Günter Grass était de l’espèce, en voie de disparition, des « grands écrivains  ».
Un de ceux dont même Fleur Pellerin serait capable de citer le nom si on lui demandait d’évoquer une grande figure de la littérature allemande contemporaine. Ce qui distingue un grand écrivain d’un bon écrivain, ce n’est pas l’attribution du prix Nobel – les littérateurs estimables, mais mineurs, couronnés par l’Académie suédoise sont légion – mais la rencontre d’un homme de lettres avec son peuple, l’Histoire et l’universelle humanité. Ecrire dans une langue majeure, appartenir à une nation porteuse de tragique historique est, certes, un avantage pour accéder à ce statut, mais il existe, heureusement, des exceptions : Knut Hamsun et Milan Kundera en sont la preuve.
Günter Grass, grand écrivain, hélas !
Luc Rosenzweig | Causeur
Article mis en ligne le 15 avril 2015