Le PS met en application le « théorème Boniface »

par Alain Rajchman

lundi 26 avril 2004

L’éviction de François Zimeray des listes du PS pour le prochain scrutin européen donne raison à Pascal Boniface qui appelait déjà dans son livre à écarter celui qui risquait de donner du PS une image trop marquée en faveur d’Israël.


Sous le titre « Existe-t-il un vote musulman ? », le journal Le Monde du 20 avril s’interroge sur le sens à donner à certains résultats tirés des dernières élections régionales. Tandis que la réponse est négative quant à l’existence d’un vote musulman homogène, il apparaît que le « théorème Boniface » ait trouvé un ancrage certain dans le paysage politique français. En avril 2001, le directeur de l’IRIS écrivait dans une note interne au PS : « Je suis frappé par le nombre de jeunes beurs, Français musulmans de tout âge, qui se disent de gauche, mais qui, par référence au Proche-Orient, affirment ne pas vouloir voter Jospin à l’élection présidentielle… ». Les déclarations de Jospin à l’Université de Bir-Zeit contre le Hezbollafh terroriste auraient pesé lourd en avril 2002.

Les résultats des élections régionales confirment le poids croissant du vote musulman. Ainsi, Mouloud Aounit (le président du MRAP) qui a pris position contre la loi interdisant le port du voile et mis en avant la lutte contre l’islamophobie a recueilli 14.3% des suffrages contre 6.3% précédemment par Robert Hue en Seine Saint Denis. Mouloud Aounit a obtenu 32% des suffrages à Stains, 29% à Bobigny et 21% à La Courneuve. L’article du Monde souligne qu’il est cependant encore difficile de faire la part entre vote musulman et dynamique favorable à la gauche. Dès lors, on comprend que pour qu’aucun doute ne subsiste, le PS ait été séduit par le « théorème Boniface » : plus d’obstacles pour conquérir le vote à gauche des musulmans et surtout pas au sujet du Proche-Orient.

Clairement, François Zimeray, même en ne dénonçant que la haine anti-juive des manuels scolaires palestiniens, figurait parmi ces obstacles à écarter. La direction du PS, et Laurent Fabius en tête, ont voulu une éviction très « lisible ». Il n’était pas question de laisser François Zimeray même en position inéligible sur la liste, il fallait le sortir complètement pour livrer un message sans ambiguïté.


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