Le débat, en Europe, sur la question des migrants est en train de prendre une tournure folle.
On a commencé par construire ce concept fourre-tout, ce monstre juridique, « les  » migrants, qui ne veut absolument rien dire et efface la différence, pourtant essentielle, au cÅ“ur de notre droit, entre immigration économique et politique, réfugiés poussés par la pauvreté et chassés par la guerre – la fameuse « misère du monde  » qu’aucune sollicitude ne peut entièrement accueillir et les survivants de l’oppression, de la terreur, des massacres, à l’endroit desquels nous avons, en revanche, un devoir d’hospitalité qui s’appelle le droit d’asile.
Migrants : pour qui sonne le glas ?
Bernard-Henri Lévy
Article mis en ligne le 28 août 2015