Le Conseil de sécurité des Nations unies appelle à « un cessez-le-feu immédiat »

Philippe Bolopion - Le monde

vendredi 9 janvier 2009, par Desinfos

Au terme d’un marathon diplomatique, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté, jeudi 8 janvier, la résolution 1860 qui « appelle à un cessez-le-feu immédiat , durable et respecté , menant au retrait complet des forces israéliennes de Gaza ». Quatorze des quinze membres du Conseil ont soutenu le texte, qui s’adresse aussi au Hamas mais fait monter d’un cran la pression sur Israël. Les Etats-Unis se sont abstenus, mais ont affirmé « soutenir » sur le fond le texte.


La résolution, juridiquement contraignante, a été présentée comme une victoire diplomatique par les pays arabes, qui avaient dépêché de nombreux ministres à New York. « Israël doit maintenant mettre un terme à son agression contre le peuple palestinien, et pleinement retirer ses troupes de la bande de Gaza », a déclaré le ministre des affaires étrangères de l’autorité palestinienne, Riad Malki.

Le texte comporte toutefois assez d’ambiguïté pour laisser une marge de manœuvre à Israël. Il « appelle » à un cessez-le-feu sans « l’exiger ». La trêve doit être « immédiate » mais aussi « durable », ce qui, pour Israël, passe par la mise en place préalable d’un dispositif pour empêcher le Hamas de se réarmer. Contrairement à ce que voulaient les pays arabes, le texte n'appelle pas à un retrait "immédiat" des forces israéliennes . « Les Israéliens vont rester à Gaza, et tant qu’ils y seront, il n’y aura pas de vrai cessez-le-feu », prédit un haut responsable de l’ONU.

LES ISRAÉLIENS « FURIEUX » DU REVIREMENT DE CONDOLEEZZA RICE

La résolution demande par ailleurs aux Etats de « soutenir » le cessez-le-feu, « notamment en prévenant le trafic illicite des armes » destinées au Hamas, et en s’assurant de « la réouverture durable des points de passage » de la bande de Gaza. Il demande la distribution « sans entrave » de l’aide humanitaire.

Jusqu’à mercredi soir, les Etats-Unis menaçaient d’opposer un veto à toute résolution susceptible de gêner Israël. Les Israéliens ont donc été « furieux », selon un diplomate, du revirement de Condoleezza Rice. La secrétaire d’Etat américaine était même sur le point de voter en faveur de la résolution, lorsqu’une nouvelle volte-face l’a conduite à s’abstenir, au motif que le Conseil aurait dû attendre les premiers résultats de l’initiative de paix égyptienne.

Tout en jugeant la résolution « à la hauteur de la situation », le ministre des affaires étrangères Bernard Kouchner, qui assurait la présidence tournante du Conseil, a lui aussi « regretté » que, sous la pression des pays arabes, « il n’ait pas été possible de donner un peu plus de temps » à ce plan de paix qu’il considère comme le « seul chemin viable de sortie de crise ».

« Je suis soulagé et encouragé » a pour sa part déclaré le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, qui estime que le texte « doit être pleinement respecté ». « Cela va ouvrir la voie pour que les Nations unies puissent reprendre de toute urgence la livraison d’aide humanitaire », a ajouté M.Ban.


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