DURBAN II. Israël : un « détail » ; l’ONU : le problčme

Par Gabriel Levy | Blog de La Droite Libre

mercredi 29 avril 2009, par Desinfos

Durban II est le surnom donné ŕ la conférence internationale contre le racisme, organisée ŕ Genčve par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU. Ce conseil a été créé par l’assemblée générale de l’ONU, le 15 mars 2006, avec le but principal d’aborder des situations de violations de droits de l’homme et d’émettre des recommandations ŕ leur encontre « dans chacun des 192 Etats membres de l’ONU » (1). Vaste programme pour les trois quarts des pays que compte l’organisation !


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Les dirigeants de la planète, et les mĂ©dias, se sont focalisĂ©s pendant des mois sur le sionisme. Ce qui pouvait constituer un « dĂ©tail » d’une investigation, voire d’un dĂ©bat, devenait le but unique de cette confĂ©rence, occultant toute autre analyse.

Notre ministre des affaires Ă©trangères, ainsi que la secrĂ©taire d’état au droits de l’homme, ont estimĂ© que la confĂ©rence de Genève Ă©tait « le dĂ©but d’un succès » pour " un texte oĂą figure tout (sic) ce que nous souhaitions ».

La suffisance tient lieu de conviction.

Ainsi, M. Kouchner reconnaĂ®t-il au sujet des discriminations et des emprisonnements des homosexuels : « Ă§a on n’a pas pu, on le fera la prochaine fois" (2). De mĂŞme, ont Ă©tĂ© abandonnĂ©s les droits de la femme (excisions, polygamie, hĂ©ritage..), ceux des minoritĂ©s ethniques et religieuses, ( chrĂ©tiens, coptes…), la libertĂ© de pensĂ©e, de croire, de s’exprimer, de se convertir Ă  une autre religion. Consensus oblige, paraĂ®t-il.

Or, c’est « l’universalitĂ© des droits de l’homme », inscrite dans le prĂ©ambule de la charte de l’ONU (3), qu’il fallait dĂ©fendre avec ardeur. Mais, pour quelques uns de nos concitoyens (4) - pour M. Chirac aussi, qui « se refuse Ă  juger les rĂ©gimes politiques Ă  l’aune de nos traditions, au nom de je ne sais quel ethnocentrisme » (5) -, nous ne dĂ©tenons pas le monopole de la civilisation et nous ne devons pas tenter d’imposer notre modèle au monde. Le raisonnement est absurde, car « si tout se vaut, le cannibalisme n’est qu’une question de goĂ»t culinaire  » (LĂ©o Strauss)

Assurément, le problème c’est l’ONU.

Que pouvait attendre la trentaine de pays qui ont refusĂ© de participer Ă  la mascarade, ou qui ont (provisoirement) quittĂ© la salle, d’une commission des droits de l’homme dont la prĂ©sidence est assurĂ©e par la Libye, dont les postes de vice-prĂ©sidents sont tenus par l’Iran, le Pakistan, Cuba, dont le mandat du Soudan a Ă©tĂ© rĂ©cemment renouvelĂ© ?

Cette institution est dĂ©finitivement condamnĂ©e Ă  l’impuissance. Elle ne peut rien prĂ©venir : huit ans de palabres ont permis Ă  l’Iran d’accĂ©der Ă  l’arme nuclĂ©aire, de menacer ses voisins, et Ă  la CorĂ©e du Nord de mettre en danger les lointains Etats-Unis.

Elle ne peut rien faire cesser : les victimes civiles de conflits ne se comptent plus. Elle excelle dans la logorrhĂ©e, mais elle est incapable de donner une dĂ©finition du terrorisme (6).

Elle est condamnĂ©e Ă  la partialitĂ©, car la règle d’un Ă©tat, une voix, aboutit au fait que Monaco a autant de poids que l’Inde ; car la Chine et la Russie, qui ne sont pas des exemples de dĂ©mocratie, disposent d’un droit de veto ; car 57 pays se sont regroupĂ©s sur la base de principes religieux (l’Organisation de la ConfĂ©rence Islamique), et votent en bloc la plupart des rĂ©solutions hostiles aux occidentaux, mais restent muets lorsqu’un pays africain est en cause (Darfour, Soudan, Zimbabwe).

Elle est nuisible, car elle offre une tribune à la haine. L’on y éructe des insultes, et l’on s’y présente le pistolet à la ceinture.

Elle est coûteuse, car elle est livrée, de façon consubstantielle, à la gabegie (10.000 fonctionnaires, des réunions aussi fréquentes qu’inutiles), aux dérives financières, aux multiples détournements.

Tout cela est connu, tout cela est admis, mais il faut le rĂ©pĂ©ter. Caton, espĂ©rant protĂ©ger Rome, ponctuait chacun de ses discours d’une phrase : « il faut dĂ©truire Carthage ». Si nous voulons protĂ©ger notre civilisation : « il faut quitter l’ONU ».


1- Site ONU, www2.ohchr.org/french/bodies/hrcouncil/
2- In « L’ONU renonce Ă  l’universalitĂ© des droits de l’homme ». Guylain Chevrier. Riposte laĂŻque. www.ripostelaique.com/Durban-2-l-On.... 24 avril 2009.
3- « A proclamer Ă  nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignitĂ© et la valeur de la personne humaine, dans l’égalitĂ© de droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations, grandes et petites ». PrĂ©ambule de la Charte des Nations Unies, 2° alinĂ©a.
4- « Le « tout se vaut » et l’anti-occidentalisme primaire prĂ©parent la possible victoire de la charia ». Riposte laĂŻque. L’édito de Cyrano.27 avril 2009
5- In « Chirac d’arabie ; Les mirages d’une politique française » Eric Aeschlmann et Christophe Boltanski. Grasset 2006. page 298.
6- « Plus de 150 chefs d’Etat et de gouvernement se retrouvent ce matin Ă  New York pour un sommet mondial de trois jours marquant le soixantième anniversaire de la crĂ©ation des Nations unies. Sur le terrorisme, le document est vide de toute dĂ©finition ». Alain Barluet. Le Monde. 14 septembre 2005


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