La faute au thermomètre ou à la maladie ?

par Alain Rajchman

mercredi 21 avril 2004

Le reportage d’Eli Chouraqui diffusé par Envoyé Spécial a provoqué un tollé généralisé. Il est surprenant que plutôt de s’inquiéter de la maladie, les responsables politiques et les médias s’en prennent au thermomètre.


J’ai pu relever sur un forum internet un témoignage éloquent sur la perception d’un jeune de ce reportage. A aucun moment les faits ne lui semblent exagérés. Bien au contraire, le reportage apporte des confirmations de ce qui est visiblement connu. Il y a dans ce témoignage une condamnation claire d’une violence anti-juive que l’on sent présente. Sa publication est une réponse à tous ceux qui veulent nier certaines réalités qu’Eli Chouraqui voulait nous faire partager. Je vous laisse juge :

« Les petits des cités règlent leur compte sans vigiles, non, mais à trois ou quatre contre un. Taper à coup de casque sur une fille, quel acte d’héroïsme, et comme ça doit aider les frères palestiniens !

A noter que les juifs qui témoignent le font à visage découvert, et que les « ces gens » ont eu leur doux minois pudiquement brouillés, pour cracher leur venin antijuif.

L’un d’entre eux (voilé bien sûr) explique qu’il venait cogner sur les feujs, quand il était jeune ; plutôt un bon souvenir pour lui, et sans l’ombre d’un regret. Il nous raconte, rigolard, que maintenant c’est son petit frère qui continue !

Autre témoignage édifiant, ces filles beurs qui racontent une « bagarre » où les « ces gens » sont venus avec des bâtons, et bien plus nombreux que les juifs. Quand les flics sont arrivés, les juifs étaient pleins de sang(sic) et les autres n’avaient rien ! Insoutenable racisme islamophobe, les flics ont seulement arrêté les « ces gens », et ont laissé repartir les juifs, alors qu’il y avait eu bagarre. D’accord, les juifs étaient pleins de sang, mais quand même, c’est pas juste !

Cerise sur le gâteau, l’imam qui explique que les religieux n’ont aucune influence sur ces jeunes, qui leur échappent. Sinon, vous pensez bien qu’ils leur diraient que c’est mal de taper sur des juifs. On se demande alors où ils vont se faire endoctriner, les « ces gens » tabasseurs ? Peut-être chez Le Pen ? »

En s’attaquant au thermomètre, on menace toutes les initiatives permettant de faire remonter l’information sur ce qui se passe et se dit dans les cités ou à la sortie des écoles. Une équipe d’étudiants qui travaille sur le même thème qu’Eli Chouraqui voit ainsi les portes se fermer. Ils voulaient eux aussi prendre la température du nouvel antisémitisme. Une manière de leur faire comprendre que cette maladie « honteuse » là n’intéresse vraiment personne !


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