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Chronique de Michaë l Bar-Zvi | Vav Hechvan 5775 30 octobre 2014
Article mis en ligne le 29 octobre 2014

Boker tov amis auditeurs de Radio J, les relations entre Israë l et les Etats-Unis ont-elles vraiment atteint leur degré zéro comme l’affirment de nombreux journalistes et observateurs ? L’affront fait au ministre de la Défense israélien Boogy Yaalon, l’empêchant de rencontrer ses homologues américains, les condamnations répétées de Washington àchaque information sur la construction de logements àJérusalem, les propos de conseillers d’Obama àla presse sur la personnalité de Netanyahou, et le rapprochement avec l’Iran dans le cadre de la lutte contre l’Etat islamique sont des signes indéniables d’une réelle mésentente, voire d’une crise patente entre l’administration américaine et le gouvernement israélien.

Il est clair que, comme on dit, le courant n’est jamais vraiment passé entre Netanyahou et Obama, cependant il est important de resituer les derniers événements dans leur contexte. Obama, si l’on en croit les derniers sondages, s’apprête àune défaite cuisante aux prochaines élections de mid-term, de mi-mandat, et risque donc de perdre la majorité au Sénat américain. Il est évident que sa stratégie face àla montée de l’intégrisme est un échec, aussi bien en terme de réactivité qu’en terme d’efficacité.

L’évacuation, pour ne pas dire la fuite, d’Irak s’est déroulée de façon désastreuse, laissant la place aux djihadistes. Ses atermoiements face au régime syrien et àson allié russe n’ont fait que renforcer les extrémistes de tous bords, aussi bien en Turquie, qu’au Qatar ou en Arabie saoudite. Le seul pays qui s’émeut encore des critiques américaines est Israë l, dont le régime démocratique permet àl’opposition de relayer et d’amplifier les divergences entre les dirigeants en place.

De plus, et on ne le souligne pas assez, les critiques faites par Washington àIsraë l proviennent souvent d’informations fournies par l’opposition israélienne àWashington, qui, de son côté, ne comprend pas que les remontrances et les condamnations ne font qu’affermir la position de Netanyahou dans l’opinion publique. Or ce dernier comprend que dans l’impasse politique actuelle, l’absence d’un réel partenaire pour une négociation sur la fin du conflit avec les Palestiniens, les critiques des Etats-Unis et les anathèmes des chancelleries européennes sur sa politique, lui préparent une réélection dans un fauteuil aux prochaines législatives.

Contrairement àObama, Netanyahou est donné gagnant dans tous les sondages, en cas d’élections anticipées. Il n’a pas d’opposant sérieux àgauche et les seules menaces sur son hégémonie viennent de la droite, et notamment des partis religieux. Critiquer Netanyahou sur la construction de logements àJérusalem, c’est justement lui fournir une légitimité dans cette frange de la société israélienne. L’opposition en Israë l pourrait pointer les carences du gouvernement de Netanyahou dans la résolution de graves problèmes sociaux, comme le logement ou le coà»t de la vie, au lieu d’attiser la colère d’Obama. Elle y gagnerait en crédibilité et aiderait peut-être le gouvernement àrefonder une justice sociale en Israë l.