M. Michel Barnier, ministre des Affaires étrangères, présente aux sénateurs les priorités de son action et évoque les principaux sujets de l’actualité internationale (extraits...)

lundi 10 mai 2004

Réunie sous la présidence de M. André Dulait, président, la commission a procédé à l’audition de M. Michel Barnier, ministre des affaires étrangères, sur la situation internationale.


M. Michel Barnier a tout d’abord rappelé que la politique étrangère française, inspirée par le Président de la République, s’inscrirait dans la continuité, autour de trois axes majeurs :

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Au Proche-Orient, il importe de conforter la « feuille de route », acceptée par les protagonistes et qui a fait l’objet d’un accord unanime des partenaires du quartet. C’est le message que Javier Solana délivre en ce moment même, au nom de l’Union européenne à la réunion ministérielle du quartet. Mais ce « quartet » ne doit pas être un « solo ». Il convient de ne remettre en cause ni la méthode ni le chemin ni l’objectif, prévus par cette feuille de route, à savoir deux Etats vivant côte à côte, Israël, dont la sécurité doit être impérativement garantie, et un Etat palestinien viable.

Un débat a suivi l’exposé du ministre des affaires étrangères.

Evoquant la situation en Irak, M. Xavier de Villepin a souhaité obtenir des précisions sur les négociations menées par les forces américaines avec des anciens membres de l’armée irakienne à Fallouja et sur la volonté de la coalition d’affronter le chef chiite Moqtada Al Sadr à Najaf. Il a souhaité savoir quel pouvait être le rôle de l’Iran dans le processus.

M. Jean François-Poncet a relevé l’attachement du Quartet, et en particulier de
la France, à la feuille de route dont il a cependant constaté, pour le déplorer, qu’il n’en restait aujourd’hui presque rien. Il a estimé que la politique conduite par Israël tourne le dos à la feuille de route, que ce soit par la poursuite de la colonisation ou de l’édification de la clôture de sécurité, dont le tracé morcelle le territoire palestinien et entrave la création d’un futur Etat. Il a déploré que le Président Bush ait publiquement cautionné cette politique, et s’est déclaré d’un grand pessimisme pour l’avenir, alors que la majorité du Likoud vient de rejeter une évacuation, pourtant à l’évidence positive pour Israël, de la bande de Gaza et que certaines colonies de Cisjordanie constituent désormais de véritables villes.

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Mme Danielle Bidard-Reydet a regretté que l’action de l’Union européenne au sein du Quartet soit si faiblement efficace sur la situation au Proche-Orient, faute de capacité concrète à se faire respecter. Elle s’est interrogée sur la meilleure manière de convaincre les Etats-Unis de réintégrer pleinement le Quartet au lieu de faire cavalier seul. Elle a déploré que la construction du mur conduise, si elle était menée à terme, à une annexion de fait de 40 % de la Cisjordanie par Israël, et s’est interrogée sur les possibilité pour l’Union européenne de s’opposer à cette situation de fait. Elle a souhaité que la même Union européenne se mobilise activement pour favoriser la tenue d’élections palestiniennes qui permettraient de faire émerger de nouveaux responsables.

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