Longue et difficile, la riposte d’Israël.

Guy Senbel - Guysen International News

samedi 10 janvier 2009, par Desinfos

Cette semaine, nous souhaiterions attirer l’attention de nos lecteurs sur l’évolution du conflit à Gaza. Deux semaines après le début de la huitième guerre d’Israël, le bilan militaire, politique et diplomatique montre que le conflit risque de durer, voire de s’étendre.


S’il fait l’objet d’une inquiétante vague de contestation dans l’opinion, largement relayée par une presse empressée d’ouvrir ses colonnes à des tribunes rarement magnanimes, aucune initiative sérieuse n’a pour l’instant réussi à convaincre les Israéliens de la nécessité de parvenir à un cessez-le-feu.

Une résolution de l’ONU obligerait les deux parties au silence des armes…

Au cours des deux dernières semaines, plus de 900 objectifs stratégiques ont été atteints par Tsahal, et des hauts responsables du Hamas, parmi les plus virulents, ont été éliminés. De son côté, le Hamas a tiré 450 missiles, dont 45 missiles de longue portée. Douze israéliens, civils et militaires, sont morts. Environ 650 Palestiniens ont été tués, les trois quarts sont des terroristes du Hamas.

Unis, les responsables politiques israéliens, de la droite religieuse à la gauche laïque, montrent une détermination sans faille ; il s’agit bien d’achever une opération destinée à faire cesser les tirs de roquettes sur Israël et d’empêcher le Hamas d’être en capacité de le faire. Autrement dit, détruire son arsenal militaire et éliminer ses leaders embourbés dans une stratégie de mort à tout prix.

Pour différentes raisons, Israël ne peut se permettre de renoncer à ces objectifs.

Il s’agit en priorité de la sécurité des habitants du Néguev occidental et de la zone côtière israélienne située au Nord de la bande de Gaza. Sdérot est sous les missiles depuis huit ans.

Une trêve de quelques mois a été rompue le jour de l’élection de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis. Et les missiles de type Grad ont touché Ashqelon, Ashdod, Beer Sheva, Guédéra. Jeudi 8 janvier, le Hamas a continué à tirer des missiles pendant la « trêve humanitaire » de trois heures, acceptée par Israël.

Face à ceux que l’on présente volontiers comme des « résistants martyrs », il s’agit aussi de montrer que les stratégies défensives de Tsahal sont d’une redoutable efficacité. L’ouverture d’un nouveau front est d’ailleurs une préoccupation majeure du gouvernement israélien ; jeudi 8 janvier, quatre Katiouchas ont été tirées depuis le Sud Liban sur le Nord d’Israël, touchant les villes de Nahariyya et Shlomi. Israël a répondu par des tirs d’artillerie.

Certains attribuent les tirs de missiles au Fatah Al-Islam, d’autres soupçonnent le FPLP-CG d’Ahmad Jibril, partisan d’une guerre d’usure contre Israël et opposé à toute négociation avec l’Etat juif. Quelles que soient les milices palestiniennes responsables, elles agissent en parfaite connivence avec le Hezbollah qui s’est déclaré irresponsable de ces tirs. A priori, Nasrallah n’a aucun intérêt à déclencher un nouveau conflit avec Israël. L’économie libanaise est moribonde. Beyrouth n’est pas encore reconstruit. Les conséquences de la Deuxième guerre du Liban font aujourd’hui de l’ombre à un mouvement soucieux de reconstituer son arsenal militaire, et moins engagé dans les missions sociales qui avaient fait sa popularité.

A quelques mois des élections du Parlement libanais, le Hezbollah cherche à mobiliser les populations Shiites. Mais l’hypothèse d’une escalade suscitée par une alliance des milices terroristes shiites et palestiniennes contre Israël n’est pas à exclure. Elle contraindrait peut-être le Liban tout entier dans une guerre destinée à rayer Israël de la carte, comme le demande l’Iran de Mahmoud Ahmadinejad.

Alors que l’hypothèse d’un nouveau front a été démontrée, certains s’interrogent déjà sur l’après-conflit, anticipant sur une issue probable, et proche. Que vont devenir les habitants de Gaza ? Le Fatah parviendra-t-il à convaincre ? Qui administrera le territoire ? L’hypothèse d’un Hamas démilitarisé est-elle viable ? Autant de questions auxquelles il n’est pas possible de répondre tant que le Hamas constituera une menace pour l’Etat d’Israël et la paix dans la région.

La difficulté pour les dirigeants israéliens sera de convaincre encore ses partenaires internationaux que l’embargo, les raids aériens et l’offensive terrestre à Gaza sont nécessaires à la sécurité d’Israël. La mort de nombreux civils palestiniens, la crise humanitaire et la violence des combats ont fait dire à un cardinal, Ministre de la Justice et de la Paix du Vatican, que « la bande de Gaza ressemble de plus en plus à un camp de concentration ». L’idée a été reprise depuis par Jean-Marie Le Pen.

La difficulté pour les soldats de Tsahal relève du fait qu’il ne s’agit pas d’une guerre contre un pays ou une armée, mais d’une guerre contre un mouvement terroriste qui ne jure que par la destruction d’Israël.
Lancé dans une guerre sainte, le Hamas cherche à se prévaloir de résister aux assauts de l’armée israélienne, pour mieux en tirer les bénéfices politiques.

Au début du conflit, Ehoud Barak, le ministre israélien de la Défense, avait prévenu. La riposte d’Israël sera longue et difficile. En deux semaines, cette opération militaire est devenue une guerre, à part entière.

Sur les ondes des radios israéliennes, d’une émouvante pudeur, les mères endeuillées des soldats tombés au champ d’honneur ne parlent que d’amour et de paix.

Ce soir, nous pensons à Guilad Shalit, otage du Hamas à Gaza depuis 930 jours.

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