Contre-terrorisme : un acte citoyen - Première partie

Montsegur

samedi 27 mars 2004

Réagissant avec la promptitude qu’on lui connaît à l’acte de guerre perpétré sur son sol le 11 mars dernier, le Conseil de l’Europe dans sa déclaration adoptée le 25 mars presse les Etats membres de « prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre pleinement en œuvre les diverses décisions déjà adoptées » telles que le mandat d’arrêt européen, que cinq états n’ont pas encore transposé, la constitution d’équipes communes d ’enquêteurs ou le contrôle des flux financiers.


Pour autant, en tant que citoyens européens, devons-nous attendre des gouvernements en place toute la solution en matière de lutte contre le terrorisme, alors que ceux-ci ont fait la preuve, au lendemain du 11 septembre 2001, des graves carences sur le plan de la nécessaire et indispensable coopération policière et du déficit patent en matière de renseignement ? S’agira-t-il, là encore, d’un effet d’annonce non suivi des actes que nous serions en droit d’attendre des pouvoirs qui ont la charge et le responsabilité de veiller à la sécurité des biens et des personnes ?

Au-delà du problème d’harmonisation des méthodes, de fédération des énergies unies dans un but commun et unique, l’éradication du terrorisme international, la question du politique ne devrait-elle pas se poser, en terme de choix et de courage, et cette question ci, du choix et du courage politique n’est elle pas essentielle afin de faire échec au nihilisme nouveau genre, dernier avatar de la pensée totalitaire, en l’espèce islamiste ?

Il est légitime de se poser la question au regard des positions dernières du gouvernement français relatives à l’élimination physique par Israël d’un des plus sanguinaires terroristes de notre temps : sheikh Yassine, responsable et commanditaire de la mort de centaines de civils, comptables d’autant de blessés et de mutilés à vie, dont nous ne verrons sans doute avant longtemps les visages, et encore moins, pour celles et ceux qui ont réchappé de la mort, le parcours de rééducation à l’existence, telle que l’on put le visionner, au cours de l’émission « envoyé spécial » de France 2, à propos du petit Ali, victime civile de la guerre en Irak . Comprenons-nous bien, ce type de reportage ne me choque pas en lui-même, et je souhaite à ce jeune garçon tout le bonheur et la paix que le monde pourra lui offrir.

Mais je parle d’équité de traitement, au travers de cette étrange lucarne médiatique qui a pris toute l’importance que nous pouvons mesurer à l’aune des incidences sur notre sol même, ou, de par l’inéquité de traitement, et à cause d’un traitement de l’image et du discours unilatéral, Israel et son double européen, le Juif, ont été diabolisés, et, sinon mis au ban de l’humanité, elle-même comme chacun sait composée d’Etats respectueux des droits de l’homme et de citoyens épris de paix, surtout dans les pays arabos-musulmans, tout au moins relégués dans le no man’s land des lâchetés occidentales, celles-ci s’acquittant à bon prix de la veulerie et de le renonciation à son destin historique, du poids de son péché originel, et de sa politique étrangère, hier et aujourd’hui, assise en partie sur des pratiques pour le moins sujettes à caution ...À ce que je sache, la guerre de l’ombre ne s’établit pas dans le respect des droits de l’homme.

Ainsi, dans la condamnation et l’exécution de Yassine, le seul tort d’Israël ne serait-il pas de montrer ce qui, ailleurs, serait caché pudiquement d’un voile d’hypocrisie ?

Mais reprenons le fil, Yassine a payé ses crimes ? L’Union Européenne , la France , comdamnent cette exécution « extra-judiciaire » . Ce faisant, ces organes ne courrent-ils pas le risque de conférer une certaine légitimité aux organisations du crime qui, dans un prochain jour, pourraient ensanglanter de nouveau Israël et l’Europe ? Yassine était un assassin de la pire espèce, un serial killer mâtiné de millénarisme halluciné, un idéologue du néant. Que celui-ci l’ait à son tour englouti n’est pas une surprise, mais un juste retour des choses, et le machiavélisme persistant de certains à vouloir en faire un martyr pourrait bien demain se retourner contre eux .

L’Histoire, on le sait, n’est pas tendre envers les traîtres.

Dans le même registre, que l’organe représentatif des musulmans de France, le CFCM, se soit, contre toute sagesse, mais de manière tout à fait prévisible, fendu d’un communiqué condamnant « ce lâche assassinat » est la preuve, s’il en était encore besoin, que cet organe représentatif est bel et bien dévoyé de sa mission première, instrumentalisé à des fins politiques extérieures à la France, et détaché des fondements et des principes républicains de par sa propre errance .

Le courage politique, s’il existait en cette maison de France, serait d’ores et déjà de dissoudre cet organe, afin de le remplacer par un second plus conforme et véritablement respectueux des us et coutumes républicains. Le préalable posé, cette fois-ci, devrait l’être par le gouvernement en place. Je fais ici référence au postulat posé, en son temps, par certaines composantes du CFCM , n’acceptant d’intégrer cet organe qu’en échange de la non reconnaissance de l’apostasie , demeurant un crime, et en son temps , accepté comme tel par l’Etat souscrivant à cette exigence .

Et que l’on ne vienne pas nous parler ici de la nécessaire intégration de l’Islam en France - idée que l’on pourrait traduire au demeurant par l’intégration de la France dans l’Islam - dans les conditions telles que nous les vivons aujourd’hui.

A trop inverser l’énoncé d’une question, nous en viendrions à renoncer à affirmer notre identité particulière, fondée, que les bons esprits de la bien pensance islamo gauchiste égarés ici se rassurent, non sur les fausses valeurs de la race, mais sur les valeurs universalistes des résistants de toujours à l’ordre noir. Cela vous surprendra-t-il ? Beaucoup d’entre eux étaient juifs ....


Seconde partie : Renouer avec l’esprit de l’insurrection du Ghetto de Varsovie .


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