Il y a des réalités qui blessent…

Par Alain Rajchman

vendredi 30 avril 2004

Nicolas Sarkozy n’a pas dit que le gouvernement Jospin était antisémite. Il a simplement dit qu’il était arrivé à faire croire que la France devenait un pays antisémite. Au-delà d’une querelle politicienne sans grand intérêt, quelle réalité y-a-t il derrière les propos de Nicolas Sarkozy ?


A ne pas vouloir nommer le néo-antisémitisme qui gagnait nos banlieues, il a été plus long et difficile au gouvernement socialiste de prendre les mesures qui s’imposaient. Les intentions ne sont pas en cause, c’est certainement le retard qui a été pris à mesurer la gravité des événements. Rappelez-vous comme la labellisation des actes antisémites, tel que le feu mis à une synagogue, a été longue et pénible. Le mal n’était pas nommé. Il était donc ignoré.

En conséquence, la montée des exactions anti-juives a légitimement inquiété les communautés de France, d’Israël et des Etats-Unis. La lenteur à désigner la source du nouvel antisémitisme a pu être interprétée comme une complicité sourde alors que la politique étrangère menée par Hubert Védrine était de plus en plus hostile à Israël.

Pourtant, tout ceci ne justifie aucunement que les uns et les autres « instrumentalisent » l’antisémitisme pour en tirer quelques avantages politiciens. Aujourd’hui, la société française a besoin de tous les républicains pour affronter le nouvel antisémitisme qui la menace. Sur ce plan, le Parti Socialiste devrait plutôt s’interroger sur le sens de l’éviction d’un républicain comme François Zimeray des listes socialistes aux prochaines élections européennes…


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