Étrange loi électorale

Par Albert Soued, écrivain www.chez.com/soued , pour le site www.nuitdorient.com

mardi 2 décembre 2008, par Desinfos

Les étrangetés de la loi électorale israélienne font que lorsqu’un ministre démissionne, il peut se passer plus de six mois avant que le suivant ne le remplace.


Et pendant ce laps de temps, le 1er ministre démissionnaire a tous les pouvoirs et peut en abuser. C'est ce que fait l'actuel 1er ministre. Après des discours tonitruants sur la nécessité de revenir aux frontières d'avant 1967, après avoir libéré des centaines de terroristes ayant du sang sur les mains, voilà qu'il conseille à ses ennemis Palestiniens de faire paraître dans les quotidiens du pays des encarts publicitaires d'une page entière, vantant les mérites du plan de paix saoudien de 2002.

Depuis l'élection de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis, ce plan qui était moribond semble retrouver des couleurs. Considéré comme peu sérieux et refusé par le précédent gouvernement Israélien, ce plan fait miroiter une paix totale avec les 57 pays arabo-musulmans contre une véritable reddition des revendications israéliennes. En effet il préconise le retour aux frontières de l'armistice de 1949, le retour au partage de Jérusalem, le retour en Israël des 0,65 million de réfugiés arabes devenus plus de 4 millions en 60 ans, l'abandon du plateau stratégique du Golan à la Syrie (1)…


Or Israël est déjà en paix avec la plupart des pays arabo-musulmans. Sur le plan stratégique ce plan fait fi des diverses guerres, intifada et boycott imposés à Israël depuis 1948 par les Arabes. Il fait fi des 0,9 million de réfugiés juifs chassés des pays arabes et qui, pour une grande partie d'entre eux, ont perdu tous leurs biens et leur avenir dans le pays natal. Le plan saoudien ne tient pas compte des souffrances imposées à tout un peuple par les Arabes, parce que ce peuple est juif. Il ne tient pas compte des pertes subies de leur fait et qui méritent de substantielles compensations de leur part.


Conseillée par un 1er ministre démissionnaire, la propagande arabe dans les journaux Israéliens est une gifle au bon sens du citoyen et une manœuvre mesquine pour saper toute autre proposition de paix possible (2). Elle complète l'image que le citoyen s'est fait de son 1er dirigeant, le plus honni de l'histoire du pays (3) et qui ne semble pas avoir compris qu'en 3 ans de pouvoir il a largement démontré son arrogance, ses insuffisances et sa rouerie. Il est grand temps qu'on puisse retrouver dans les médias du pays des images positives de réalisations bénéfiques, de projets de dirigeants honnêtes, dévoués et compétents, plutôt que la saga des exploits des diverses familles mafieuses qui se sont engraissées avec le pouvoir, lors de cette dernière décennie, ou la recrudescence conséquente de la violence domestique, de la violence sur les routes (4), et maintenant … on nous assène de la propagande arabe. 

 


 

Notes 

(1) Dans les mêmes conditions, la Syrie a renoncé à revendiquer la province turque d'Iskenderoun. Rappelons que le Golan n'a été administré par la Syrie que pendant 20 ans et il a été transformé en camp militaire. Il est rattaché à Israël depuis 41 ans et il a été transformé sur le plan agricole (vignobles notamment), industriel et touristique.

(2) Notamment celui de B Natanyahou qui préconise de renverser les données du problème: d'abord développement économique de la zone palestinienne, ensuite indépendance, si cela est réalisable sans péril.

(3) 3% d'avis favorables

(4) en 2008, le nombre de piétons écrasés par rapport aux accidents de la route est un des plus élevés dans le monde



Desinfos

Les textes

Mots-clés

Accueil