Gilad Shalit, le soldat oublié de la guerre à Gaza

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samedi 17 janvier 2009, par Desinfos

Les militaires n’en parlent pas. Il a presque disparu des discours des politiques. Avec l’offensive israélienne à Gaza, Gilad Shalit, captif quelque part dans ce territoire, est, au moins en apparence, l’oublié de la guerre. Le soldat avait été enlevé le 25 juin 2006 par des groupes armés palestiniens alors que son char était stationné en bordure de la bande de Gaza, côté israélien.


Depuis, il se trouverait dans la bande de Gaza sous contrôle du Hamas qui réclame, pour le libérer, l’élargissement de centaines de détenus palestiniens dont certains ont participé à des attaques contre des Israéliens.

Deux ans et demi durant, rares ont été les jours où les dirigeants politiques et sécuritaires d’Israël ne se sont pas exprimés sur le sort de Shalit, promettant de tout mettre en oeuvre pour le faire libérer.

Mais depuis le 27 décembre, jour du déclenchement de l’offensive israélienne contre le Hamas, le « dossier » Shalit est en apparence au placard.

« Gilad Shalit ne figure pas parmi les objectifs que nous nous sommes fixés à Gaza », a affirmé à l’AFP un porte-parole militaire.

Un autre s’est contenté d’un laconique : « Tsahal (l’armée israélienne) ne donne pas de détails sur les objectifs de ses opérations dans la bande de Gaza ».

Ni le Premier ministre Ehud Olmert ni le ministre de la Défense Ehud Barak, ne mentionnent même le nom du soldat dans leurs interventions publiques depuis le début de la guerre.

La ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni a dérogé à ce qui semble être la règle depuis trois semaines en parlant de Shalit jeudi matin au président de la Croix Rouge Internationale, Jacob Kellenberger.

« Le Hamas empêche tout accès à Gilad Shalit... Nous comptons sur votre présence pour accentuer la pression sur le Hamas afin de vous permettre de le voir », a demandé la ministre à son interlocuteur.

Une rumeur a elle aussi remis la question à flot. Mercredi, une information invérifiable s’est répandue comme une traînée de poudre dans les salles de rédaction en Israël : Shalit aurait été retrouvé à Gaza par un commando israélien avant d’être évacué vers un hôpital de Beersheva (sud).

L’armée s’empresse de démentir une quelconque avancée. Les médias en profitent pour faire état de l’existence d’une mystérieuse unité 13 de commando de marine qui opérerait dans les profondeurs de la bande de Gaza.

En revanche, les associations militant en faveur d’une libération rapide et inconditionnelle de Shalit, s’activent de plus belle.

L’une d’elles, le Comité des Amis de Gilad Shalit, a réuni mercredi soir à Tel-Aviv des centaines de jeunes Israéliens pour appeler le gouvernement à ne pas signer un accord de cessez-le-feu avec le Hamas qui ne mentionnerait pas un retour du soldat « à la maison ».

« Nous exigeons que la libération de Shalit soit incluse dans tout cessez-le-feu », explique Maya Fendler, une organisatrice qui estime qu’il y a en ce moment « une occasion unique de pouvoir ramener Gilad ».

Une requête partagée par le père du soldat, Noam Shalit : « Sur le principe, je demande à ce que le retour de mon fils soit inclus dans tout accord de cessez-le-feu ».

Et lorsqu’on lui fait part du fait que son fils n’est pas répertorié dans la liste des objectifs de l’offensive militaire à Gaza, il se contente d’un énigmatique : « Les choses ne sont pas aussi évidentes ».


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