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Iran, Rencontre de Bagdad : le régime des mollahs, qui doit rire sous cape, continue à gagner du temps

Hélène Keller-Lind

dimanche 27 mai 2012
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La rencontre de Bagdad entre les 5 + 1 et l’Iran aura été une tragi-comédie de plus, se traduisant par un gain de temps supplémentaire pour le régime des mollahs qui pourra continuer à tout mettre en œuvre pour se doter de l’arme nucléaire. Avec une rencontre de plus dans trois semaines à Moscou, le refus d’autoriser les inspecteurs de l’AIEA à entrer à Parchin et la promesse d’une autorisation de visite d’un autre site douteux, Busher, en...2013. Alors que des traces d’enrichissement à 27 % ont été trouvées. Un accident, selon Téhéran. Israël avertit du danger une nouvelle fois, les pays du groupe 5 + 1 tergiversent.
L’AIAE constate un « abîme » entre Iran et Occident mais l’Iran continue à gagner du temps

Sans doute les conseils prodigués par l’ancien Premier ministre Michel Rocard lors de sa visite à Téhéran à la mi-mai auront-ils conforté les Iraniens dans leur volonté de continuer à poursuivre la comédie de la bonne volonté et des négociations. Il leur disait, en effet, que les Occidentaux étant affaiblis par la crise économique ne tenaient nullement à devoir gérer une autre crise ouverte, avec le régime iranien, cette fois.

Cette comédie, une tragi-comédie en réalité, puisque l’enjeu est un Iran belliqueux doté de l’arme nucléaire, s’est donc poursuivie à Bagdad avec des « négociations », somme toute bidon. Il n’y a eu, en effet, « aucun progrès quant à un accord » visant à « persuader l’Iran de réduire son programme nucléaire ». Constat : « les négociations ont montré les difficultés qu’il y a à combler l’abîme entre les ambitions de Téhéran et les exigences de l’Occident ». Pourtant, conclut l’AIEA dans sa revue de presse de la couverture des négociations de Bagdad, les efforts diplomatiques faits ont « été sauvés par un accord : la poursuite de conversations le mois prochain à Moscou ».

Autrement dit, encore près d’un mois de gagné....Ce dont ne peut que se féliciter le Secrétaire du Conseil de Sécurité Nationale Suprême d’Iran et chef négociateur, Saeed Jalili. Ainsi l’agence de presse de la République islamique, choisit d’illustrer une dépêche annonçant son retour au pays, après les négociations, suivies de rencontres avec des personnalités de premier plan en Irak, par une photo de lui, tout sourire. Il y a eu d’autres « gestes » qui vont continuer à faire traîner les choses. Comme une invitation adressée à l’AIEA, lui proposant de visiter le site nucléaire de Busher ...en 2013. L’agence de presse iranienne Fars rapporte que le chef du département Sécurité Industrielle de l’AIEA, Miroslav Lipar, annonçait cette invitation lors d’une conférence de presse donnée à Moscou Un site, construit avec l’aide de la Russie, qui sera opérationnel en automne et produira de l’électricité, déclarait le chef de l’Agence à l’Énergie Nucléaire de l’Iran, Fereidoun Abbasi le 26 mai.

Dans le même temps,Téhéran, passé maître dans l’art de souffler le chaud et le froid, annonçait qu’une visite du site militaire de Parchin, réitérée à Bagdad, à été refusée au motif qu’il n’y aurait pas de recherche nucléaire en ce lieu, selon le chef de l’Agence à l’Énergie Nucléaire de l’Iran, Fereidoun Abbasi. Qui fait état de visites de l’AIEA dans le passé. Un passé sans doute révolu.

« l’Iran peut atteindre toutes les bases ennemies dans la région »

Et, mine de rien, le Général de Brigade Hossein Salami, commandant des Gardiens de la Révolution Islamique, annonçait le 27 mai, lors de l’hommage rendu à un « martyr...Père de l’industrie des missiles iraniens », avertissait que « l’Iran peut atteindre toutes les bases ennemies dans la région », ajoutant : « où que l’on puisse imaginer qu’elles soient, elles sont à la portée des missiles iraniens » compte tenu du « rayon d’action, du pouvoir, et de la grande précision des missiles sol-sol, sol-air et balistiques ». La dépêche iranienne rapportant ses propos souligne que « ces dix dernières années l’Iran a fait de gigantesques progrès dans la production d’armement, surtout en matière de technologie pour la fabrication de missiles ». Précisant que « les missiles Shahab 3 et Sejjil, notamment, inquiètent le régime israélien ».

La dépêche se termine par ces mots : « les experts militaires pensent que la moitié de la capacité des missiles iraniens reste inconnue en Occident et que Téhéran garde encore plus d’un atout dans sa manche ».

Les États-Unis, très réservés, vont appliquer de nouvelles sanctions cet été

Par ailleurs, des traces d’enrichissement d’uranium à 27 % ont été trouvés dans l’usine de Fordo, selon l’AIEA. Selon Ynetnews, l’Iran réplique que cela aurait été accidentel.... Or des bombes atomiques peuvent être fabriquées avec un enrichissement à partir de 20 %, même si une qualité militaire est de plus de 85 %. Le sujet était évoqué lors d’un point de presse du Département d’État américain le 25 mai dernier. La porte-parole notant que l’AIEA suit cette question de près. Et répondait à une question sur les futures négociations de Moscou en rapportant une déclaration de la Secrétaire d’État, Hillary Clinton, à cet égard : « elle a insisté sur le fait que les conversations - à Bagdad - étaient très sérieuses mais a aussi dit très clairement qu’il reste un long chemin à parcourir ».

Le Secrétaire général américain pour la presse soulignait pour sa part que « la position du Président est que nous jugerons l’Iran par ses actes, pas par ses paroles ou le fait qu’il participe à d’autres négociations ». Ajoutant que les Iraniens « ont senti l’impact de sanctions sans précédent et sont conscients du fait que de nouvelles sanctions s’appliqueront cet été ».

La France n’est plus à la tête du combat contre le nucléaire iranien

La réaction du ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, est plus modérée étant donné que de nouvelles sanctions ne sont pas annoncées, seule leur possibilité étant évoquée. Il doit y avoir « des négociations véritables menant à des résultats concrets. Faute de quoi nous devrons prendre de nouvelles mesures allant dans le sens d’une approche double mêlant un dialogue dans l’ouverture et des sanctions ».

Dans sa déclaration le ministre français souligne que des mesures ont été demandées. « Elles concernent les activités d’enrichissement de 20% menées par l’Iran, en particulier sur le site de Quom, ce qui enfreint les résolutions du Conseil de Sécurité de l’AIEA. Elles seraient une première étape dans le respect de ses obligations internationales par l’Iran ». On se souviendra que sous la présidence de Nicolas Sarkozy la France était à la pointe du combat contre le nucléaire iranien.

Israël avertit, encore et encore

Le 21 mai, Benyamin Netanyahou déclarait : « ces dernières semaines j’ai entendu certains dire que lorsque les dirigeants iraniens déclarent qu’ils vont effacer Israël de la carte, ce n’est pas réellement ce qu’ils veulent dire en persan. Il serait intéressant d’entendre ce qu’ils veulent dire quand le Chef d’État-major a dit hier « l’Iran est pleinement engagé à détruire entièrement Israël ».C’est clair et simple. Les buts de l’Iran sont clairs. L’Iran veut annihiler Israël et développe des armes nucléaires pour atteindre de but.
L’Iran menace Israël, la paix et le monde entier. Les grandes puissances doivent faire preuve de détermination et pas de faiblesse. Ils doivent avoir des exigences claires et sans équivoques : l’Iran doit cesser tout enrichissement de matière nucléaire, doit enlever de son territoire toute matière enrichie jusqu’ici et démanteler son site souterrain de Quom.Ce n’est qu’ainsi que l’on pourra s’assurer que l’Iran n’aura pas de bombe nucléaire. C’est la position d’Israël ; elle n’a pas changé et ne changera pas »
.

En mars et avril derniers, non seulement le Premier ministre israélien mais le ministre des Affaires étrangères et le Président d’Israël ont averti eux aussi de la gravité des dangers que pose le régime iranien. Ce qu’ont fait aussi d’autres responsables israéliens, à l’instar du ministre de la Défense, Ehoud Barak, qui déclarait il y a quelques jours « qu’un Iran nucléaire est inacceptable ».


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