Le Secrétaire-général du comité iranien de soutien à l’Intifada : « Le peuple palestinien vivait sur cette terre avant Jacob et les enfants d’Israël » ; « Le problème palestinien concerne tous les musulmans »

MEMRI

lundi 17 mai 2004

Dans un discours commémorant la mort du prophète Mahomet, de l’imam Hassan et de l’imam Reza, Hujat Al-Eslam Ali Akbar Mokhtashemi-Pour, directeur général du comité iranien de soutien à l’Intifada en Palestine et député de Téhéran au Majlis iranien, a expliqué que le monde se divise en sociétés morales et immorales. Le sionisme, a-t-il précisé, constitue un modèle de « Jahiliyya », contre lequel il convient de se battre. Il s’est en outre répandu en injures contre l’indifférence des musulmans face à Israël, reprenant les termes de l’ayatollah Ruholla Khomeyni sur la nécessité de le détruire. Voici un résumé de son allocution : (1)


« Le Coran divise l’humanité en deux : le monde civilisé d’une part et le monde de la Jahiliyya de l’autre »

Mokhtashemi-Pour a débuté son discours avec l’histoire de Moïse, déclarant que Moïse s’était révolté contre Pharaon parce que la société égyptienne était raciste et discriminatoire, et se divisait en deux classes : l’une composée de ceux qui adoptaient le judaïsme, et l’autre des Coptes [sic]. (2) Il a ensuite affirmé que le prophète Mahomet avait été envoyé pour remplacer les valeurs « bédouines » (signifiant primitives), expliquant : « Vous êtes tous la descendance d’Adam, qui vient aussi de la poussière. Les Arabes et les Perses [ndlr les non-Arabes], les noirs et les blancs, tous sont égaux. » ; « Le Prophète a présenté à la société les critères les plus élevés qui soient, affirmant : ’le critère le plus élevé permettant [d’évaluer] les êtres humains est l’étendue de leur foi en Dieu, pas leur race ni leur couleur.’ »

Mokhtashemi-Pour a aussi déclaré : " Le Coran divise l’humanité en deux catégories : l’une composée des sociétés civilisées, ou urbaines, [l’autre] des sociétés bédouines et de celles vivant dans la Jahiliyya. Tout au long de l’histoire, les sociétés civilisées ont maintenu des relations commerciales et le dialogue avec les autres tribus. En revanche, les sociétés bédouines ont versé le sang, se sont adonnées à la guerre, aux massacres et aux pillages.

Mokhtashemi-Pour a en outre souligné que « les massacres, la guerre, le sang versé et les pillages sont les principales caractéristiques des sociétés bédouines et de la Jahiliyya (…) La discrimination raciale et les massacres sont [aussi] des faits courants dans les sociétés contemporaines. » Il a ajouté que le sionisme était un exemple de société de ce type : « Le sionisme, connu pour être du racisme, est soutenu et appuyé par l’Amérique, et constitue un exemple de Jahiliyya. Les régimes discriminatoires racistes partout dans le monde sont un indicateur de vie bédouine et de Jahiliyya. »

« Le peuple palestinien vivait sur cette terre avant Jacob et les enfants d’Israël »

Mokhtashemi-Pour a critiqué ce qu’il a appelé « l’indifférence des musulmans et des Arabes vis-à-vis du problème palestinien », reprenant à son compte les propos de l’imam et ayatollah Khomeyni : « Si chaque musulman dans le monde déversait un sceau d’eau en direction d’Israël, Israël serait noyé (…) », poursuivant : " Certains dirigeants disent que la guerre en Palestine oppose la Palestine et Israël, qu’elle n’a rien à voir avec nous [Iraniens]. Ceci est un signe d’indifférence à l’encontre de la Palestine, et cette indifférence constitue la plus grande répression de notre obligation envers Jérusalem, première qibla [direction de prière] des musulmans et seule terre bénie par le Coran.

Tous les prophètes sont venus de cette terre, la terre la plus élevée et préférée en ce monde. Le peuple palestinien vivait sur cette terre avant Jacob et les enfants d’Israël. Les peuples du monde, et les musulmans en particulier, sont responsables face à la cause palestinienne.

Si l’imam [Khomeyni] était en vie aujourd’hui, il ferait regretter leurs actions aux Etats-Unis et à Sharon. L’imam qui a parlé à Nadjaf a dit que Pharaon craignait un Moïse vivant, non un ouléma inanimé qui n’agit pas. Aujourd’hui, nous ne sommes pas vivants : nous bougeons comme des marionnettes ; si nous étions vivants, Israël n’aurait pas le courage de faire cela aux Palestiniens [éliminer les chefs du Hamas] (…) " (3)

[1] <http://www.memri.org/bin/#_ednref1> http://khabarnameh.gooya.com/politi..., le 19 avril 2004. L’imam Hassan et l’imam Reza sont deux des 12 imams révérés par les chiites iraniens. Le prophète Mahomet et l’imam Hassan sont morts le 28 du mois musulman de Safar, et l’imam Reza le 29 du même mois. La Jahiliyya correspond à la période pré-islamique, caractérisée, selon l’islam, par son aspect particulièrement primitif.

[2] <http://www.memri.org/bin/#_ednref2> L’expression utilisée par Mokhtashemi-Pour est « ceux qui observent le sabbat », faisant référence aux Juifs de façon désobligeante.

[3] <http://www.memri.org/bin/#_ednref3> L’ « imam qui a parlé à Nadjaf » n’est autre que l’ayatollah Khomeyni.

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