Q - Vous avez certainement lu l’article publié ce matin dans un grand
quotidien français sur l’Iran. Pouvez-vous développer sur le rapport de
l’AIEA sur le nucléaire iranien ?
R - Le rapport sur lequel vous m’interrogez n’a pas encore été
communiqué par l’AIEA à ses membres. À ma connaissance, l’agence est
toujours en train de l’élaborer. Je ne peux donc pas me prononcer sur le
contenu d’un document qui sera communiqué à la réunion du Conseil des
gouverneurs des 17 et 18 novembre prochain.
Cela étant, et comme vous le savez, les précédents rapports de l’AIEA sur
la possible dimension militaire du programme nucléaire iranien ont souligné
l’absence de coopération de l’Iran pour clarifier les nombreuses questions
soulevées par l’Agence et l’absence de toute finalité civile de ces
activités.
Ces éléments, conjugués à la poursuite des activités d’enrichissement
d’uranium et aux essais balistiques menés par l’Iran, en violation des
résolutions du Conseil de sécurité et du Conseil des gouverneurs de
l’AIEA, sont une source de très grande préoccupation pour la communauté
internationale.
L’Iran doit se conformer sans délai à ses obligations et se décider enfin
à coopérer pleinement avec l’AIEA.
La France a toujours exprimé sur cette question ses doutes sérieux et sa plus
grande préoccupation.
Q - Le ton monte entre l’Iran et les États-Unis. Vous avez du le constater
comme nous tous. On entend parler du fait que des personnes aux États-Unis
réclament une action militaire contre l’Iran dans le cadre de la tentative
d’assassinat de l’ambassadeur saoudien en poste à Washington. Avez-vous
une réaction ?
R - Ainsi que nous l’avons indiqué avant-hier, le projet d’assassinat de
l’ambassadeur d’Arabie Saoudite aux États-Unis constitue, aux yeux de la
France, une affaire extrêmement sérieuse, une violation scandaleuse du droit
international, qui peut avoir de graves conséquences.
S’agissant de la réponse diplomatique à apporter, notamment aux Nations
unies, la France étudiera positivement les propositions qui pourront être
formulées par les Américains en lien avec nos partenaires saoudiens. Nous
étudions également les autres mesures possibles, notamment avec nos
partenaires européens.
Q - Quelles autres mesures sont envisagées ? (inaudible)
R - Nous en parlons. Nous en discutons. Il s’agit de connaître les demandes
éventuelles et précises des Américains ce qui, à ma connaissance, n’est
pas encore le cas. Les Américains ont fait un travail d’information en
mettant sur la table tout ce qu’ils avaient. Je comprends là aussi que chez
eux il y a eu un travail qui a regroupé plusieurs administrations. Ils ont
déterminé un certain nombre de choses et mettent tout cela sur la table. Y
aura-t-il des demandes ? Cela, c’est à eux naturellement de préciser les
choses. La justice américaine est saisie.