Pièces jaunes

Marc Nacht

mardi 3 février 2004

Au Journal Libération.
Le mur du MÂCON


Qu’un auditeur ait été surpris en train de fumer dans une salle de concert et il aurait été immédiatement mis dehors.

Qu’une trentaine de spectateurs crie à l’adresse d’une chanteuse « sale juive, mort aux Juifs » devant 5000 personnes et rien ne se passe.

Il y a de quoi être aussi stupéfait qu’indigné.

Comment expliquer cette absence de réaction ? Par une complicité du public et des organisateurs de ce concert organisé dans le cadre de l’opération « pièces jaunes » avec les provocateurs antisémites, certainement pas. Alors que reste-t-il comme raison sinon la peur, la peur qui fait dire ça passera, pas de vagues, pas de risques inutiles.

Cette même peur que surent inspirer quelques trublions nazis tant et si bien qu’ils triomphèrent de la République de Weimar.

Cela vaudrait quelques pièces jaunes, non, au service d’un refus pour qu’autant d’étoiles de la même couleur n’en viennent pour notre opprobre à fleurir dans les champs morts de la France.


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