernement israélien où le vice Premier ministre en exercice ose s’indigner publiquement des souffrances humaines consécutives aux opérations militaires dans la bande de Gaza.

Aucun ministre, d’aucun pays arabe, ne s’est jamais dressé contre les carnages qui ont meurtri les civils israéliens, ni contre l’odieuse décapitation de Nick Berg. Ce visage humain de la démocratie israélienne et de son armée citoyenne n’a malheureusement pas encore d’équivalent dans les pays arabes.

Pour une raison simple. La guerre qui est menée par les Palestiniens implique volontairement des civils palestiniens qui servent tour à tour de bouclier humain et d’instruments de propagande. Ainsi, d’inévitables « bavures » ou dommages collatéraux peuvent-ils nourrir une « indignation internationale » prompte à condamner Israël. Quand quatre paysans palestiniens payent de leur vie l’explosion d’un terroriste palestinien à un point de passage vers Israël, ce sacrifice humain, en n’étant pas condamné, devient légitime.

Les mots choisis pour dénoncer sont conservés même après la rectification des faits. La condamnation unilatérale d’Israël est à ce point systématique que le carnage annoncé de plus de 40 morts, le restera pour 4 fois moins de victimes. La question n’est pas arithmétique, elle est éthique comme on l’a vu dans le cas du soi-disant massacre de Djénine.

La mécanique bien huilée de l’indignation internationale a voulu faire de Rafah, un Djénine-Bis. Il serait grand temps qu’elle dénonce avec la même fermeté toutes les blessures qui affectent les populations civiles, qu’elles soient juives ou palestiniennes.


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