Le déni d’Israël et l’éducation à la haine au programme

Gaston Carré

vendredi 14 mai 2004

Un dossier écrit par Gaston Carré sur les " Manuels scolaires
palestiniens « dans la » Voix du Luxembourg " du 6 mai 2004


Génétique de l’exécration

Tout voyageur en Terre sainte y observera un phénomène sans exemple sur l’échiquier international contemporain. Il y observera, côté palestinien, un meurtre d’Israël quotidiennement réitéré.

Un meurtre symbolique, fait de carnavals allégoriques et de conjurations rituelles, d’incantations et de vociférations, véritables danses du scalp autour d’Israël le totem honni.

Or, jamais la symbolique n’est anodine en terre arabo-musulmane, et autant l’on est susceptible d’y palabrer des heures durant pour conclure aux antipodes de ce qu’on postulait au départ, autant est significatif - et incitatif - tout ce qui s’y exprime par allégorie. Israël brûlé en effigie, ainsi, loin d’un bénin simulacre, figure bel et bien l’ennemi honni, et c’est parmi les spectateurs de ces oblations de bazar que se recrutent les candidats au « martyre » qui bientôt emporteront des êtres de chair et de sang dans leur propre immolation.

Quels sont les supports de ce meurtre symbolique ? Les manuels scolaires palestiniens sont considérés, par nombre d’observateurs, comme des vecteurs majeurs de l’exécration, voire de la négation d’Israël.

Quel est leur contenu ? Par qui sont-ils conçus et par qui sont-ils financés ?

Yohanan Manor, vice-président du Center for monitoring the impact of peace ( CIMP ), observateur privilégié des programmes et manuels scolaires des pays en conflit, a rendu compte de ses constats lors d’une conférence récemment organisée par le Département culturel du Consistoire israélite, B’nai B’rith Luxembourg et l’association Les amis d’Israël Luxembourg.

Dans un livre signé de sa main, Les manuels scolaires palestiniens, une génération sacrifiée , Yohanan Manor analyse le contenu des programmes et manuels scolaires destinés aux enfants palestiniens de la bande de Gaza et de Cisjordanie. Conçus, produits et utilisés par l’Autorité palestinienne dans toutes les écoles qui dépendent d’elle, ces manuels scolaires constituent la pierre angulaire d’un système d’éducation édifié et développé grâce au concours de la communauté internationale, au premier chef l’Union européenne et l’ UNESCO.

Tueurs en herbe

Depuis la guerre de 1967, les élèves de Cisjordanie et de la bande de Gaza utilisaient les manuels scolaires jordaniens et égyptiens, avec des modifications imposées par Israël. Vinrent l’année 1993, les accords d’Oslo et la création de l’Autorité palestinienne, qui travailla sur un programme scolaire proprement palestinien. Un programme fondé sur des manuels pour le moins lacunaires. Les livres de géographie et d’éducation nationale de la classe de 6e, ainsi, présentent différentes cartes de la Palestine sans aucune mention d’Israël, évoquant en revanche les villes de Cisjordanie, de Gaza et celles qui, à l’intérieur de l’Etat hébreu, comptaient autrefois (Jaffa, Haïfa) ou actuellement (Nazareth) une forte concentration palestinienne. Une autre carte démarque clairement la bande de Gaza et la Cisjordanie, mais l’emplacement d’Israël est laissé à l’imagination du lecteur.

Quant aux accords d’Oslo de 1993 entre Israël et l’OLP, ils sont à peine mentionnés.

L’examen du contenu de ces livres conduit donc, selon Yohanan Manor, à « un constat affligeant : loin de prôner la reconnaissance mutuelle, la coexistence et la paix avec les Israéliens, ces manuels instillent la haine d’Israël et des juifs tout en se livrant à une virulente apologie du djihad et du martyre. » Ce choix conduit à « sacrifier sans vergogne toute une génération de jeunes Palestiniens au mépris de leurs droits les plus élémentaires à la vie, à l’épanouissement de leurs facultés, à l’aspiration à contribuer au progrès de leur peuple, à la confiance dans les vertus universelles du dialogue et du compromis. »

Se référant quasi exclusivement au discours officiel palestinien, les manuels gomment tout point de vue israélien et laissent accroire un état de guerre perpétuel en ignorant les négociations de paix et autres efforts en vue d’un règlement pacifique de la crise. Les enfants sont tenus dans une ignorance totale des tenants ; « tout est mis en œuvre, selon M. Manor, pour enflammer les esprits et dénigrer systématiquement les juifs et les Israéliens. »

L’on connaît le résultat de cet idéal : la presse internationale relève périodiquement le cas de ces tueurs en herbe qui, à l’âge de douze ans, moins encore parfois, sont arrêtés avec de lourdes ceintures d’explosifs, prêts à s’immoler eux-mêmes dans le carnage qu’ils s’apprêtaient à commettre contre quelques menues piécettes.

Or, M. Manor rappelle que sans l’aide de la communauté internationale, ces manuels palestiniens n’auraient pas vu le jour : 3,5 milliards de dollars leur ont été alloués par les Etats-Unis et l’Union européenne entre 1994 et 2002. Rendue attentive à leur contenu, l’UE aurait tardé toutefois, selon M. Manor, à prendre les mesures correctives nécessaires, et il aura fallu la protestation de quelques députés européens ( voir ci-contre ) pour inciter la Commission à prendre la mesure de cette problématique. Une léthargie que le vice-président du CIMP fustige en des termes très virulents, n’hésitant pas à évoquer une « dégénérescence des valeurs européennes » au vu de l’inertie dont l’Union aurait fait preuve en la matière ( voir notre commentaire ci-dessous ).


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