Al-Gama´a Al-Islamiyya : Les Accords de Camp David sont valides selon la Charia

MEMRI Middle East Media Research Institute

lundi 27 avril 2009, par Desinfos

Trente ans aprčs la signature des Accords de Camp David par Israël et l´Egypte, un haut responsable d´Al-Gamar Al-Islamiyya (organisation égyptienne fondée dans les années 1970 en opposition aux Frčres musulmans, jugés trop libéraux sur le plan religieux, qui a perpétré plusieurs attentats dans les années 1970 et 1980, avant de renoncer ŕ la violence au début du sičcle, prônant la coexistence avec le gouvernement en place) affirme que ces Accords ont été sanctionnés par la Charia et ont servi les intéręts égyptiens. Le caractčre exceptionnel de cette déclaration vient du fait que pendant des années, l´organisation s´est violemment opposée ŕ la reconnaissance de l´Etat d´Israël et ŕ l´instauration de relations pacifiques avec lui.


En révisant intégralement leurs positions, les leaders d´Al-Gama´a Al-Islamiyya, emprisonnés en Egypte, se sont engagés à renoncer à la violence, ont demandé pardon pour les crimes passés et ont entrepris d´ériger une nouvelle idéologie prônant la coexistence pacifique. (1)

Ci-dessous des extraits de la dĂ©claration du fondateur et mufti du mouvement, Najeh Ibrahim, mise en ligne sur le sire Islam on Line : (2)

Le mufti : les Accords de paix avec IsraĂ«l sont valides selon la Charia

Le mufti du mouvement, Najeh Ibrahim, qui purge une peine de 25 ans de prison pour avoir collaborĂ© Ă  l´assassinat du prĂ©sident Ă©gyptien Anouar Sadate, a confiĂ© Ă  Islamonline.net que le traitĂ© de paix israĂ©lo-Ă©gyptien Ă©tait valide selon la loi religieuse islamique. Se rĂ©fĂ©rant au prĂ©cĂ©dent que reprĂ©sente le traitĂ© de Hudaybiyya, (3) Ibrahim soutient que « la Charia autorise les accords et les relations pacifiques, que ce soit entre musulmans ou entre musulmans d´une part, juifs, chrĂ©tiens ou membres de tout autre groupe ethnique de l´autre, si ces relations servent les intĂ©rĂŞts des pays islamiques. » Il ajoute que les affirmations selon lesquelles la paix avec les Juifs est interdite, Ă©mises par plusieurs jeunes dirigeants du mouvement dans les annĂ©es 1970 jusqu´à ce jour, entrent en contradiction flagrante avec la Charia.

La reconnaissance de l´Etat d´IsraĂ«l : Une concession pragmatique provisoire

Ibrahim poursuit : « MalgrĂ© les nombreux dĂ©fauts des Accords de Camp David, c´était la meilleure option de l´Egypte Ă  l´époque, d´autant plus que la situation intĂ©rieure, rĂ©gionale et internationale de l´Egypte prĂ©sageaient la poursuite du conflit militaire avec IsraĂ«l. »

Il ajoute : « L´Egypte n´a pas la capacitĂ© militaire, politique ou Ă©conomique de libĂ©rer la Palestine, et ne s´y est mĂŞme pas essayĂ©e dans aucune de ses guerres (…) – dont l´objectif Ă©tait de rĂ©pondre Ă  ses propres intĂ©rĂŞts politiques, militaires et Ă©conomiques. » Ibrahim souligne toutefois que « si l´occupation israĂ©lienne de la Palestine Ă©tait illĂ©gitime au niveau religieux, elle faisait partie de la rĂ©alitĂ© ». Et de prĂ©ciser : « Faire face Ă  cette rĂ©alitĂ© en reconnaissant IsraĂ«l comme Etat [souverain] ne signifie pas lui accorder la lĂ©gitimitĂ© religieuse. »

Ibrahim justifie sa position par des considĂ©rations historiques : Pendant les croisades, deux dirigeants musulman, Salah Al-Din Al-Ayoubi, l´un des plus grands rois musulmans de l´époque, et Nour Al-Din Mahmoud, ont signĂ© des traitĂ©s de paix et des trĂŞves (hudna) avec les CroisĂ©s. Il rappelle que « nulle autoritĂ© religieuse ne s´était opposĂ©e Ă  ces accords, sauf pour dire qu´ils sanctionnaient l´occupation de terres musulmanes par les CroisĂ©s (…) Il s´agissait toutefois d´un compromis provisoire, dictĂ© par les intĂ©rĂŞts et l´équilibre des pouvoirs. »

Les adversaires des Accords de Camp David n´avaient rien de mieux à proposer

Ibrahim affirme aussi qu´aucun des pays arabes qui s´est opposĂ© Ă  Camp David, notamment l´Irak ou la Syrie, « n´a proposĂ© de meilleure alternative politique ou militaire, et aucun d´eux n´a rien accompli d´aussi remarquable que Camp David, avec tous ses dĂ©fauts. »


[1] Voir MEMRI Inquiry & Analysis No. 309, « The Al-Gama´a Al-Islamiyya Cessation of Violence : An Ideological Reversal, » de Y. Carmon, Y. Feldner et D. Lav, 22 dĂ©cembre 2006 : http://memri.org/bin/articles.cgi?P....

[2] www.islamonline.net, 27 mars 2009. Ibrahim a fait des déclarations similaires pour le site de Gama´a Al-Islamiyya, www.egyig.com, soulignant qu´il exprimait son avis personnel et non la position officielle du mouvement.

[3] La trêve de Hudaybiyya, signée en 628 entre le prophète Mahomet et ses adversaires de la Mecque, la tribu polythéiste quraychite, portait s ur une durée de dix ans. Elle a été signée par le Prophète quand ce dernier s´est aperçu que ses forces étaient inférieures à celles de ses adversaires. Deux ans après la signature de l´accord, Mahomet captura la Mecque.


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