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Qui connaît les 10 ? Au sujet de la plus grande contribution du Judaïsme à l’humanité.

Par Raymond Apple - Jerusalem Post | Adaptation française de Sentinelle 5770 ©

jeudi 20 mai 2010
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En dépit d’un lourd et persistant contentieux théologique entre Juifs et Chrétiens, il tombe sous l’évidence que, l’urgence du moment, devrait amener les responsables et les militants chrétiens du rapprochement entre les deux traditions, à un plus grand discernement dans les priorités d’action. En effet, la diabolisation croissante de l’Etat d’Israël sous les coups de butoir d’un antisionisme qui dissimule très mal les rictus grimaçants d’un antisémitisme renaissant, devrait amener les tenants du rapprochement judéo chrétien à ne pas perdre de vue, cette fois ci, les primautés qui imposent, pour l’heure, de privilégier l’action à toute autre forme d’intervention, de discours notamment.

Parmi les rares oeuvres d’art retrouvées dans la plupart des synagogues, il y a les Tables des Dix Commandements. Ils occupent une place d’honneur et sont considérés être les enseignements les plus élevés de la Bible. De fait, de l’ensemble du don de la Torah que les Juifs célèbrent à Chavouot, les Commandements sont la partie qui a été disséminée le plus largement au-delà du Judaïsme. Pourtant, ils n’ont pas eu un trajet facile.

La Chrétienté en particulier a généré tant de problèmes au Judaïsme avec le Décalogue que, bien que le Midrash célèbre ses louanges poétiques pour la Révélation, nos sages ont délibérément retiré les Dix Commandements de la liturgie quotidienne. Qu’ils aient fait partie du service quotidien dans le Temple, c’est noté dans la Mishna (Tamid 5:1), reflété dans le Papyrus Nash dans lequel ils sont à côté avec le Shema Ysrael, et confirmé par des fragments de tefilin retrouvés dans les grottes de Qumran.

Le Judaïsme a abandonné la lecture quotidienne des proclamations des ‘sectaires’ (Chrétiens) (Berachot 12a). Les partisans de Paul croyaient que seuls les Dix Commandements et non le reste de la loi mosaïque était divins, éternels et obligatoires. Dans ce contexte, pour les Juifs, donner la priorité au Décalogue aurait pu signifier un accord avec les sectaires, aussi la lecture quotidienne a été abandonnée de façon à montrer que toutes les autres 613 mitzvot étaient des commandements divins.

Depuis lors, le Décalogue n’a pas constitué une partie du service officiel, bien que certaines personnes l’ajoutent à leurs prières personnelles et que les commentateurs aient confirmé que les enseignements des Dix Commandements étaient suggérés dans le Shema.

Joseph H. Hertz, qui fut Grand rabbin de Grande Bretagne et du Commonwealth de 1913 à sa mort en 1946, écrivait : « Les Maîtres du Talmud étaient très prudents pour souligner que les Dix Commandements ne contenaient pas la totalité des devoirs de l’homme. Le Décalogue a posé les fondations de la Religion et de la Moralité, mais n’était pas en lui-même la structure totale du devoir de l’homme ». Maïmonide s’opposait à soutenir les Dix Commandements quand ils venaient dans la lecture de la Torah des parashiot de Yithro et Va’et’hanan, ainsi que pendant Chavouot, à moins qu’on ne se tienne toujours debout pendant la lecture de la Torah, « car cela pourrait conduire à l’idée fausse qu’une partie de la Torah est plus importante qu’une autre ».

Le Décalogue est fréquemment cité dans le Nouveau testament, mais les attitudes chrétiennes à l’égard des Commandements varient. Du fait que certaines lois étaient sources d’embarras, les commandements sur l’idolâtrie et le Shabbat ont reçu une réinterprétation. La phrase « Tu ne… pas » fut désapprouvée comme trop négative et défavorable comparée aux formulations chrétiennes de l’éthique.

Selon l’Encyclopaedia Britannica, le Décalogue « était sans importance particulière jusqu’en 1246, quand il fut pour la première fois incorporé dans un manuel d’instruction pour ceux venant en confession. La division traditionnelle des commandements en deux « tables de devoirs envers D.ieu et envers l’homme a rendu possible un regard sur la seconde table comme une déclaration succincte des ‘loi de nature’ dans le cadre de la théologie chrétienne médiévale ».

Le Protestantisme, a inclus les Dix Commandements dans des manuels d’instruction. Martin Luther posa le sceau de l’approbation protestante quand il écrivit : « En dehors des Dix Commandements, il n’existe pas de bien ni d’œuvre pensables plaisant à D.ieu ».

Chaque version est d’accord : le Décalogue comprend Dix Commandements, ni plus ni moins. La Bible utilise dix comme unité de base, probablement parce que c’est conforme aux dix doigts des mains et aux dix orteils, puis qu’il est devenu le premier point d’arrêt commode en arithmétique. Dix est le groupe social de base, d’où a germé l’idée du minyan. Il y a nombre de décennies et de jubilés dans les lois de la Torah, qui comprend elle-même cinq livres, exactement la moitié de dix. Dans le Psaume 119, il y a dix synonymes pour le concept de mitzva.

Tous les dix Commandements ne sont pas des lois dans le sens usuel du mot. Le premier ne nous ordonne pas explicitement de faire quelque chose, et il ne peut être examiné dans une Cour de justice. Mais il identifie le législateur, D.ieu qui a racheté le Peuple de l’esclavage. Maïmonide le voit comme un commandement à l’esprit – « Sache qu’il existe une Cause Première amenant tout le reste dans l’existence » - pas un commandement à croire, puisque personne ne peut obliger une personne à croire s’il ne le veut pas. Un autre avis dit que c’était un commandement pour accepter la souveraineté de D.ieu : « Le Monarque dont les grandes actions en ton nom, dont tu as été le témoin et que tu expérimentées, voilà le Monarque à qui tu dois loyauté et dont les commandements t’imposent obéissance ».

Le problème disparaît, cependant, quand nous remarquons que la Torah appelle le Décalogue Aseret Hadibrot, les « Dix Mots », ou « Dix déclarations » - à savoir les dix principes. Le terme anglais [et français] Décalogue comporte la même idée puisqu’il provient du grec « dix mots ».

La Chrétienté, souhaitant maintenir l’idée des dix lois, a considéré « Je suis le Seigneur ton D.ieu » comme un simple préambule. Les églises grecques et protestantes divisent le Deuxième Commandement en deux, séparant la loi contre le polythéisme et la loi contre l’idolâtrie. Les catholiques romains et les luthériens divisent la loi contre la convoitise en deux.

La loi contre la convoitise est encore un problème en cela qu’aucun tribunal terrestre ne peut être dans votre esprit et vous punir d’être envieux. Si le Décalogue est considéré comme un ensemble de principes et pas de lois, cela devient un avertissement s’opposant aux faits. Une illustration en est donnée par Abraham Ibn Ezra. Il dit qu’un paysan peut envier la bonne fortune d’un autre paysan plus prospère. Mais il est peu enclin à envier la fille du Roi parce qu’il sait qu’il ne pourra pas la posséder sauf dans un monde de rêves. Un croyant sait que ce qui lui a été attribué a été décidé par D.ieu, et alors qu’il peut être ambitieux, il n’a pas le droit de vouloir l’impossible, comme le paysan de se marier à une princesse.

Si « Ne convoite pas » est considéré comme une loi, cela nous montre que c’est le tribunal céleste qui sera tenu pour responsable de nos infractions. Certains préceptes sont aussi passibles de poursuites sur terre, en particulier tuer et voler, mais cela ne porte pas atteinte au statut du décalogue comme un ensemble d’obligations morales envers D.ieu.

Les rabbins soulignent que bien que convoiter se situe dans le cœur et l’esprit de l’homme, cela peut mener à la transgression d’autres préceptes. Si vous convoitez fortement quelque chose qui appartient à votre voisin, vous pouvez vous trouver à dire des mensonges de façon à l’acquérir (transgression de « Tu ne commettras pas de faux témoignages »), à le voler (« Tu ne voleras pas »), ni même prendre la femme de ton voisin (« Tu ne commettras pas l’adultère »), et même à tuer ton voisin (« Tu ne tueras pas »).

Les cinq derniers commandements sont brefs, précis, presque en staccato. Alors que les cinq premiers appellent au respect de D.ieu, les cinq derniers commandent le respect de la vie humaine et les concepts de mariage, de propriété et de possessions, de réputation et d’intégrité. Tous sont négatifs : « Tu ne… pas ».

Les négations sont claires, sans ambiguïté et concises. Essayez de les modifier en quelque chose de positif et le résultat sera verbeux et imprécis : « Respecte la vie humaine » est très bien, mais « Tu ne tueras pas » est plus clair. Comme Rabbi Solomon Goldman l’a écrit : “ Le D.ieu tout puissant a dit avec une voix de tonnerre à travers les siècles : « Tu ne… pas » Jamais ! Jamais ! Jamais !

L’universitaire chrétien W.R. Matthews a écrit : “Ni les Juifs ni les Chrétiens ne tiennent les prohibitions pour suffisantes, ou que la bonté morale consiste à les observer. Ce qui est maintenu est qu’une telle série de commandements négatifs est une aide indispensable pour le développement moral et ne peut avec sûreté être rejeté même par des personnes de bonne maturité ».

Quand nous étions enfants, nous réalisions qu’il il y a une différence entre le bien et le mal quand nous entendions “Ne fais pas” : « Ne touche pas le feu brûlant… Ne traverse pas la route seul… » dit Matthews. « ‘Tu ne… pas’ n’est pas le dernier mot de la morale, mais c’est le premier mot ».

Il n’y a pas de groupe ou de société humaine qui n’ait pas formulé de lois de ce type. Chaque société développe une loi contre le meurtre. Ainsi le Sixième Commandement contribue-t-il à quelque chose vers quoi nous ne nous serions pas élevés nous-mêmes ? Fondamentalement, le lien entre « Je suis le Seigneur ton D.ieu » et « Tu ne tueras pas ».

Ne pas tuer est ainsi non seulement un conseil de prudence qui reconnaît qu’un tel acte invite aux représailles et à la vengeance et met chacun en danger, mais il a une motivation plus élevée, fondée sur le principe qu’il y a un D.ieu qui a fait l’homme à son image (un concept à comprendre non pas de façon littérale mais dans un sens éthique et intellectuel). L’homme fait partie de D.ieu, et tuer un être humain c’est diminuer D.ieu.

Quelle que soit la provocation, quand une personne est provoquée et fortement tentée, la pensée de D.ieu devrait la retenir de transgresser. Les sages disent que quand Joseph fut tenté par la femme de Putiphar, son père apparut à l’oeil de son esprit et il sut qu’il ne pouvait pas pêcher ; au surplus, quand la pensée de Dieu nous apparaît, nous savons que nous ne pouvons pas commettre un pêché.

Le commandement contre le meurtre a aussi de plus larges implications. Ce ne sont seulement des actes qui peuvent être meurtriers ; il y a aussi des attitudes meurtrières.

La Torah (Deut. 21) a établi un rituel à suivre si un cadavre était trouvé et que personne ne savait qui avait tué la personne. Les Anciens de la ville la plus proche devaient se laver les mains et dire : « Nos mains n’ont pas répandu ce sang, ni nos yeux ne l’ont vu ». Quelqu’un aurait-il pu suspecter les Pères de la cité ? Les Anciens impliquaient : « Cet homme n’est pas venu vers nous affamé et nous aurions manqué de le nourrir. Il n’est pas venu vers nous sans amis et nous aurions manqué de montrer du souci pour son bien-être ». Si des problèmes sociaux existent et que nous échouons à les régler de façon adéquate, nous sommes dans une certain mesure coupables de meurtre parce que nous en avons abandonné d’autres à leur destin et montré que leur vie ne valait pas la peine d’être sauvée.

Les tables des Dix Commandements, selon la tradition rabbinique, ont été préparées la veille de la création, précédant l’histoire et l’humanité et indépendantes du temps et du lieu. Elles ont été taillées dans le Trône de Saphir de Gloire et étaient donc majestueuses, splendides et d’origine divine. Le fait qu’il y en avait deux symbolisait l’harmonie entre le double devoir de l’homme, la première table représentant le devoir à l’égard de D.ieu et la seconde le devoir envers les autres hommes. Cette symétrie a été rendue possible en plaçant cinq commandements sur chaque table, mais exigeait que le cinquième (le respect pour les parents) soit interprété comme un devoir envers D.ieu.

Personne, cependant, n’est certain de la forme exacte des tables. Les grandes compilations rabbiniques, les Talmuds de Babylone et de Jerusalem, relatent des traditions contradictoires. La vision babylonienne était que les tables mesuraient environ 55 centimètres carrés, alors que le Talmud de Jerusalem les voyait rectangulaires, d’environ 55 centimètres sur 28.

Aucun ne les voyait avec des sommets en forme d’arches ou de dômes, bien que ce soit généralement la manière dont elles ont été figurées depuis de siècles. Elles sont entrées dans l’art chrétien en Italie, où elles avaient la forme de deux rectangles. Selon le Pr. d’Etudes Juives G.B. Sarfatti, elles acquirent un sommet en arche sous l’influence du diptyque, un registre plié en deux feuilles avec des sommets courbés utilisé par les Romains pour lister les noms des magistrats et plus tard par l’église catholique pour enregistrer les noms des personnes décédées à commémorer par des oblations. Ce dessin se répandit dans de nombreuses branches de l’art religieux dans l’architecture et fit son chemin vers les vitraux en arche des abbayes et des églises.

Comme nous pouvons le voir d’après la statue de la Cathédrale Lincoln et à partir d’autres sources contemporaines, même de vieilles Haggadot, l’insigne juif dans l’Angleterre médiévale prit la forme des tables du Décalogue.

Des communautés juives elles-mêmes ont commencé de représenter les Dix Commandements vers le 13ème siècle ; le Décalogue devint finalement une caractéristique très répandue des synagogues, presque toujours avec la forme arrondie introduite par les artistes chrétiens au Moyen-âge.

Ces temps-ci, certains artistes juifs préfèrent la forme carrée ou rectangulaire connue au temps du Talmud, mais c’est encore l’exception plutôt que la règle. Les Dix Commandements sont présents dans beaucoup de domaines de l’art rituel juif, depuis les rideaux de l’Arche jusqu’aux pinces des Talit. Ils figurent souvent sur les plastrons de la Torah et les Hanoukiot. Presque partout, ils dominent l’arche de la synagogue. Dans certains lieux, la mehitza (partition entre les sièges des hommes et des femmes) est décorée par une ligne joignant les tables de commandements.

Bien qu’il existe une opinion répandue que le symbole caractéristique juif soit la Magen David (Etoile de David), le Décalogue est plus ancien et a une plus grande authenticité. Sa signification théologique repose sur l’équilibre des dimensions intérieures et extérieures de l’être juif.

L’auteur est rabbin émérite de la Grande Synagogue à Sydney.


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