L’Union Européenne et les communautés juives planchent sur les dangers de l’antisémitisme

mercredi 18 février 2004

La Commission européenne et le Congrès juif mondial (CJM) organisent jeudi à Bruxelles un séminaire sur les dangers de l’antisémitisme en Europe, un fléau revenu à l’avant-scène de l’actualité au fil des derniers mois.


Ce séminaire, un temps menacé par des tensions entre les deux organisateurs, doit réunir plusieurs personnalités importantes comme le prix Nobel de la Paix, Elie Wiesel, et le ministre allemand des Affaires étrangères, Joschka Fischer.

L’ancien président de la Knesset, Avraham Burg, et le ministre israélien pour les questions de la Diaspora, Nathan Chtcharanski, sont également attendus.

La communauté musulmane sera représentée par le recteur de la Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur. L’archevêque catholique de Lyon (France), Mgr Philippe Barbarin, sera également présent.

Les travaux ne doivent durer qu’une journée mais l’agenda de la réunion est très large. Outre les dangers de l’antisémitisme, les relations entre l’Europe et Israël et le dialogue entre les religions seront aussi abordés par les participants.

La préparation du séminaire avait été brièvement suspendue début janvier à la suite de graves accusations portées par des responsables de la communauté juive à l’encontre de la Commission européenne.

Les présidents du Congrès juif mondial et du Congrès juif européen, Edgar M. Bronfman et Cobi Benatoff, avaient accusé la Commission de pratiquer l’antisémitisme « par action et par inaction ».

Ils reprochaient à l’exécutif communautaire d’avoir rendu public en novembre dernier un sondage identifiant Israël comme le « plus grand danger pour la paix mondiale », puis « censuré » une étude montrant l’implication de minorités islamiques dans une résurgence des actes d’antisémitisme en Europe occidentale.

Le président de la Commission, Romano Prodi, avait répliqué en suspendant la préparation du séminaire. Le déplacement précipité d’un responsable du CJM, Israël Singer, avait mis un terme à la crise. La tenue du séminaire était annoncé peu après pour le 19 février.

La question de l’antisémitisme en Europe a alourdi l’atmosphère ces derniers mois, avec en toile de fond l’interminable conflit israélo-palestinien. Dans ce dernier, les Israéliens reprochent à l’Union Européenne d’avoir une position déséquilibrée, trop favorable à leurs yeux aux Palestiniens.

Romano Prodi a reconnu début février « une recrudescence des actes antisémites » ces derniers mois en Europe, tout en écartant l’idée d’un « antisémitisme organisé, comparable à celui qui a flétri notre continent dans les années 30 ».

« Nous ne devons pas balayer ces problèmes sous le tapis », avait-il toutefois ajouté, devant des rabbins européens réunis à Vienne. « Il n’y a pas de place pour l’antisémitisme et le racisme en Europe », avait martelé M. Prodi.

Le Haut représentant européen pour la politique étrangère, Javier Solana, a adressé un message similaire la semaine dernière, en assurant que l’Union Européenne n’est « ni antisémite » ni « contre Israël » et en appelant à effectuer une distinction entre les deux questions.

« Les actes et les expressions d’antisémitisme au sein de l’Union Européenne ne sont pas des actes et des expressions d’antisémitisme de la part de l’Union européenne », a affirmé M. Solana.

Le Haut représentant a toutefois souligné que les Européens, « plus que quiconque », se devaient toutefois d’ »être conscients des dangers » de l’antisémitisme.


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