Un chroniqueur saoudien : Obama, président de l’« Effondrement Uni de l’Amérique » ?

MEMRI Middle East Media Research Institute

samedi 5 décembre 2009, par Desinfos

Dans un article d’opinion paru le 16 novembre dans le quotidien saoudien Al-Sharq Al-Awsat, basé à Londres, Hamad Al-Majed, fondateur de l’Association saoudienne des droits humains et professeur de pédagogie, déplore l’effondrement militaire, politique et économique des Etats-Unis. Il souligne que les échecs américains affectent de nombreux pays, et que les Etats qui luttent contre le terrorisme doivent être particulièrement préoccupés.


Al-Majed écrit que Barack Obama est certes le premier président noir des Etats-Unis d’Amérique, mais qu’il sera peut-être aussi le président de l’ « Effondrement Uni de l’Amérique ». Extraits :

"L’annonce, dans une enquête de l’armée américaine, de l’état désastreux de ses troupes sur le front afghan, ne me surprend pas. Le contraire aurait été surprenant. Le plus dur pour n’importe quelle armée au monde est de convaincre ses soldats et ses commandants de brigade des bienfaits de la guerre.

Cette enquête indique clairement que ces troupes ne sont pas suffisamment convaincues du [bien fondé] de la guerre. Cela explique pourquoi le moral des talibans est meilleur, et pourquoi ils se battent mieux que l’alliance dirigée par els Etats-Unis. Le nombre de combattants bénévoles dans les rangs des talibans a doublé ... tout comme le nombre de leurs attaques ...

Tandis que le moral des troupes américaines [en Afghanistan] chute, celui des troupes américaines en Irak remonte – non parce que leur situation militaire est meilleure, mais parce que le gouvernement américain les a informées du début d’un retrait progressif.

Un autre symptôme de l’effondrement politique des Etats-Unis, [également lié] à notre région en feu, est l’annonce faite par le président de [l’Autorité palestinienne] Mahmoud Abbas, allié des Etats-Unis, qu’il n’avait pas l’intention de se présenter aux élections présidentielles de l’Autorité palestinienne. Que [sa déclaration] soit sincère ou qu’il s’agisse [d’une simple] manœuvre acrobatique ... elle respire la remontrance et l’irritation face de son allié, les Etats-Unis – et même la colère. En vérité, Abou Mazen ne devrait pas être condamné, car il voit son âpre rival, le Hamas, jouir de pouvoir et d’une grande popularité, même en Ci sjordanie ...

Abou Mazen comptait sur son amitié avec les États-Unis quand il a [essayé de] convaincre les dirigeants de faire pression sur Israël pour au moins geler les colonies sionistes dans les territoires palestiniens occupés. Mais les Etats-Unis n’ont pas tenu compte d’Abou Mazen et de l’embarras où il se retrouvait face à la poursuite de la colonisation par le gouvernement israélien. Cette situation a avantagé deux parties rivales, Israël et le Hamas : Is raël [pouvait poursuivre] le pillage, et le Hamas a gagné en popularité avec le slogan : ’Nous vous l’avions bien dit !’

Il y a eu un autre effondrement en Somalie ... Le président somalien, que les États-Unis considèrent comme [politiquement] désirable, a promis qu’il allait reprendre le contrôle de la capitale, Mogadiscio, [actuellement] aux mains des mouvements islamistes armés. C’est une nouvelle digne d’attention, vu qu’il s’agit d&ac ute ;une situation où c’est l’homme qui mord le chien. Il est normal de considérer la fin des attaques menées par ces groupes comme un succès. Mais que la tentative d’un président de reprendre le contrôle de sa capitale soit considérée comme un exploit ? C’est là la mère de tous les effondrements.

Sur le plan économique, plusieurs banques américaines se sont récemment effondrées et ont déclaré faillite. Ces banques rejoignent le lot des autres banques américaines fort respectables qui ont fait faillite au commencement du mandat d’Obama. En outre, le taux de chômage [est un indice] d’effondrement – à tel point que [la situation fait penser] à une voiture sans freins descendant [une pente].

Si les États-Unis éternuent, c’est le monde entier qui s’enrhume. Son effondrement politique avec sa guerre contre le terrorisme, conjuguée à son effondrement économique, ont plongé le monde entier dans un bourbier politique et économique. Nul ne sait comment notre star se sortira de ce tourbillon.

Les échecs des États-Unis en Afghanistan, en Irak et en Somalie auront un impact sur les pays qui luttent contre le terrorisme et l’extrémisme. Ces pays doivent se préparer à l’étape consécutive aux effondrements et aux retraites - car il n’y a pas de victoire américaine/occidentale à l’horizon de la lutte contre [l’extrémisme et le terrorisme].

Obama s’est battu bec et ongles pour être le premier président noir des Etats-Unis, et il a réussi. Mais il risque, à l’avenir, d’acquérir en outre le titre de ’président de l’effondrement uni de l’Amérique."


Desinfos

La revue des infos

Mots-clés

Accueil