Banalisation de la Légion d’Honneur et déshonneur pour la Presse

Freddy Eytan | Le Cape

jeudi 16 juillet 2009, par Desinfos

Travailler pour l’honneur, c’est travailler de façon désintéressée. Les soldats tombent au champ d’honneur et à tout seigneur, tout honneur. La Légion d’Honneur instituée par Napoléon Bonaparte récompense les mérites rendus à la Nation.


En principe, pour pouvoir exercer librement et professionnellement sa fonction, un journaliste politique doit rester à l’écart des honneurs et des décorations officielles. Les journalistes du Canard Enchainé se sont mis toujours en règle de refuser les décorations. Gustave Flaubert disait « en obtenant la Légion d’Honneur, toujours dire qu’on ne l’a pas demandé »… Nous pouvons sourire en pensant aux nombreuses personnes qui ont déposé la demande…

Le 14 juillet 2009, les autorités françaises ont franchi un nouveau pas et ont manqué volontairement à la dignité des décorations. La banalisation de la Légion d’honneur est devenue un fait. Comment décerner à un journaliste, à un correspondant d’une chaine publique la Légion d’Honneur dans une affaire qui a versé tant d’encre et de sang ?

Pourquoi anticiper la justice française puisque elle même n’a pas tranché catégoriquement sur la véracité d’un reportage ?

Pourquoi ne pas être à l’écoute d’une grande partie de la communauté juive et de ses leaders qui pensent toujours qu’il s’agit de manipulation et désinformation ?

Pourquoi les autorités françaises ne montrent pas de sensibilité envers une partie de ses propres citoyens et ne font pas toute la lumière sur ce reportage controversé ?

Seule une enquête officielle équitable et approfondie devrait précéder à la décoration méritée ! Hélas, la vérité du conflit Israélo-palestinien est tronquée depuis toujours dans le but précis de délégitimer l’Etat juif, présenté comme l’incarnation du Mal. Une distinction, un prix honorable pour récompenser un journaliste pour ses reportages partiels dans un conflit encourage à poursuivre ce chemin tortueux et à diffuser des articles basés sur une seule version des faits et sur des reportages de propagande.

La manière dont certains médias traitent la situation sur le terrain va à l’encontre de toute éthique et toute déontologie. Elle bafoue l’honneur du métier de journaliste. Rappelons que la vérité ne réside que dans le pluralisme des opinions et des idées, et dans un conflit aussi sensible, aussi chargé d’émotion et de haine comme l’est le conflit arabo-israélien, la responsabilité du correspondant est lourde de conséquences. Désormais, la décoration remise à une certaine presse a perdu de sens et de légitimité morale, elle est cynique et imbibée de vanité personnelle et idéologique.


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