Des émissaires Américains entament une mission cruciale en Israël

par Dan Williams - Reuters

mercredi 18 février 2004

A l’occasion d’entretiens qui débutent mercredi, Ariel Sharon s’efforcera de persuader des émissaires américains que la « clôture de sécurité » érigée par Israël en Cisjordanie et son projet de démantèlement des implantations juives de la bande de Gaza n’entraveront pas les efforts de paix, indique-t-on de sources politiques.


Une réaction positive des émissaires Elliot Abrams, Stephen Hadley et William Burns, attendus dans l’après-midi pour deux journées de consultations, pourrait ouvrir la voie à une rencontre entre le Premier ministre israélien et le président américain George W. Bush, ajoute-t-on de mêmes sources.

Des diplomates notent cependant que les émissaires presseront Sharon de respecter les mesures réciproques prévues par la « feuille de route » internationale pour la paix et de modifier le tracé du mur de sécurité que l’Etat juif juge nécessaire pour barrer la route aux kamikazes palestiniens.

« La feuille de route (internationale) part du principe que tout doit être fait en consultation », souligne-t-on de source diplomatique occidentale.

La mission des trois diplomates américains est jugée déterminante pour la position qu’adoptera Washington à l’égard du plan de Sharon qui prévoit le démantèlement unilatéral de la plupart des colonies juives établies dans la bande de Gaza, conquise par Israël en 1967 comme la Cisjordanie.

Le Premier ministre israélien sondera les trois émissaires sur les divers aspects de son « plan de désengagement » de Gaza, indique-t-on de source politique.

« Nous avons l’intention de dévoiler le plan dans son intégralité à Washington la semaine prochaine, dans le cadre de préparatifs pour un sommet avec le président Bush », précise-t-on.

Sharon, le ministre de la Défense Shaul Mofaz et de hauts responsables de la sécurité ont examiné dans la nuit différentes formules pour le retrait de la bande de Gaza, mais aucune décision n’a été arrêtée, dit-on de source politique.

Parmi les options examinées figurent : un retrait complet sur les frontières de 1967 ; le maintien de troupes sur la frontière Gaza-Egypte pour contrer le trafic d’armes ; un contrôle israélien sur cette zone et sur trois petites implantations bordant la frontière israélienne au nord ; enfin, le stationnement de troupes dans les colonies évacuées.

Washington a accueilli favorablement l’idée d’évacuer les implantations israéliennes, mais sans aller jusqu’à entériner cette approche unilatérale. Dans l’hypothèse de retraits israéliens sélectifs, les Palestiniens se retrouveraient avec moins de terres que ce qu’ils revendiquent pour leur Etat.

« J’espère que les Etats-Unis défendront leur position, à savoir que la seule manière de parvenir à la paix passe par un règlement négocié », a dit le ministre palestinien Saëb Erekat.


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