Plusieurs
hauts
responsables israéliens se sont exprimés à propos de l’Iran dans le
cadre de la
conférence d’Herzliya qui s’est tenue cette semaine.
Mercredi,
le
chef d’état-major, le général Benny Ganz, a appelé à continuer à causer
des
dysfonctionnements dans le programme nucléaire iranien, ajoutant
néanmoins
qu’une « action déterminée » de la communauté internationale
pourrait
convaincre l’Iran d’abandonner son programme nucléaire.
Jeudi,
c’était
au tour du chef des renseignements militaires, le général Aviv Kokhavi,
de
réaffirmer qu’à partir du moment où l’ayatollah Khamenei en donnera
l’ordre, il
faudra à l’Iran un an pour fabriquer une première bombe nucléaire et un
à deux
ans supplémentaires pour fabriquer une ogive nucléaire capable
d’équiper un
missile. Le général Kokhavi a ajouté qu’une fois enrichi à 90 %, l’Iran
disposera d’une quantité d’uranium lui permettant de fabriquer quatre
bombes.
Le ministre des Affaires stratégiques, Moshé Yaalon, a quant à lui
déclaré que
tous les sites nucléaires iraniens sont attaquables.
Enfin,
le
ministre de la Défense, Ehud Barak, a déclaré jeudi que, contrairement
au
passé, la communauté internationale est consciente du danger que
représente un
Iran nucléaire mais que, si les sanctions n’obtiennent pas le résultat
voulu,
il faudra envisager une opération. « Plus tard risque d’être trop
tard », a-t-il déclaré.
Dan
Margalit du
quotidien Israël Hayom explique que ces propos s’adressent avant tout Ã
l’Europe et aux Etats-Unis mais aussi au ministère israélien des
Finances :
Convaincre l’Iran que le monde est
sérieux / Dan Margalit – Israël Hayom
Quatre salves verbales ont été tirées en direction de l’Iran par de hauts responsables des services de sécurité israéliens. Ehud Barak, Benny Ganz, Moshé Yaalon et Aviv Kokhavi ont chacun prévenu des dangers que représenterait une avancée significative du programme nucléaire iranien.
L’avertissement de Benny Ganz à pour origine le retard dans les préparatifs en vue d’un affrontement avec l’Iran qui causer un certain embrasement de la région. Alors que l’Iran double son budget de la défense, Tsahal se voit imposer un handicap inquiétant.
Lors d’une réunion professionnelle au plus haut niveau, il a été dit clairement que les achats d’équipement seront dangereusement ralentis, en vertu d’une politique à courte vue. Le plus exaspérant étant l’annulation d’exercices, qui ravive le souvenir douloureux de la deuxième guerre du Liban.
L’objectif est de convaincre Téhéran du sérieux du monde occidental, de montrer que les dirigeants du monde libre comprennent que la hausse temporaire du prix du pétrole n’est rien comparée à ce que le monde devra payer lorsque les Iraniens disposeront de quatre bombes nucléaires.
Ces salves verbales à la conférence d’Herzliya sont le fruit d’une politique orchestrée visant à pousser l’Europe à avancer ses sanctions contre l’Iran, à convaincre les Etats-Unis de les mettre en œuvre et à les élargir à la banque centrale de la république islamique. Le monde a perdu des années précieuses en refusant de voir la voie choisie par l’Iran, et il risque à présent de manquer la dernière occasion.
Il y en aura toujours qui chercheront à échapper à une décision difficile et qui recommanderont d’agir plus tard. Ehud Barak les a mis en garde que plus tard risque d’être, en fin de compte, trop tard.
Israël-Palestiniens
Visite
de Ban
Ki-Moon en Israël
Le
secrétaire
général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, a effectué cette semaine une
visite en
Israël et dans les territoires palestiniens. M. Ban s’est entretenu
avec le
président Pérès, le Premier ministre Netanyahu, le ministre de la
Défense, Ehud
Barak, et le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Il a
notamment appelé Israël à faire part aux Palestiniens de ses positions
concrètes en matière de frontières et de dispositifs de sécurité et,
selon la
presse, a demandé au Premier ministre Netanyahu de faire des gestes Ã
l’égard
des Palestiniens, afin de permettre la poursuite du dialogue entamé ces
dernières semaines à Amman.
Jeudi,
le
secrétaire général de l’ONU s’est rendu dans l’ouest du Néguev alors
que la
veille au soir, huit roquettes tirées à partir de la bande de Gaza se
sont
abattues sur la région. Ban Ki-Moon s’est ensuite rendu dans la bande
de Gaza
pour y visiter le siège de l’UNRWA. Son convoi a été accueilli par des
jets de
chaussures de la part de proches de prisonniers palestiniens qui
protestaient
contre son refus de rencontrer les représentants des familles de
prisonniers et
des habitants dont la maison a été démolie lors de l’opération Plomb
Durci
.
Intérieur
Netanyahu
largement réélu à la tête du Likoud
C’est
sans
surprise que le Premier ministre, Binyamin Netanyahu, a été réélu mardi
à la
présidence du parti Likoud en remportant 77 % des suffrages, tandis que
son
unique concurrent, Moshé Feiglin, chef du courant religieux
nationaliste au
sein du parti, a obtenu 23 % des voix, un score semblable à celui qu’il
avait
obtenu lors des dernières élections en 2007.
Peu
après la
fermeture des bureaux de vote, Binyamin Netanyahu a déclaré :
« Aujourd’hui, le véritable Likoud a gagné. Nous avons prouvé que
notre
force réside dans notre unité. Nous continuerons a mené une politique
responsable en matière d’éducation, d’économie et de défense pour tous
les
citoyens d’Israël ». Remerciant tous les militants et les
adhérents, il a
ajouté : « Que des dizaines de milliers d’électeurs se
déplacent un
jour de travail n’est pas quelque chose d’évident, alors qu’on n’a pas
encore
annoncé d’élections générales. A ce propos, nous avons encore le temps
jusqu’aux élections ».
Moshé
Feiglin
s’est déclaré particulièrement satisfait de son score face à Binyamin
Netanyahu
car, si en 2007 ce dernier était à la tête d’un parti d’opposition
comptant
douze députés, il s’agissait cette
fois d’affronter un Premier ministre en exercice et ce alors que, selon
Feiglin, « l’appareil du parti tout entier s’est mobilisé en
faveur du
Premier ministre ». Feiglin affirme que les adhérents qui ont voté
en sa
faveur appartiennent à des cercles très divers au sein du Likoud et pas
seulement à la droite religieuse.
Pour
le Haaretz,
ce score relativement élevé de Moshé Feiglin ne provoquera pas pour
l’heure de
changement au Likoud, mais il risque d’avoir des répercussions Ã
l’avenir. Il
s’agit tout d’abord d’un revers relatif de Binyamin Netanyahu face à un
concurrent qui n’est même pas député et ne devrait pas représenter de
véritable
menace. En outre, ce score confirme la force de l’extrême droite et des
colons
au sein du Likoud, ce qui influera sur l’attitude des ministres et des
députés
qui auront besoin des voix de ces adhérents lors des élections
primaires pour
être bien placés sur la liste du parti aux prochaines législatives.
Cette
présence relativement forte du courant dirigé par Feiglin pourrait
aussi
dissuader à l’avenir des électeurs de la droite modérée ou laïque de
voter
Likoud.
Le
quotidien
Yediot Aharonot affirme lui, sur la base d’estimations faites par des
ministres
de premier plan, que Netanyahu envisage d’avancer les élections
législatives Ã
octobre 2012 (soit un an plus tôt que la date prévue). Selon des
proches du
Premier ministre cités par le journal, Binyamin Netanyahu n’a pas
encore pris
de décision en ce sens, mais il en a déjà discuté et, de son point de
vue,
c’est une possibilité réaliste. « Le Netanyahu d’après les
primaires sera
un Netanyahu différent. Il sera fort non seulement dans les sondages
mais aussi
au sein de son parti. Cela s’exprimera par les mesures politiques et
économiques qu’il voudra prendre, mais aussi par ce plan pour avancer
les
élections. Il n’a rien à craindre de personne et il a l’intention
d’élaborer ce
plan comme un plan de réserve dont il pourra se servir dès que ses
partenaires
au sein de la coalition tenteront d’extorquer le gouvernement en vue du
vote du
budget », a déclaré un de ces proches du Premier ministre.
Toujours
selon
des proches de Binyamin Netanyahu, au-delà de la question du budget,
des
élections à l’automne lui permettraient de se présenter en position de
force,
alors que les partis d’opposition ne parviennent pas à collaborer pour
proposer
aux Israéliens un véritable concurrent et que la plupart des autres
partis de
la majorité ne sont, eux non plus, pas prêts pour les élections. La
troisième
raison est la volonté de tenir les législatives avant les élections
américaines
car, si Obama est réélu, il pourrait tenter de nuire à Netanyahu.
Même
si d’autres
dans l’entourage du Premier ministre déclaraient hier que des élections
anticipées « ne sont pas à l’ordre du jour », des
ministres ont
confirmé que le sujet a été évoqué par le Premier ministre et que la
question
sera réexaminée après les élections à la présidence du parti Kadima et
à la
lumière des sondages.