Combattre le terrorisme ?

mardi 23 mars 2004

L’élimination ciblée du cheikh Ahmed Yassin, le 22 mars 2004, n’est pas un acte de vengeance ni de représailles. C’est un acte qui s’inscrit dans la guerre qu’Israël livre au terrorisme. Pourtant, il a été presque unanimement condamné par la communauté internationale au nom du droit international. Israël aurait donc commis un acte illégal et pour cela condamnable. 


Cette condamnation implique que la communauté internationale se met, pour juger cet acte, sur le plan du droit pénal et non du droit de la guerre et que cette même communauté estime que le terrorisme en général et celui perpétré par le Hamas en particulier est un crime de droit commun et non un acte de guerre. Le Cheikh Yassin était le fondateur et le leader du Hamas dont le but avoué est la destruction de l’Etat d’Israël et l’élimination de tous ses habitants. Depuis septembre 2000, il a personnellement commandité et approuvé 425 attentats commis par le Hamas dans lesquels 377 personnes ont été tuées et 2076 blessées.

Si on se place sur le plan du droit de la guerre, l’élimination du Cheikh Yassin, chef d’une organisation terroriste dûment répertoriée, en tous cas par les Etats-Unis et par l’Union européenne, est un acte non répréhensible. En effet, le droit de la guerre moderne admet l’élimination de commandants militaires ennemis.

La Communauté européenne qui, suite aux attentats terroristes de Madrid, veut déclarer la guerre au terrorisme et tente de mettre en place une réponse adéquate à cette menace devra avant de le combattre s’attacher à le définir. Si le terrorisme relève du droit pénal, la guerre contre le terrorisme est-elle possible ? Ou faudra-t-il attendre la mort de 58.000 citoyens européens, l’équivalent des 956 victimes israéliennes à l’échelle de l’Europe des Quinze.


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