Je l’ai rencontré pour la première fois en 1956, au moment de la création de l’Union des étudiants communistes, au sein de laquelle il défendait une position dissidente, au nom du cercle des prépas communistes du lycée Henri IV. Il voulait, chose incompréhensible pour moi, que cette organisation communiste soit indépendante, qu’elle ne s’aligne pas nécessairement et par principe sur les positions du parti. Il défendait carrément « le droit à l’erreur  » pour la jeunesse !
Comme j’étais à l’époque un vrai stalinien et fier de l’être, je ne l’ai absolument pas suivi. Mais enfin, c’était la première fois que j’entendais une pensée dissidente s’exprimer à voix haute, intelligible et passionnée, à l’intérieur du mouvement communiste.
Ce que je dois à André Glucksmann
André Sénik | Causeur
Article mis en ligne le 12 novembre 2015