Le politicien libanais Ahmad Al-Assad : L´Iran se sert du Liban pour exercer des pressions sur la communauté internationale

vendredi 12 juin 2009, par Desinfos

Voir en ligne : Voir les extraits vidéo sous-titrés en anglais sur MEMRI TV

Ci-dessous des extraits de deux ´interviews d´Ahmad Al-Assad, politicien libanais chiite, diffusés sur Future News et sur Al-Arabiya le 1er juin 2009


« Aujourd´hui, chez les chiites, si vous ne suivez pas la voie tracée par les frères du Hezbollah, non seulement vous qualifient-ils de »traître« et de »collabo« , mais encore d´apostat »

Ahmad Al-Assad : Nous nous souvenons tous de comment, à l´époque de l´URSS, les Russes votaient à 99%, contre leur gré, pour le parti communiste soviétique. Dès qu´ils eurent l´occasion d´exprimer leur opinion, seuls 10 à 12% votèrent pour le parti communiste. La situation est identique ici. Aujourd´hui, chez les chiites, si vous ne suivez pas la voie tracée par les frères du Hezbollah, non seulement vous qualifient-ils de « traître » et de « collabo », mais encore d´apostat, de non musulman, de non chiite. Il faut être très déterminé pour continuer à exprimer son opinion dans de telles conditions.

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« Aujourd´hui, nous partageons des intérêts avec la communauté internationale », qui veut un Etat libanais pour contrer l´Iran

Aujourd´hui, nous partageons des intérêts avec la communauté internationale. La communauté internationale envisage sérieusement l´établissement d´un Etat libanais, parce qu´elle y a intérêt. Quand il y aura un Etat libanais, le programme iranien au Liban se trouvera affaibli. Il est dans notre intérêt de profiter au mieux de ces intérêts communs. Nous devrions le faire ouvertement, parce qu´autrement nous n´obtiendrons pas ce que nous voulons.

Interviewer : Les relations avec Washington entrent-elles dans ce cadre ?

« Aujourd´hui, une nouvelle guerre froide oppose le régime iranien et la communauté internationale dans son ensemble. »

Ahmad Al-Assad : Bien entendu, bien entendu. [Avec] la communauté internationale dans son ensemble. Nous assistons aujourd´hui à une nouvelle guerre froide. Dans les années 1970, 1980, et même dans les années 1960, une guerre froide opposait la société occidentale et la société communiste. Il y avait un camp occidental et un camp communiste. Aujourd´hui, une nouvelle guerre froide oppose le régime iranien et la communauté internationale dans son ensemble. En tant que Libanais, nous devons décider quel type de société nous voulons pour le Liban. Voulons-nous une société civilisée, développant les sciences, la connaissances, une économie digne de ce nom, la liberté et la diversité ou une société fermée, sans économie et opportunités de travail - [n´ayant] rien [à proposer] que l´oppression ? Est-ce là le type de société que nous voulons ? Quelle doit être la limite de nos relations avec les Américains ? Nous voulons un Liban ouvert - comme autrefois - et pour cela nous devons investir dans nos intérêts communs avec l´Occident autant que possible.

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Sur Al-Arabiya

Ahmad Al-Assad : L´Iran se sert du Liban pour exercer des pressions sur la communauté internationale

Les [fermes de Chebaa] ne sont qu´un prétexte pour gagner du temps. Après Chebaa, ce sera les collines de Kafr Shuba, puis Jérusalem, et pour finir, nous serons comme le régime taliban en Afghanistan. C´est une histoire sans fin, parce qu´il est dans l´intérêt iranien de poursuivre ce processus au Liban. A travers les organisations de la région, les Iraniens continuent d´exercer des pressions sur la communauté internationale.

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Je suis opposé à l´existence d´organisations palestiniennes militarisées. Il est évident que les Palestiniens au Liban ne devraient pas porter les armes - ni dans les camps de réfugiés, ni en-dehors. Dans tous les pays arabes, il existe des camps de réfugiés pour nos frères palestiniens, mais il n´y a pas d´armes dans ces camps. En outre, il est devenu clair que ces armes palestiniennes ne servent pas aux opérations contre l´armée israélienne, mais sont utilisées exclusivement à l´intérieur [du pays]. C´est une histoire sans fin, parce qu´il est dans l´intérêt de l´Iran de maintenir ce processus au Liban. A travers les organisations de la région, les Iraniens continuent d´exercer des pressions sur la communauté internationale.

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Interviewer : Vous êtes contre la notion de règne de la jurisprudence, n´est-ce pas ?

Ahmad Al-Assad : C´est une notion qui se contredit elle-même.

Interviewer : Etes-vous contre une République islamique au Liban ?

Ahmad Al-Assad : Bien sûr. Comme je l´ai dit, seul l´Imam Al-Mahdi est habilité [à instaurer] le règne de la jurisprudence.


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