On étouffe ici !

Jean-Pierre Chemla © Primo-Europe

samedi 15 mai 2004

Piers Morgan, rédacteur en chef du Daily Mirror, a été contraint à la démission après qu’il ait été établi qu’il avait publié des faux sous la forme de photos montrant des militaires britanniques brutalisant un prisonnier irakien.


Cette démission survient 13 jours exactement après la diffusion de ces images, le 1er mai 2004.

Ca se passe en Angleterre…

Rien de tel ne semble pouvoir avoir lieu en France…

Le 23 février 2004, un journaliste de la télévision française d’Etat, Thierry Thuillier, s’est rendu coupable d’un faux reportage tendant à prouver que les soldats de Tsahal sont des monstres sanguinaires, tuant des enfants palestiniens par pur plaisir sadique. Une mystification totale venant alimenter le reste d’une émission au service des ennemis d’Israël, où l’essence même de l’Etat hébreu était remise en question comme pour servir de base à ceux qui lui dénient le droit à l’existence.

Bien sûr, nous disposons de toutes les preuves du forfait commis par ce journaliste. Bien sûr, il a très vite su que nous les avions. Bien sûr, il a, par la suite, essayé maladroitement de se rattraper.

Mais, à aucun moment, il n’a reconnu son dessein originel. Et là, bien sûr aussi, nous avons la preuve formelle de son intention.

Aujourd’hui, 15 mai 2004, Thierry Thuillier occupe toujours son poste et n’est nullement menacé par une quelconque contrainte semblable à son malheureux confrère d’outre-Manche.

Quelques jours avant l’émission de Thuillier, Olivier Mazerolle avait dû abandonner son poste à la rédaction de France 2 et David Pujadas avait été mis à pied, tous deux pour s’être rendus coupables de l’annonce intempestive de la démission d’Alain Juppé, erreur corrigée vingt minutes plus tard.

Tout le monde aura saisi l’immense gravité des faits reprochés à Mazerolle et Pujadas. Tout le monde aura compris que ces vingt minutes d’incertitude ont ébranlé le monde et failli provoquer des conflits sanglants aux six coins de l’hexagone, aux quatre de la planète, avec les conséquences irréversibles sociales et humanitaires que l’on imagine.

De qui se moque-t-on dans cette république bananière qu’est devenue la France ? L’honneur, même pas entamé, d’un ancien Premier Ministre provoque mille fois plus de remous que le piétinement de celui d’un peuple.

Primo-Europe et la Mena ont pris ce dossier en main dès le 24 février, lendemain de la diffusion de cette émission de pure propagande anti-israélienne.

Toutes sortes de tentatives de mobilisation ont été faites, y compris à travers la maison-mère France 2, citadelle inaccessible aux gueux que nous sommes. Ceux qui y sont enfermés considèrent que leurs nominations à des postes élevés valent titre de propriété et que la redevance-télé est la dîme naturelle que les manants doivent aux princes de l’information qu’ils se considèrent être.

Nous avons alerté des quotidiens nationaux, régionaux, des chaînes de radio…

« Bof » a été la médiane des réponses qui fluctuaient de la condamnation de notre action émanant - horreur ! - d’un groupuscule manifestement extrémiste, au soutien prometteur mais jamais suivi d’effet.

Le CSA, alerté par lettre recommandée le 9 avril, en désespoir de cause, nous a répondu le 13 mai « qu’ils ne nous oubliaient pas mais que le dossier était en cours d’examen par le conseil des Sages ! »

Et dire que la France raille si souvent le régime monarchique de nos voisins anglais, alors qu’elle-même est complètement étouffée par cette nouvelle aristocratie qui l’a transformée en une immense précieuse ridicule.

C’est combien le prix d’un billet en Eurostar ? C’est combien le prix de l’oxygène ?


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