Les morts et les vivants

Par Alain Rajchman

lundi 10 mai 2004

Tant pis pour les nostalgiques des croix de feu, mais les juifs ont aussi payé de leur vie la défense de la nation au cours de la terrible guerre 14-18. Pourtant, c’est leur mémoire que l’on vient de bafouer à Verdun !


Entre les nostalgiques d’Hitler qui rêvent encore de pouvoir terminer une tâche inachevée et les nostalgiques d’un Ben Laden qui rêvent d’écraser les juifs et les croisés, il ne devient plus très recommandable de s’affirmer juif en France.

On le savait pour les vivants, comme le montre la progression au cours du dernier semestre des actes à l’encontre d’élèves, de rabbins ou d’institutions pour la seule raison qu’ils sont juifs. Avec les profanations des cimetières qui se multiplient et celle du monument à la mémoire des combattants juifs de la Première Guerre mondiale, il n’est même plus bon d’être mort juif en France.

La communauté juive bénéficie d’un soutien inconditionnel des autorités du pays à l’encontre de toute manifestation antisémite contre les morts et les vivants. Il n’y a pas d’antisémitisme d’Etat en France. C’est important et c’est aussi le seul rempart à la montée insistante de toutes les formes traditionnelles, ou dites nouvelles, de l’antisémitisme.

Pourtant, la situation des juifs de France, morts ou vivants, devient inquiétante. Pour ranimer la flamme de la mémoire des soldats juifs tombés au combat et ranimer la flamme de notre combat quotidien contre l’antisémitisme (d’où qu’il vienne) qui touche nos vivants, retrouvons-nous lundi 10 mai 2004 à 18h30 Place de l’Etoile devant le tombeau du soldat inconnu.


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