VIDÉO - Les peines prononcées en comparution immédiate ce mardi contre les émeutiers de Sarcelles sont bien plus lourdes que celles annoncées la veille pour les auteurs des violences qui ont eu lieu à Paris le même jour. Trois des condamnés ont été incarcérés dans la foulée.
La manifestation interdite a dégénéré dimanche dernier à Sarcelles.
Ils ont assuré devant le tribunal qu’ils n’avaient pas participé au rassemblement. Mais quatre émeutiers ont été condamnés à des peines de prison ferme mardi après les violences qui ont éclaté ce week-end lors d’une manifestation propalestinienne à Sarcelles (Val-d’Oise). Âgés de 21 à 28 ans, avec peu ou pas de casier judiciaire, trois d’entre eux ont été condamnés à des peines allant de six mois dont trois avec sursis à dix mois d’emprisonnement dont quatre avec sursis, pour des « violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique  ». Ils ont été immédiatement incarcérés. Pour « port d’arme prohibée  », le quatrième a écopé d’une peine de trois mois d’emprisonnement, sans mandat de dépôt.
Un cinquième prévenu, âgé de 18 ans, a été condamné à 50 jours amende à 8 euros : dans ce type de peine, en cas de non-paiement total ou partiel, le condamné doit être incarcéré pour une durée correspondant au nombre de jours amende impayés. Il comparaissait pour « recel de vols  » après avoir pris quatre paquets de cigarettes lors du pillage d’un bar-tabac dans le centre-ville de Sarcelles. Sur les huit personnes déférées mardi, cinq étaient majeures et trois mineures. Deux mineurs ont été vus par un juge des enfants et placés sous contrôle judiciaire. Ils seront jugés au mois de septembre. Le troisième a été transféré à Paris, où il est domicilié, et devra vraisemblablement répondre lui aussi de ses actes devant un juge.
Les violences se sont produites samedi en marge d’un rassemblement propalestinien qui avait été interdit par les autorités. Plusieurs commerces avaient été mis à sac, notamment une épicerie casher. La synagogue de la ville n’avait pas été touchée, mais une voiture avait été incendiée devant celle de Garges-lès-Gonesse. Dix-huit personnes avaient été interpellées. Manifestation sous haute surveillance mercredi
Les peines prononcées ce mardi sont nettement plus lourdes que celles prononcées la veille pour les émeutiers du quartier parisien de Barbès.
Trois peines de prison avec sursis et une relaxe ont en effet été annoncées lundi soir par le tribunal correctionnel de Paris, lors du premier procès en lien avec la manifestation interdite samedi dans la capitale, théâtre elle aussi de violents débordements. Les réquisitions du procureur étaient à chaque fois supérieures.
« Je suis stupéfait du petit nombre d’interpellations et stupéfait de la légèreté des peines qui ont été prononcées  », avait réagi le député UMP de l’Eure Bruno Le Maire, qui, comme beaucoup dans son camp, a appelé à « des peines dissuasives  ». Le président du groupe UMP à l’Assemblée Christian Jacob avait quant à lui demandé à Manuel Valls « de donner des instructions au parquet pour qu’il fasse appel de (ces) jugements honteusement cléments  ».