Après la défaite de la semaine dernière, le Premier ministre Binyamin Netanyahu était résolu à s’assurer du soutien de la majorité des ministres avant le vote sur le rapport Trajtenberg. Il était prêt à faire la cour, à payer cher et à conclure des marchés, et tout ça rien que pour pouvoir proclamer en fin de journée : « J’ai tenu ma promesse  ».
Le gouvernement a effectivement adopté hier à une grande majorité les recommandations de cette commission, mise en place suite à la contestation sociale. 21 ministres ont voté pour, 8 contre. Parmi les opposants : les quatre ministres de Shas ainsi qu’Ehud Barak, Matan Vilnaï, Silvan Shalom et Yossi Peled. « Le rapport Trajtenberg est bénéfique pour les Israéliens  », a déclaré Netanyahu après le vote, soulignant son succès pour l’avoir fait adopter sans dépasser le cadre budgétaire. Le Premier ministre s’est également félicité d’avoir réussi à détourner une part du budget de la Défense au profit du bien-être des Israéliens.
L’adoption du rapport n’est pas passée sans faire payer le Premier ministre. Le ministre des Affaires étrangères, Avigdor Liberman (Israë l Beiténou), a identifié la faiblesse de Netanyahu et est parvenu à obtenir l’accord signé du Premier ministre à toutes les revendications de son parti, dont l’attribution d’avantages aux jeunes qui viennent de terminer leur service militaire, privilégier les familles travailleuses aux familles nombreuses pour le logement social et l’ajout de foyers-logements pour les retraités aux frais de l’Etat. Le ministre des Affaires sociales, Moshé Kahlon, qui s’opposait à l’adoption du rapport, est passé dans le camp des partisans à la suite d’une rencontre nocturne, samedi soir dans la villa de Netanyahu à Césarée, lors de laquelle une augmentation budgétaire pour son ministère lui a été promise. Les promesses faites au ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Emploi, Shalom Simhon, et à la ministre de l’Agriculture, Orit Noked, tous deux du parti Atzmaout, ont eu un effet similaire.
En revanche, les ministres de Shas, auxquels Netanyahu a préféré Liberman, ont maintenu leur opposition et ont quitté la réunion avant le vote, laissant derrière eux des instructions de vote. Au sein de Shas on ne s’émeut pas de ne pas avoir été inclus dans les différents marchés et souligne qu’il s’agit d’un acquis symbolique pour Netanyahu, rien de plus. « Sans nous, Netanyahu ne pourra pas faire passer les recommandations de la commission Trajtenberg à la Knesset  », préviennent les ministres du parti. « A la fin, il aura à nous acheter et ce sera très cher  », assurent-ils.
En effet, la formule que Netanyahu a fait adopter hier par le gouvernement ouvre la voie à de nombreuses modifications. A la différence de la semaine dernière, où Netanyahu a fait voter toutes les recommandations de la commission en un seul bloc, cette fois-ci, il s’est contenté d’une décision déclarative selon laquelle chacune des recommandations sera votée séparément par le gouvernement avant le vote à la Knesset. Cela signifie que le temps du chantage est encore devant nous.