Decryptage : Pourquoi « Plomb Durci » ?

L’Actu Vue par JSS

jeudi 1er janvier 2009, par Desinfos

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Je l’avais promis lors du début des hostilités, voilà pourquoi cette opération à brillamment été nommée Plomb Durci. Personnellement, je trouve la raison plus amusante dans un premier temps... Et motivante dans un second temps. Mais de ce que j’ai pu voir ici ou là sur internet (surtout sur des sites anglophones), mon point de vue n’est pas partagé par tous... Ce qui peut se comprendre.


Plomb Durci se dit en hébreu « Oferet Yetsukah » ce qui signifie littéralement « un dreidel ou sevivon fait de plomb durci ». En clair, un sevivon c’est la fameuse toupie avec laquelle les enfants jouent traditionnellement lors des fêtes de Hanouka.

« Raisins de la colère » dans le sud du Liban 1996, « Jour de pénitence » dans le nord de la bande de Gaza en 2004, « Pluie d’été » puis « Nuages d’automne » également à Gaza en 2006, « Hiver chaud » en février dernier... Si les noms de codes des opérations menées par Israël ont souvent eu des accents religieux ou saisonniers, plomb durci est vraiment d’une originalité particulière.

Les autorités israéliennes ont, en réalité, choisi de faire référence à un poème traditionnel (qui est aussi une chanson pour enfant) de Hannouka. Samedi, jour du début des frappes aériennes israéliennes, était le septième des huit jours que compte cette célébration.

Ce poème, « Pour Hanoukka », a été composé par Haïm Bialik (1873 - 1934), l’un des pionniers de la poésie en langue hébraïque (presque au même titre que Ben Yehuda) et connu comme le poète national d’Israël.

Pour les curieux, ce texte est disponible en hébreux et en français sur desinfos

Mais pourquoi faire référence à un poème pour enfants et à cette fête, au-delà de la simple correspondance du calendrier ? Ce choix interpelle, quelques blogueurs et commentateurs américains qui jugent « macabre » cette « appropriation de l’histoire et de la tradition juive pour justifier l’agenda d’Israël ».

Pour d’autre, comme moi, Hanoukka ne se résume pas « aux jouets et aux cadeaux ». Les Juifs commémorent en effet la « Nouvelle Dédicace du second Temple de Jérusalem », une victoire du peuple hébreu sur Antiochus IV, roi de Syrie, après deux ans de guerre. A Hanoukka, il s’agit aussi de « célébrer la libération nationale ». Appeler cette opération militaire est donc un symbole d’espoir et de libération pour les israéliens. Ce titre a aussi le privilège d’être rassurant pour les enfants, et motivant pour les soldats qui se rendent automatiquement compte de la portée d’une pareille mission... Enfin, j’ajouterais que la chanson, tout comme la manière dont Israël mène cette guerre défensive (pour l’instant en tout cas), est tout aussi belle... Alors, pourquoi s’en priver ?


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