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Sharon : « Israël évacuera Gaza le 15 août »

Propos recueillis à Tel-Aviv par Luc de Barochez et Patrick Saint-Paul - Le Figaro

vendredi 22 juillet 2005
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Le premier ministre israélien a accordé un entretien au « Figaro » à l’occasion de sa première visite en France, la semaine prochaine

Le premier ministre israélien, Ariel Sharon, arrive mardi prochain à Paris, pour sa première visite en France depuis son élection en 2001. Il doit être reçu mercredi par le président Jacques Chirac et s’entretenir avec le premier ministre Dominique de Villepin. Jeudi, il rencontrera des représentants de la communauté juive française avant de rentrer en Israël. A l’occasion de cette visite, le chef du gouvernement israélien a accordé une longue interview au Figaro, où il s’explique sur le retrait historique de la bande de Gaza, occupée par Israël depuis 1967, le dossier nucléaire iranien ou l’antisémitisme en Europe.

LE FIGARO. - Après les dernières manifestations hostiles des colons, envisagez-vous d’avancer le retrait israélien de la bande de Gaza, prévu le 15 août, pour éviter d’autres incidents ?
Ariel SHARON. - Nous étions prêts à commencer l’évacuation le 22 juillet. Mais les habitants des implantations et ceux qui les soutiennent nous ont demandé de respecter le caractère religieux de ces deux semaines en reportant le début du retrait au 15 août. Le plan de désengagement sera réalisé. Il sera appliqué, cela ne fait aucun doute, malgré toutes les difficultés et les manifestations très violentes. Je suis résolu à mener à bien ce projet et je vais le faire, conformément au calendrier établi et à la date prévue. Le désengagement de Gaza est très important pour Israël. Et il pourrait, je dis bien pourrait, ouvrir la voie à la feuille de route (NDLR : le plan de paix international parrainé par l’Union européenne, les Etats-Unis, l’ONU et la Russie et resté lettre morte), à condition, évidemment, que les Palestiniens commencent à s’occuper du terrorisme.
Le président palestinien Mahmoud Abbas ne le fait-il pas ?
 ?Bien que Mahmoud Abbas comprenne les dangers du terrorisme, il n’a rien fait de sérieux pour lutter contre lui. Il doit agir. Il a commis une erreur très grave en signant un accord avec les organisations terroristes. Cet accord stipule qu’il ne doit pas agir contre eux et qu’il leur reconnaît un rôle dans la vie politique. Il doit y avoir un arrêt total du terrorisme et de l’incitation à la violence, une réforme fondamentale de tous les corps de sécurité palestiniens, un démantèlement des organisations terroristes et une confiscation de leurs armes.
Vous avez été le moteur du mouvement de colonisation dans les années 1970 et 80. Avez-vous commis une erreur à cette époque, ou bien la colonisation était-elle nécessaire à Israël pour négocier en position de force ?
J’ai dit aux Egyptiens il y a plus de 25 ans, lorsque je participais aux pourparlers avec Le Caire, qu’à mon avis les implantations israéliennes accélèreront la marche vers des négociations de paix. Parce que la partie adverse comprendra que si elle ne fait rien, elle ne fera que perdre du terrain. Etait-ce vraiment l’objectif de toute cette entreprise ? Non évidemment. Mais j’avais bien dit aux Egyptiens que tel serait le résultat. En même temps, il ne faut pas perdre de vue que ces territoires, surtout la Judée-Samarie (NDLR : la Cisjordanie), sont le berceau du peuple juif.
Doit-on en déduire que vous n’évacuerez jamais un endroit comme Hébron, en Cisjordanie ?
Disons les choses ainsi : nous avions un rêve il y a trente-cinq ou quarante ans, celui de retourner dans le berceau du peuple juif. Mais nous n’avons pas pu réaliser ce rêve en totalité. A ce propos, le plan de désengagement comporte un succès majeur. Il a été élaboré après un débat entre moi-même et le président Bush et ratifié par les deux chambres du Congrès américain. Et nous avons ainsi obtenu que les grands blocs de population juive (NDLR : en Cisjordanie) puisse rester en place. Car les choses ont tout de même changé ces trente dernières années. S’agissant d’Hébron, c’est une des villes saintes du judaïsme. Je ne vais pas citer des noms de villes maintenant, pour ne pas donner des idées à certains, ce n’est pas le moment. Mais quel autre peuple dispose d’un lieu où sont enterrés ses ancêtres, comme le caveau des patriarches, où sont enterrés Abraham, Sarah, Jacob, Isaac, Rébecca et Léa ?
Le premier ministre défunt, Yitzhak Rabin, disait que la Bible n’est pas une carte géographique. Etes-vous d’accord ?
La Bible est plus forte que toutes les cartes politiques. Pour que vous compreniez, voici la Bible (NDLR : Ariel Sharon brandit le livre saint qui était posé sur son bureau). Elle est toujours avec moi. Je vais vous raconter une anecdote. Il y a quelques années, j’étais alors ministre des Affaires étrangères, je suis allé au Vatican pour inviter le pape Jean-Paul II à l’occasion de l’an 2000. Il m’a dit que la terre d’Israël est sainte pour les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans. Mais il a ajouté qu’elle avait été promise seulement aux Juifs. Quant à moi, je suis prêt à des compromis douloureux, mais pour une sincère et vraie paix.
Le mur, ou la barrière, que vous construisez en Cisjordanie, marque-t-il la frontière finale entre Israël et les Palestiniens ?
Non. C’est un facteur important dans notre dispositif sécuritaire. Le jour où nous reprendrons les négociations de paix avec les Palestiniens, et j’espère que ce jour arrivera, alors nous devrons nous entendre avec eux sur le tracé des frontières définitives. Ce sera la phase finale de la négociation.
Après le retrait de Gaza, avez-vous le feu vert américain pour annexer les grands blocs de colonisation en Cisjordanie ?
Les Etats-Unis sont d’accord pour dire qu’Israël ne pourra pas revenir aux frontières de 1949 ou de 1967. Les grands blocs d’implantations feront partie d’Israël, avec une contiguïté au territoire d’Israël. C’est l’un des plus importants succès de mes négociations avec le président Bush.
En reliant la colonie de Maale Adoumim à Jérusalem-Est, coupant ainsi le Sud du Nord de la Cisjordanie, comment garantissez-vous la contiguïté d’un futur Etat palestinien, stipulée dans la feuille de route ?
 ?Il ne fait aucun doute que nous garderons pour toujours Maale Adoumim, qui est l’un des grands blocs de population juive dont je parlais, avec une contiguïté à Israël. Mais la partie Sud de la Cisjordanie, la Judée, ne sera pas déconnectée du Nord, la Samarie. Plusieurs solutions existent pour surmonter ce problème. Notre vrai problème, c’est que, dans le monde arabe, les populations ne reconnaissent toujours pas le droit du peuple Juif à vivre dans un Etat démocratique indépendant dans le berceau du peuple Juif. Dans notre région, les déclarations, les discours, les promesses et même les accords signés n’ont pas de valeur. Une seule chose compte : les actes. Si la communauté internationale veut contribuer à la paix, elle doit exercer une véritable pression sur les Palestiniens, pour qu’ils imposent un arrêt total des violences. Cela ouvrira toutes les possibilités. Sinon, nous n’avancerons pas.
Qu’allez vous dire au président Jacques Chirac concernant sa politique au Proche-Orient ?
Je voudrais exprimer mon appréciation au président Chirac et le remercier de m’avoir invité. J’ai beaucoup d’estime pour tous les liens bilatéraux qui sont en train de se développer entre nos deux pays. Nous avons toute intention de les approfondir et de les développer. Les échanges commerciaux s’élèvent à 2 milliards de dollars. Les relations concernant la défense et la sécurité sont bonnes et ont surmonté les épreuves. Je suis très satisfait de notre très vaste coopération culturelle et de notre dialogue politique global. La France est un pays important qui joue un rôle dirigeant dans un certain nombre de dossiers stratégiques au Proche-Orient, comme la situation au Liban ou le dossier nucléaire iranien. J’attache beaucoup d’importance à la coordination avec la France sur ces sujets, surtout en ce moment où ils arrivent à une étape critique.
Comment évaluez-vous les efforts déployés par les autorités françaises pour combattre l’antisémitisme ?
J’ai beaucoup d’estime pour l’action de la France contre l’antisémitisme. Je veux en remercier les autorités françaises et le président Chirac. Nous sommes préoccupés que l’antisémitisme se répande en Europe. L’action du gouvernement français, dans ce dossier, doit servir de modèle et d’exemple pour d’autres gouvernements européens. L’antisémitisme, au-delà de sa forme traditionnelle, revêt aujourd’hui un habit différent. Il devient un anti-israélisme très dur. Cependant, suite à certaines déclarations critiquant mes appels à l’émigration depuis la France vers Israël, je voudrais clarifier ma pensée à ce sujet. La politique de mon gouvernement est d’amener le plus grand nombre de Juifs en Israël. C’est très important pour notre pays. Notre objectif est de faire venir 1 million de Juifs dans les quinze prochaines années en Israël, du monde entier, y compris de la France.
 ? L’immigration en Israël de Juifs français, dont deux avions entiers sont attendus la semaine prochaine, est-elle la conséquence de l’antisémitisme en France ?
Notre politique est d’accroître le plus possible la population juive en Israël. Cependant, on ne peut évidemment pas ignorer le fait qu’il y a de l’antisémitisme en France. On ne peut pas non plus ignorer le fait que 10% de la population française est d’origine musulmane.
Comment comptez-vous convaincre Jacques Chirac d’accepter que le Hezbollah libanais, qu’il considère comme un parti politique, soit inscrit sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne ?
Je lui dirai que le Hezbollah est une organisation terroriste parmi les plus cruelles et les plus radicales. La France joue un rôle central pour le renforcement de la démocratie au Liban. Nous reconnaissons la nécessité pour ce pays de devenir une démocratie indépendante. Mais il ne pourra pas le devenir si un de ses acteurs politiques est une organisation armée jusqu’aux dents. D’autant plus que cette organisation est le fer de lance de l’Iran et de la Syrie au Liban. La résolution 1559 de l’ONU (NDLR : qui appelle au désarmement du Hezbollah) est extrêmement importante. Il faut aider le Liban de manière politique et économique, mais aussi oeuvrer à renforcer ses capacités dans le domaine de la défense et de la sécurité. Cela aura une influence directe sur la stabilité de ce pays. Il faut aussi, absolument, réduire l’influence de la Syrie, qui est directement impliquée dans le terrorisme au Liban et chez nous. Les quartiers généraux des organisations terroristes les plus radicales comme le Hamas ou le Djihad islamique se trouvent à Damas. Elles opèrent contre Israël mais aussi aujourd’hui contre l’Autorité palestinienne. Il faut exiger d’une manière univoque le démantèlement de ces bureaux et leur expulsion de Damas. Il faut aussi insister pour faire évacuer toutes les forces étrangères du Liban : les forces syriennes, puisque la Syrie s’efforce d’y conserver son influence, mais aussi les Gardiens de la révolution iraniens.
Les attentats du 7 juillet à Londres sont-ils liés à la situation au Proche-Orient, en Irak ou en Israël ?
Je ne vois pas de lien direct. L’islam radical cherche à accroître son influence et son territoire. Ses partisans mènent une lutte de civilisations dans le but de renverser le monde démocratique et de le soumettre à leur vision du monde. Si le monde libre veut conserver ses valeurs, il doit agir avec la plus grande énergie contre le terrorisme. Il ne faut laisser personne influencer ces valeurs par le biais du terrorisme. Ce que nous voyons aujourd’hui au Proche-Orient, cela fait partie de ce que nous avons vu précédemment se dérouler en Europe ou aux Etats-Unis.


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