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Chronique de Michaë l Bar-Zvi | Alef Be Tamouz 5775 - 18 juin 2015
Article mis en ligne le 18 juin 2015

Boker tov amis auditeurs de Radio J. Comme on pouvait s’y attendre depuis le début de la guerre en Syrie, les diverses minorités qui composent ce pays, fabriqué de toutes pièces pour les Empires coloniaux au lendemain de la première guerre mondiale, sont victimes les unes après les autres du conflit qui fait rage dans cette région. Depuis quelques semaines ce sont les Druzes qui subissent les effets des victoires de Daech sur le terrain. Or on le sait les Druzes ont pour règle d’or d’être loyaux envers l’Etat dans lequel ils vivent.

C’est ce qui explique l’alliance unique en son genre entre cette communauté et l’Etat d’Israë l depuis 1948, mais aussi les difficultés avec les Druzes du Golan, fidèles àAssad, depuis 1967. Israë l se trouve aujourd’hui face àun dilemme, car il ne peut rester indifférent au sort de cette communauté, alors que jusqu’àprésent le gouvernement s’est efforcé de maintenir une neutralité absolue dans la guerre civile qui déchire la Syrie.

Deux options sont possibles, soit aider les Druzes àse défendre en leur fournissant des armes et un soutien logistique, soit s’apprêter àaccueillir des milliers de réfugiés druzes sur son territoire. La population druze de Syrie comprend environ 1/2 million d’âmes, dont la plupart résident dans des villages et bourgades situés dans un périmètre de 80km au-delàde la frontière actuelle du Golan.

Le président israélien Reuven Rivlin est intervenu auprès de généraux américains en visite àJérusalem pour demander àla coalition occidentale d’aider cette minorité directement menacée par les représailles des opposants àAssad, Jabet El Nosra et Daech, qui occupent une grande partie du sud de la Syrie aujourd’hui. En clair, cela signifie qu’Israë l pourrait sous le couvert des forces occidentales, via la Jordanie par exemple, apporter un soutien militaire aux Druzes, dont le nombre de combattants sur le terrain ne dépasse pas aujourd’hui les 30.000 soldats, pour la plupart mal équipés et peu entraînés.

Pour l’instant le silence des occidentaux sur la question druze laisse présager qu’une fois de plus, d’horribles massacres risquent de toucher cette population, comme cela a été le cas pour les Yezidis, les Chrétiens d’orient, les Assyro-Chaldéens, ou les Kurdes. Les Druzes israéliens, pour la plupart soldats valeureux et exemplaires de Tsahal, exercent une pression morale sur le gouvernement de Netanyahou pour qu’il apporte son aide àleurs frères en Syrie. Certains officiers druzes de Tsahal ont même annoncé leur volonté de franchir la frontière pour combattre aux côtés de leurs familles.

A ce jour, le gouvernement a officieusement accepté que les Druzes qui demanderaient le droit d’asile politique en Israë l soient accueillis, mais il est clair que personne n’envisage l’arrivée de dizaines de milliers de Druzes en provenance de Syrie . Cette annonce n’a pas rassuré les Druzes sur le sort de leurs frères, d’autant que les pays limitrophes de la Syrie sont déjàsubmergés de réfugiés. En vérité la solution est double, Israë l et la Jordanie devront sans doute accueillir des réfugiés, mais aussi probablement aider les Druzes àse battre.